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compte rendu finish asics marathon de paris 2015

J+7 après le marathon de Paris, mon PREMIER marathon, l’émotion redescend à peine. Et dire qu’il y a 7 jours, à cette même heure, je n’avais pas couru totalement la première partie, « juste » un semi-marathon… Ahhah. J’attends toujours quelques jours avant de vous raconter mes courses, j’aurais pu attendre encore un peu pour celle-ci car je crois que je suis encore dans l’euphorie. Néanmoins, j’ai hâte de vous ce compte-rendu, ça me permet, moi-aussi, de prendre un peu de recul aussi.

Le déclic du marathon :

Je vous l’annonçais en décembre dernier, ma participation au marathon de Paris avec Asics. Quand je relis cet article d’ailleurs, je sens encore l’énorme appréhension que j’avais de participer ET courir ces fameux 42,195km. Je profite de ce compte-rendu pour parler du fameux « déclic » qui permet de passer du semi au marathon et de s’inscrire à cette épreuve.

Honnêtement, ça me trottait dans la tête depuis septembre/octobre. J’ai enchainé les semi-marathons, les 20km plusieurs semaines d’affilés. Mon corps n’a pas bronché et je prenais de plus en plus de plaisir sur ces distances et ne souffrais plus ni durant la course ni le lendemain. Je ne dirais pas que c’était devenu facile de courir un semi-marathon, mais c’était devenu dans mes cordes sans un travail spécifique. Je crois que c’est la suite logique lorsque l’on s’entraine et on pratique régulièrement.

C’est ainsi que l’idée fait son chemin : « et pourquoi pas ? » De suite après, forcément on se dit « non mais OU OU OU c’est juste le double en fait ». On revient à la raison puis de toute manière le prochain marathon de Paris était complet.  Ensuite forcément, on m’a proposé de le faire, de m’aider et m’encadrer avec Asics, même si finalement, j’ai tout fait dans mon coin (entrainement etc.) Je crois que cette proposition m’a donné l’impulsion, comme une béquille, j’ai eu besoin de ça. Si les autres peuvent le faire, pourquoi pas moi ? Néanmoins, je n’ai pas eu un déclic, du genre : ça y est je veux le faire, je vais m’inscrire comme j’ai pu l’avoir pour les 10km et le semi-marathon. Jusqu’à la dernière minute, je ne pouvais pas dire: bien sur que je peux le faire. Au fond de mon coeur, je savais que j’avais mis toutes les chances de mon côté ET que je ne craquerai pas mais, il y a toujours une part d’incertitude lorsque l’on court des km inconnus, sur une telle distance. Beaucoup de choses rentrent en ligne de compte et peuvent nous faire échouer.

Cela étant dit, je ne dis pas que vous n’aurez pas un déclic pour passer à cette nouvelle étape, mais peut-être que comme moi, vous aurez besoin qu’on vous pousse un peu. Reculer, pour mieux sauter comme on dit.

Préparation : Je ne vais pas revenir sur ma préparation au marathon, je vous invite juste à relire ce post à ce sujet >>

compte rendu finish asics marathon de paris 2015

 Ligne de départ

Jeudi + veille du Marathon : 

Pour le retrait des dossards du Marathon de Paris, il faut se rendre au Salon du Running, qui est aussi le village de la course. Effectivement, ce n’est pas du tout le même endroit que le départ  (Champs Elysées VS Porte de Versailles), alors même si c’est agaçant, le Salon du Running vaut le détour. C’est grand, spacieux, très bien organisé, accueillant…

Je suis pour ma part allée sur le Salon pour retirer mon dossard le jeudi, dès son ouverture, pour éviter la foule et profiter des stands pour découvrir un peu des marques, des courses. Honnêtement, même si vous ne participez au Marathon de Paris, le Salon est très intéressant (bien plus que le Salon du Fitness !!). J’ai redécouvert certaines marques comme Skechers ou Brooks. J’ai bavé sur quelques courses à l’étranger (dont le Marathon d’Athènes…).

En tout les cas, l’expérience là-bas pour le retrait du dossard est impeccable, super bien organisé, bien moins « ennuyeuse » et un peu folklorique que sur le Semi de Paris. Les bénévoles étaient très accueillant. J’ai pu me faire le fameux bracelet Asics avec mes temps de passage en fonction de mon allure, très utile sur un marathon… Bref, j’ai adoré, j’aurais aimé rester plus longtemps d’ailleurs.

