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Hi, 

Ou je devrais même élargir ce titre à « faire du sport en sécurité quand on est une femme », car on prend finalement des risques (n’ayons pas peur des mots) pas uniquement en course à pied malheureusement.

Honnêtement, je n’aurais pas cru avoir à écrire à nouveau à ce sujet. Lorsque je venais de débuter le running, j’avais déjà bien trop conscience des difficultés « sociales », sécuritaires et civiles que nous femmes, nous rencontrons dans notre pratique. Souvenez-vous, en 2013 >>, je dressais même la terrible liste des coureuses assassinées…et tout récemment Alexia! À l’époque, je partageais déjà avec vous mon expérience (très courte encore à l’époque) face aux incivilités et mes conseils.

Mais voilà, le temps a passé, nous sommes de plus en plus à nombreuses à pratiquer la course à pied, de plus en plus victimes de « petites frayeurs », de « mauvaises rencontres ».. J’aurais aimé qu’entre 2013,  date de mon article et 2017, les choses s’améliorent, que je n’ai plus à le mentionner. Malheureusement, c’est tout l’inverse. Je vous lis, j’entends de plus en plus, je reçois par mail tellement de mauvaises expériences. Ça me met en colère, ça m’exaspère mais à un point. Comment en 2017 nous sommes arrivées à être restreinte dans notre pratique sportive pour des raisons qui ne devraient même plus exister: se faire suivre, importuner, attoucher, agresser verbalement…physiquement, sexuellement..

Se mettre au sport, à la course à pied, au velo, à la natation, peu importe est déjà DIFFICILE en soi, mais si en plus nous ne sommes pas à l’aise, nous nous ne sentons pas en sécurité… ça en vient à être restreint dans nos droits et nos libertés.

Malheureusement, comme en 2013, j’ai quelques astuces à partager avec vous pour pratiquer en toute sécurité, mais avant, je souhaitais faire le point moi aussi sur ce que j’ai vécu ces dernières années.

  • C’est lorsque j’ai emménagé à Paris où j’ai vécu le PIRE (ok le meilleur aussi) en terme de violence et d’incivilité, mais plus largement on peut parler des runs en ville : entre les hommes qui te suivent, te sifflent, t’encouragent à coup de blagues graveleuses, font exprès d’effleurer ta peau voire te pincent ou t’attrapent par les cheveux (VERIDIQUE), te matent comme si tu étais un morceau de viande, t’interpellent à coup de « grosse salope / cochonne / tu suces / ton short me fait bander / bonnasse la coureuse / tu cours après ma queue ma petite  » (oui ça vous marque, on n’oublie pas). Ce sont souvent des hommes qui ne courent pas, puis tu as les autres coureurs… celui qui fait exprès de courir JUSTE derrière toi, ou à côté de toi, ou mieux le mec qui n’accepte pas que tu le doubles, te redouble et se rabat juste devant toi. En septembre, ce dernier cas m’est arrivé, mais en plus le mec m’a insulté et bousculé jusqu’à temps qu’un cycliste intervienne sinon j’allais passer dans la Seine.. ça m’a retourné et j’en tremblais en rentrant à mon hôtel. Tout ça pour.. quoi?
  • En campagne: j’ai pour l’instant eu de la chance, à part des chasseurs relous et un monsieur étrange qui m’a fait faire demi-tour, de ne pas avoir fait pas de mauvaise rencontre. Cependant, je ne suis plus du tout rassurée en écoutant les expériences de mes amies.

Cela dit, il ne faut pas verser dans la psychose, il ne faut pas s’empêcher de pratiquer LE sport que nous aimons. Il ne faut pas nous faire spoiler notre « bulle de bien-être ». Il faut que nous arrivions à nous préserver pour continuer à vivre notre passion.

Personnellement, c’est ce que j’ai choisi de faire, je continue à courir le coeur léger, l’esprit qui parfois rumine mais jamais je ne raccrocherai mes baskets…. et voici mes conseils pour courir en « sécurité », du moins en essayant de l’être.