Concernant la veille de la course, le samedi, je suis restée au calme, j’ai dormi très longtemps dans la matinée puis  je n’ai pas fait grand chose à part préparer les ravitaillements que je souhaitais avoir en plus de ceux fournis par l’organisation (contrairement au semi de Berlin hihi) et les apporter à mes amies qui allaient me rejoindre sur le parcours.

J’ai bien entendu préparé ma tenue (vous l’avez vue sur Facebook ou Instagram). Rien de surprenant, je n’ai porté QUE des vêtements, baskets, chaussettes déjà mis sur des courses ou à l’entraînement dans lequel je me savais confortable. Pas le droit à de la fantaisie ou des nouveautés, car sur 42km un détail (une ampoule par exemple, un frottement) peut tout gâcher.

Un bon plat de riz le soir, dodo vers 23h (mon horaire habituel)… J’ai eu du mal à dormir, surtout que le réveil a ensuite sonné à 6h pour le petit dej… un autre plat de riz, du thé sucré puis une banane avalé vers 8h avant de partir vers la ligne de départ.

compte rendu finish asics marathon de paris 2015

Le costume de lumière avant de me mettre vraiment en tenue

Jour-J:

Cette fois-ci pas de bousculade dans le métro puisque nous prenons la ligne 1 parmi les premiers. Nous sommes donc tranquillement assis jusqu’à notre arrêt. Matthieu m’accompagne, un peur dur le réveil pour un dimanche. Dans son sac à dos, j’ai glissé des ravitaillements qu’il devra me distribuer à différents points, un t-shirt de rechange, un pull, de l’eau… Bref quelques affaires qu’il va garder avec lui, pas de passage (stressant) par la consigne.

Comme pour le semi-marathon de Paris, l’organisation du Marathon a prévu des heures de convocation différée en fonction de l’heure de départ de chaque SAS. Ainsi, je devais être absolument dans mon SAS avant 9h, horaire de fermeture, pour un départ à 9h15, soit 30min après les TOUS premiers départ. Nous sommes arrivés sur place, sans stress à 8h30, nous avons un peu marché et à 8h35 j’étais devant la porte de mon SAS, me sentant un peu bête : trop tôt.  J’étais tellement stressée à cause de l’organisation… approximative du semi-marathon que je pensais naturellement, que sur le Marathon ça allait être aussi la catastrophe. Et bien pas du tout, à aucun moment je n’ai senti la foule de 41000 coureurs au départ, contrairement au Semi. Nous avons donc patienté, pour que je reste au chaud puis je me suis rapidement changée et je suis vite rentrée dans le SAS à 8h55. D’ailleurs, l’entrée de mon SAS était pile poil entre Zara ET Marks and Spencer. Si ce n’est pas un signe : la mode… le Royaume-Uni, tout ce que j’aime. Définitivement un signe ahaha.

Nous étions un peu serrés mais je me sentais bien, j’ai pu boire et rester au chaud jusqu’à la dernière minute. 15min pile poil après, le départ était lancé pour mon SAS. J’ai choisi le SAS 3h45, non pas part objectif, mais par confort mais au final, qu’importe le SAS, avec cette organisation du tonnerre, l’attente a été TRES minime.

9h15 et des brouettes, c’est le départ ! Hop hop, tout est en place : montre OK, téléphone OK. C’est parti. J’adore la voix de l’animateur « Allez-y, les Champs Elysées sont à vous ! » (discours traduit en espagnol, en anglais, en allemand au passage pour tous les coureurs étrangers, bravo!). J’essaie tout de suite de ne pas trop m’enthousiasme. Pour la première fois dans une course officielle, je prends mon temps, je cherche la bonne allure, celle que je m’étais fixée à l’entrainement, la bonne, ni trop vite ni trop lente. Il fait beau, il fait ni trop chaud ni trop froid. Il règne un étrange silence autour de nous. On entend juste les respirations, les pas sur les pavés puis le bitume, mais c’est le silence jusqu’au Louvres et les premiers encouragements, les premiers pompiers.

compte rendu finish asics marathon de paris 2015Dans mon SAS, 3h45, beaucoup de messieurs et de fluo

J’ai dû mal à me fixer sur mon 5min40/km, je suis un peu trop rapide mais je suis à l’aise… mais je veux ralentir quand même. C’est bien quelque chose que l’on m’a répété : il ne faut jamais partir trop vite, on le paie plus tard dans la course. Je me le repéte car je pars en me disant que cette course va vraiment être longue, l’essentiel pour moi n’est pas la vitesse, mais de la terminer et de bien gérer ces kilomètres. C’est en cela qu’un marathon est différent d’un semi ou d’une autre course : c’est long, très long. Il faut être stratégique.

Les premiers kilomètres passent gentiment, je reconnais les premières rues empruntées aussi par le parcours du semi de Paris (ancienne version). 5eme km, 27min20. La première montée approche et je fais un gros coucou à Gaëlle que j’aperçois de sa fênetre. C’était ma première étape. Et on avale tous sans broncher la première grosse montée vers Bastille. 7eme km. Je souris car je me dis que « nous avons fait 1/6 » de la course. Je préfère le voir ainsi. Je me pose dans une optique d’économie de mes forces, je veux pas courir comme une folle, je veux finir cette course. Mon rythme me va, mais il est au-dessus du plan, pourtant j’essaie de ralentir mais tout va bien.

Nous approchons du bois de Vincennes, le 10eme km est en 55min23. La route se resserre dangereusement sur nous… Faute au public qui ne respecte pas les barrières, ça ne ralentit pas mais on se gêne un peu. Pas de bousculade néanmoins. Là je me dis bêtement « je suis CHEZ MOI ». Attends, c’est le Bois de Vincennes qui a vu la majorité de mes entrainements. Le soleil brille, il commence un peu à faire chaud. Je fais donc bien attention de mouiller mon front, ma nuque lors de ravitaillement. Je prends minutieusement à chaque ravitaillement et dans cet ordre : un sucre, de l’eau, un quart d’orange, de l’eau. Je garde la bouteille, je m’arrose, je rebois 2km après le ravitaillement puis jète la bouteille. Ainsi de suite. (Les ravitos sont tous les 5km, sauf entre 35 et 42)

J’écoute ma musique, j’observe les autres coureurs. Je suis surprise de ce calme ambiant et du rythme, beaucoup plus « zen » et posé que sur les semi ou les 10km. Bien sur il y a des supporters, il y a des cris, des sourires, des olah (je suis de près un monsieur-coureur qui met bien l’ambiance d’ailleurs). Bien sur il y a de l’ambiance, mais étrangement, nous suivons doucement notre chemin. On sait tous que c’est de la rigolade cette première partie et qu’il faut pas trop s’enthousiasmer. Enfin je le prends comme ça. Je calme les chevaux comme dirait mon Papy.

J’ai quelques montées d’adrénaline quand je me dis « au fait Anne tu ne t’arrêtes pas au 21eme kilomètre, tu vas jusqu’au double AHHA« . Mais j’essaie de ne plus penser. Je m’absente comme je vous l’expliquais durant ma préparation. Pas trop longtemps, juste finalement sur la partie du premier semi car après il faut revenir à la réalité.

On retourne vers Bastille, je passe le semi en 1h58, je croise (enfin) ma 2eme étape : Matthieu au 22eme km. Je lui dis que tout va bien et j’attrape mon ravitaillement perso que je vais consommer doucement : des fruits secs (abricots et bananes).  C’est hyper symbolique pour moi lorsque je vois le 21eme km. On ne le voit jamais sur un semi… puisqu’on passe la ligne d’arrivée.

C’est drôle comme mon esprit est super vide et que je pense de manière très très simple : avaler les km, faire attention à mon rythme, manger mes ravitaillements sans m’étouffer, atteindre mes rendez-vous (Gaëlle > Matthieu > Gaëlle/Claire > quelques lectrices, Marine, Marion!! > Christelle > Matthieu > la ligne), me souvenir que je vais avoir un super brunch après, ne pas me blesser, mon dieu que Paris est tellement beau, oooh des pompiers, COUCOU !!

compte rendu finish asics marathon de paris 2015

 Jour du retrait, avant la course….. durant le 40eme km !