  • Informer son entourage de nos séances de sport: Je ne pars jamais courir ou faire du velo sans en informer mes proches. J’envoie un petit SMS, souvent à ma mère, pour lui expliquer où je vais courir, combien de temps ET à partir de quelle heure elle peut s’inquiéter si je ne lui dis pas que je suis rentrée. Si je suis en déplacement dans une ville, j’avertis une amie qui y vit… mais j’avertis toujours. C’est devenu un réflexe. Parfois, ma mère ne prend connaissance des sms (départ très tôt le matin et retour chez moi), alors que j’ai déjà fini de courir tôt le matin, mais au moins c’est fait 😉 !
  • La routine avec modération: n’allez pas courir chaque semaine au même endroit, même jour, même heure, même parcours. Bien que ce soit rassurant et plus facile de fonctionner ainsi, pensez à varier, inverser, changer votre emploi du temps de runneuse.
  • Courir en groupe: personnellement, j’apprécie courir seule, en fonction de mes horaires, courir en groupe est un plaisir ponctuel. Alors, je vous le conseille car forcément en groupe, on prend bien moins de risques. Si vous avez des petits stress ou angoisses à courir seule, courir avec d’autres personnes vous permettra de le faire en sécurité AVEC des personnes aussi passionnées que vous. Bien que je trouve que…cela limite NOS libertés justement en devant chercher un « accompagnant », cela demeure une bonne solution si vous en avez la possibilité.
  • Votre meilleur ennemi: les applications de running sont vos meilleures amies lors de vos sorties pour compter vos pas, vos kilomètres, votre allure, le temps de course total…mais elles partagent aussi vos itinéraires, votre adresse personnelle ou du moins de départ. Faites-y attention. Sachez que sur Strava, vous pouvez établir un périmètre de sécurité avec plusieurs adresses (domicile, boulot, maison de vacances, maison de vos parents, de vos petits amis). Ce périmètre permet aux personnes consultant votre profil (s’il est public comme le mien >>) de ne pas voir l’adresse exacte de départ et d’arrivée de votre séance. Je vous laisse lire l’article de Matthieu à ce sujet, plus précis >> 

  • Strava: Toujours sur l’application, si vous êtes premium et si vous l’utilisez directement ou avec votre monter Garmin, pensez à activer l’option « Beacon » avec l’un de vos amis. Il recevra des notifications en texto (début, fin de run et suivi en temps réel). Ce qui pourrait rassurer votre entourage et s’il utilise l’application suivre exactement votre sortie. La personne que vous souhaitez alerter de votre séance n’est pas obligée d’être sur Strava, elle recevra des SMS, c’est uniquement si elle a besoin de connaître votre parcours, qu’elle devra s’y connecter. N’hésitez pas à regarder cette petite video, elle l’explique mieux que moi 😉 >>
  • Être identifiable:  Pensez à adopter ces petits bracelets d’identification simples (j’en parlais ici) sur lesquels vous pouvez faire graver les informations importantes (identité, groupe sanguin, adresse etc.) Si jamais il vous arrivait quelque chose…
  • Jamais sans un téléphone: je sais… c’est bien aussi de se déconnecter en courant, de tout laisser chez soi, y compris ce smartphone qui déborde de travail et de notifications. Mais, emmenez-le avec vous, il vous sera indispensable en cas de petit pépin ou …pire.

  • Votre instinct, votre vigilance: Si vous avec un mauvais pressentiment sur une personne qui se promène au loin, si vous êtes mal à l’aise… ECOUTEZ-VOUS, changez, rebroussez chemin, alertez les autres promeneurs, appelez quelqu’un au téléphone, hurlez si jamais elle tente quelque chose… Je ne vais pas vous encourager à prendre des cours de boxe ou de self-defense, mais le sport peut aussi vous servir à vous protéger, ne l’oubliez pas 😉  Tenez vous au courant aussi auprès des autres coureurs de votre région, parfois certains signalent des comportements ou  des personnes gênantes sur les parcours, vous serrez ainsi alerter et pourrez, si besoin, changer votre parcours.
  • Musique et environnement: De même, bien que vous pouvez écouter de la musique, si vous êtes mal à l’aise, si vous vous sentez suivie, restez vraiment consciente de votre environnement. Je sais, j’use et abuse de la musique JUSTEMENT pour couper et ne pas entendre les insultes ou réflexions que je me prenais. Néanmoins, il est bon d’anticiper les comportements de ces personnes. Bien que la meilleure solution soit d’ignorer ces individus , moi aussi je m’énerve et j’ai envie de cracher dessus, de le remettre à sa place …Mais je me tais, je fais comme si je n’avais rien entendu. Sachez jouer de cela: être tellement présente et parfois, absente… du moins quand il faut pour faire mine que nous n’entendons par la drague lourde-dingue du mec que vous venez de croiser. . mais nous n’entendons pas venir une personne plus dangereuse. Alors faites-y attention aussi !

Je réalise à quel point il est aberrant en 2017 de préférer courir accompagnée… avec un chaperon (mon ex petit ami par exemple) pour être à l’aise ET en sécurité. À Paris, je détestais courir seule … je redoutais toujours de me faire « emmerder ».J’y allais quand même car, j’aimais trop ça, j’y vais toujours lorsque j’y suis. Mais, je n’imaginais pas que la course à pied féminine pourrait tellement évoluer, tellement rassembler de femmes passionnées puis d’un autre côté, nous faire souffrir, nous rabaisser, nous faire subir autant d’harcèlement… Je préfère y faire face la tête haute tout en vous invitant à continuer votre petit bonhomme de chemin et de faire VOTRE sport avec toujours autant de plaisir 😉

N’hésitez pas à poster vos conseils et vos expériences commentaires pour les exorciser un peu aussi

@ très vite et bon run !

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