Tout au long des km, je me rappelle de chaque étape qui m’attende car ça me motive. Comme si, j’avais des rendez-vous et que je ne devais pas lâcher pour être là en temps et en heures. Je suis contente quand j’étais des « Aller Anne!! » Même si je n’arrive pas à voir qui au bon moment (MERCI).

25km, nous descendons sur les quais, mes jambes ne sont plus aussi fraîches qu’au départ, mais elles ne me font pas encore la gueule. Super les filles 😉 ! Les gens sont super nombreux, ils nous encouragent… J’ai adoré tout au long du parcours les concerts, les groupes présents, même si j’écoutais ma propre musique (est-ce que je l’écoutais vraiment ??) Le soleil brille, Paris est magnifique. C’est la FETE et c’est la première fois que je ressens cette ambiance, comme si nous célébrions à chaque km notre victoire alors que nous n’étions pas encore arrivés.

Je vois la Tour Eiffel puis HEEEYYYY Claire et Gaëlle, mes copines du 26eme km. J’ai une petite voix quand je les retrouve, je m’aperçois qu’en fait ça y est, ça va commencer à être dur. Nous enchainons les tunnels des quais de Seine, l’ambiance à l’intérieur est électrique !!!! ça me booste, même si ma montre perd le signale GPS et indique 1km/h (non mais dit-donc). Je coupe le GPS de mon iphone et le MP3 pour garder de la batterie. J’essaie de discuter avec Claire et Gaëlle mais c’est trop dur de penser à autre chose que… vous le savez : km, étape, ravitaillement, km…

Je me laisse porter et regarde droit devant : la Tour Eiffel, je ne regarde que ça. Elle est si loin en fait. Mais j’écoute Gaëlle et Claire, ça me porte. Je tiens l’allure. On monte, on descend entre les tunnels et les quais, mais l’atmosphère est folle… Une petite montée, nous sommes rejoints par Marine, Marion D’autres (pardon pour l’oubli des prénoms) et là… le 30eme km déjà 2h51 de course pour moi et un mur symbolisé « Vous franchissez le mur du 30eme km »

Je me dis ça y est… IL VA m’arriver un truc…. qu’est ce que ce fameux mur ? Je vais m’évanouir ? je vais me mettre à marcher ? Et bien non. Si je commence à râler, ma hanche devient douloureuse, mes cuisses me maudissent, je passe ce mur, rien à signaler « Aller Anne, il te reste 12km, c’est ce que tu as fait dimanche dernier » me dit Gaëlle… et c’est vrai, ça doit être du pipi chat ces derniers 12km, JE PEUX LE FAIRE, je viens de faire beaucoup plus quand même. Ravitaillement Isotar ou je sais pas quoi que je passe volontiers, je veux QUE du naturel… et vu l’état ARCHI collant du sol, j’ai bien raison.

compte rendu finish asics marathon de paris 2015

33eme km, ça sera mon petit mur, petit coup de mou et heureusement que Gaëlle a un ravitaillement pour moi. Petit coup de fouet, je respire profondement, je ne veux rien lâcher et ce mur, JE LE PASSE NA. Nous approchons de Molitor, c’est plat et Marine me répète on arrive au frais dans le bois de Boulogne. Je ne pense qu’à ce fichu bois, je sais que ça va être le début de la fin, lorsque nous arrivons là-dedans. Claire nous laisse, je parle doucement car c’est horrible et je comprends pas pourquoi, j’ai des sanglots qui montent dans la gorge. Hop je me contrôle, il ne me reste pas grand chose, je peux le faire, je veux le faire.

Je commence à rentrer dans un état je crois de « torpeur », ça fonctionne tout seul. J’ai parfois le cerveau qui se réveille et me dit « Allo tu fais quoi là ? on s’arrête, on rentre à la maison ». Je fixe le sol en courant car je ne veux pas voir les autres qui marchent. Beaucoup de coureurs marchent à présent et ça me décourage : pourquoi pas moi après tout ? Je ne surveille même plus mon rythme, j’avance c’est tout ce qui compte. Même si ça me parait de plus en plus long.

35eme km et 3h24 d’effort, Christelle nous rejoint, toute pimpante et motivée. Coups de fouet ! Je me redresse, même si je dis « je ne peux plus », mon corps lui sait où il va.. et il y va !! J’essaie désespérement d’obtenir à nouveau des foulées dignes  de ce nom mais c’est dur. Les cuisses me tirent, j’essaie de donner du mouvement à mon haut du corps pour entrainer encore le tout. Même c’est si lent et je ne peux pas accélérer, enfin j’essaie mais… je ne peux pas.

C’est dur.

C’est vraiment dur. J’ai envie de pleurer, non pas de douleurs, mais en voyant doucement 35…36…37…38…39 (non en fait je ne les vois pas, c’est les filles qui me le disent) je me dis que je me rapproche de mon but, qu’en fait je vais vraiment le faire. Je n’ai jamais autant ressenti d’émotions différentes sur ces 7 derniers km : frisson, joie, peur, fierté, douleur, plaisir, euphorie, tristesse…

marathon paris 2015 premier avis

40eme km 4h d’effort, les filles me laissent, Matthieu reprend le flambeau et là, il me force à accélérer, j’ai envie de l’insulter : ALLO j’ai 40km dans les jambes tu crois que j’ai envie de SPRINTER LA MAINTENANT ? Dernier ravitaillement : sucre, eau, orange, eau. Je suis un petit robot mais je ne veux pas marcher, je veux ARRIVER le plus vite possible. J’essaie effectivement d’accélérer.

Je suis dans un état lamentable, je n’ai jamais eu une tenue de sport aussi mouillée, le short me colle, … mais Matthieu me dit quand même que « ta coiffure a bien tenu » (il me dit pas que je suis belle, faut pas pousser). Je ne sais plus trop si je rigole ou pleure en même temps. Je me souviens l’avoir fait ce matin après avoir mangé mon riz… car je m’ennuyais et tant qu’à passer 4h dans les rues parisiennes et devenir marathonienne, fallait le faire bien coiffer. Oui mesdames.

41km, Matthieu est viré par les organisateurs. Je suis prise d’angoisse d’être toute seule et qu’il m’arrive quelque chose (oui bien sur, je peux me tromper de chemin jusqu’à la ligne d’arrivée par exemple !!). J’entends mon prénom, on m’encourage. J’essaie de sourire dans la douleur (j’espère que ça c’est vu, je prenais du plaisir aussi !). Quelques personnes s’écroulent et sont vite relevées et entrainées par d’autres coureurs. Bah oui ma cocotte, la ligne d’arrivée est juste-là, on te lâche pas. Je me repète que c’est beau, c’est ça la magie de ce sport. Ce n’est pas l’hécatombe que l’on m’avait décrite. J’entends juste les encouragements, les derniers.

Elle est là l’arche…MENTEUR, fallait faire un dernier virage pour la voir. Puis allez savoir d’où cette énergie me vient, je sprinte. Enfin, j’ai l’impression d’aller plus vite que tous mes derniers kilomètres, j’ai la sensation de vitesse.. J’accélère ? Mais oui… Je passe la ligne d’arrivée, 4h15, l’animatrice crie en espagnol quelque chose qui ressemble à VOUS ETES MARATHONIEN.. Entiendo!! Puis… NON je ne pleure pas. Je marche doucement. J’ai envie de pleurer, j’ai envie de rigoler..finalement je vais chercher mon t-shirt doucement. Mes mollets commencent à me faire terriblement mal. J’ai l’impression que je vais m’écrouler. Cette allée vers la médaille, les derniers ravitaillement est interminable. Je me traine jusqu’aux médailles en regardant avec envie tous les coureurs allongés, les pieds en l’air sur le bas côté. Non je dois sortir rejoindre Matthieu…

J’attrape ma médaille, mon dieu que j’ai mal aux mollets !! Je prends une bouteille d’eau, une orange, je descends mes chaussettes de compression et à 5m de la sortie B (pas la A ni la C… la B avec un GROS BALLON VERT). Je craque et je m’assois. Je vois Matthieu mais je dois faire une pause…Je le rejoins finalement et là je veux qu’une chose : les pieds en l’air et qu’il m’aide avec mes mollets. J’ai l’impression qu’ils courent encore eux.

compte rendu finish asics marathon de paris 2015compte rendu finish asics marathon de paris 2015

Coucou toi, ça va ?

Dès que mes pieds sont en l’air, la douleur passe tout de suite. Je pleure, je rigole, j’ai froid, j’ai chaud, on essaie de faire des photos de l’arrivée, mais dès que je suis debout, mes jambes me font la tête. Moi qui déteste m’assoir par-terre, je passe bien 30min sur les pavés. Je récupère doucement, je mange un peu, je me change (oui dans la rue!), je pleure, je rigole. Enfin, je fais l’inspection de mes jambes, ma hantise : me suis-je blessée ? j’inspecte mes pieds : pas d’ampoule. En me levant, hormis les courbatures, les muscles endoloris, pas de douleurs vives.  C’est vrai j’ai LU…ENTENDU tellement de chose… je m’étais fait une telle montagne, je m’étais angoissée pour plein de choses… que finalement, je réalise petit à petit que je l’ai fait, j’ai pris du plaisir, je suis arrivée en un morceau, j’ai couru du début jusqu’à la fin… Est-ce que tout s’est bien passé ? Bah oui on dirait bien.

C’est drôle et je le reconnais maintenant, je me suis imaginée plein de choses car finalement on raconte tellement d’histoires sur le marathon. C’est une épreuve physique mais aussi mentale. C’est vrai qu’il se passe des choses dans notre tête lorsque l’on court, mais du début jusqu’à la fin, je ne pensais qu’à une chose : passer la ligne d’arrivée. C’est vrai que parfois, je me laissais porter vers de tous autres sujets : la plage, la sieste… bref des moments de repos, qui me rendent heureuse. Je n’ai pas pensé à quelqu’un en particulier. Je croyais que j’allais le faire, mais je me suis tellement concentrée sur ce but de finir le marathon. J’ai par contre beaucoup réfléchi à toutes les personnes (à vous !!) qui me soutenaient et je crois que je ne me suis jamais autant sentie portée par ces soutiens, comme s’il y avait des mains qui me soulevaient, qui me disaient « fais-le aussi pour nous« .

Oui on divague pas mal aussi, on raconte un peu n’importe quoi mais globalement, je n’ai pas refait le monde durant ces 42km, je n’ai pas eu de révélation sur moi-même. Néanmoins, il est certain que quelque chose à changer puisque j’ai passé un nouveau stade dans ma pratique du running, un stade que je n’aurais jamais cru passer si tôt… ou même être capable un jour. Après tout, ça ne fait que 3 ans 1/2 que je pratique la course à pied hihi.

compte rendu finish asics marathon de paris 2015

 Tu vas me porter jusqu’au 7eme ?

Quand on me posait la question :  Alors, ça y est prête ?  à quelques jours du marathon. Je ne savais pas quoi répondre car, contrairement aux autres courses, je n’avais JAMAIS fait la distance et je ne pouvais pas la pratiquer à l’entrainement. Résultat, si j’avais mis toutes les chances de mon côté, suivi à la lettre mon plan d’entrainement, je ne pouvais pas dire fermement que j’étais prête car pour moi prête, signifiait surtout « y parvenir ». Bien entendu, ce n’était pas négociable, j’allais passer cette ligne, mais pour la première fois, ce n’était pas évident de me rassurer, d’avoir confiance en mes capacités. On ne sait jamais, il y a toujours une part d’incertitude qu’on ne peut contrôler : la météo, les ravitaillements…

Par contre, et je tiens à le dire si vous avez envie de faire un marathon, en suivant bien votre préparation, en ayant une tenue qui vous avez testée et approuvée, une bonne alimentation et en respectant votre allure objectif durant la course, vous avez 99,9% de chance d’y arriver. Un marathon ce n’est pas un jeu de hasard, ce n’est qu’une compétition avec vous-même. Vous vous connaissez, et vous seuls pouvez savoir si oui ou non, ça va le faire. Réduisez au maximum ce 0,1%, cette part de hasard en vous préparant bien en somme.

Pour ma part, j’ai eu de la chance, le hasard a bien fait les choses : superbe météo, ravitaillements bien contrôlés. Au sujet des ravitaillements, je suis fière de dire que j’ai couru SANS GEL, nada, zéro. J’en avais mis dans mes ravitaillements perso, mais j’ai pu m’en passer. Peut-être que je serais aller plus vite, peut-être je n’aurais pas eu de coup de mou au 33eme km ou de crampe à l’arrivée, mais j’ai pu faire ça et je suis plutôt heureuse sur ce point, car j’ai fait mentir les conseils : « sur marathon, tu ne peux pas passer à côté des gels ». Et si tu peux 😉

compte rendu finish asics marathon de paris 2015Coucou suis trop fière, trop contente , mais tu peux rapidement prendre  la photo pour que je puisse vite me rassoir !

Je portais : T-shirt personnalisé (Similaire ici ou là),  Short, chaussettes de compression et Baskets Zoom Structure « flash pack» Nike, Montre tomtom Runners

De même, 2 semaines avant le marathon, je suis passée par la case pédicure car les endroits un peu secs (la corne des pieds en somme) commençaient à être douloureux lors de mes sorties longues. Je me suis payée une vraie pédicure tout en lui expliquant de ne pas tout enlever pour le jour-J. A posteriori je suis bien contente de l’avoir fait même si on me le déconseillait si peu de temps avant le marathon. Je ne voulais pas qu’un petit détail (comme un ongle, une peau…) vienne tout gâcher.

Idem pour la tenue, je n’ai porté que des pièces que je connaissais bien. Je me suis quand même badigeonner de crème anti-frottements sur tous les endroits possibles et dits « à risque ». Je n’en ai jamais autant mis en fait hihi. J’ai aussi eu peur… du côté digestif, donc j’ai bien fait attention jusqu’à 2 jours avant, plus de légumes ou de fruits, hormis des bananes.  Mais honnêtement, j’ai essayé de garder mes habitudes. Il me semble que c’est l’essentiel, ça ne sert à rien de se forcer à manger un plat de pâtes si vous êtes plutôt riz comme moi 😉 En tout les cas, il faut faire bien attention de partir « à vide » : vessie… tout ça. Je vous passe les détails, mais ça peut aussi tout gâcher. Eliminez et réduisez tous les paramètres contrôlables. C’est ce que j’ai essayé de faire en tout cas.

Mais surtout, n’oubliez jamais pourquoi vous courrez. C’est ce qui me fait tenir (et au pire c’est écrit sur mon t-shirt si j’oublie).

Bon je crois que j’ai encore trop de chose à dire sur ce marathon… mais je vais arrêter-là pour aujourd’hui. Je ferai un autre article sur la récupération.. et la suite après ces 42,2km 😉

Est-ce que tu le referais ? Mille fois oui. Je ne veux pas minimiser l’effort physique le jour-j et la lourdeur de la préparation mais, si on s’y met, on peut y arriver et promis, ça ne vous dégoutera pas de la course à pied, ni du marathon. Oui à la fin, j’en avais marre de certaines sessions fractionnés que je faisais mais, j’ai découvert une autre facette de la course pied… et je me suis découvert une autre facette aussi. Plus loin on va, plus on se découvre je crois…

Pour finir, merci pour votre soutien… vraiment merci, je ne l’aurais jamais fait sans vous je crois.. D’ailleurs, le marathon, ça vous tente ?

à très vite

PS1: Chez Zalando, bénéficiez de -10% en plus sur toutes les promo avec le code BEAUTEMPS

PS 2:  Attention il reste très peu de places pour la  prochaine session running du #Dubndiducrew organisée à Paris !

Pour rappel, ce fois-ci je vous propose avec Alix, un atelier « RUN and YOGA », courons ensemble et faisons du yoga ensemble !

À l’occasion 2 sessions sont organisées dans un loft proche de Bastille loué par mes soins:

– Session 1 à 9h pour les niveaux Running intermédiaires (5min40 pour 8-10km), le niveau Yoga sera adapté au groupe ;)

– Session 2 à 10h15 pour les niveaux Running débutants (environ 6/6.30/km, sortie d’environ 7km), le niveau Yoga sera adapté au groupe ;)

Inscrivez-vous vite, les places sont limitées. Le tarif est unique à 14e pour couvrir les frais du loft. Un tapis de yoga vous sera prêté, venez juste avec vos affaires de running + un t-shirt ou un pull pour pratiquer au sec le yoga ensuite.

 

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