FAQ: Je réponds à toutes vos questions sur l’Ultra trail

Hi,

J’espère que vous allez bien ? Le 24 juin 2022, j’ai participé au LUT: Lavaredo Ultra Trail (120km et 5700m de d+). C’était mon 2eme ultra trail (Le 1er étant la CCC, souvenez-vous >>). Je ne vous ai pas encore partagé mon compte-rendu mais il arrive (promis !) J’ai pris pas mal de retard avec les vacances mais pas d’inquiétudes, tout sera bientôt en ligne!

Vous m’aviez posé pas mal de questions sur Instagram au sujet de mon ultra trail mais aussi de l’ultra en général. Je vous ai donc préparé plusieurs vidéos et articles pour vous répondre. Dans cet article, je n’ai pas pu répondre à toutes mais l’essentiel est là ! Je vais essayer de vous partager mes réponses sans trop m’étaler (contrairement à d’habitude lol).

Je vous propose une version video ( que j’ai tourné la video très peu de temps après l’ultra, j’étais encore un peu fatigué :P) ou l’article juste après:

Et voici mes réponses :

As-tu des bâtons ? / As-tu l’habitude d’en utiliser ?

Je ne suis pas une grande fan des bâtons. J’aime avoir les mains libres, engagés mes cuisses, mon dos… En-dessous de 80km en trail, je ne prends pas de bâtons… mais j’en possède que je n’utilise qu’en Ultra lol (donc très peu souvent). Ce sont les mêmes depuis mes débuts des LEKI (à retrouver par-ici >>) pliables afin que je puisse facilement les transporter accrochés sur mon sac d’hydratation >>.

On ne pourrait pas dire que j’ai l’habitude d’en utiliser mais cette année, j’ai fait beaucoup d’effort durant ma préparation pour bien apprendre et à être efficace quand je les utilise. Mon objectif sur ultra est de repousser au max leur utilisation. Ça me permet de me dire que, dès que je suis fatiguée, j’aurais cette “solution” pour m’aider à finir et me soulager. Alors que les personnes qui les utilisent du début jusqu’à la fin, n’ont peut-être pas cette option “coup de pouce” de fin de parcours. Certes, je les transporte sur mon dos pendant … souvent les 2/3 de la course, mais je suis très heureuse de les sortir afin de boucler le dernier tiers. Je repousse le plus loin possible dans la course le moment d’utilisation, c’est un peu ma stratégie de course 😛

Une fois sortis, je me propulse en synchronisant mes deux bras, non pas par alternance mais vraiment deux bras, je plante mes 2 bâtons le plus loin possible pour me pousser vers l’avant. Ce qui engage énormément le haut du corps tout en soulageant les jambes. Après chacun coureur/coureuse a sa technique, l’essentiel est de ne pas se sur-fatiguer en les utilisant.

Mes bâtons LEKI >>> et mon Sac d’Hydratation Salomon >>

Pourquoi autant de cyclisme durant ta prépa alors que tu faisais un ultra trail ?

Par rapport à ma prepa pour la CCC (dont je vous parlais ici >>), il est clair que cette fois-ci j’ai fait BEAUCOUP de vélo (route ET gravel). La raison principale : ma blessure de l’an dernier. Je ne sais pas si j’en ai parlé ici, mais l’été dernier je préparais aussi un ultra trail (la TDS) et environ 3 semaines avant la date fatidique, je me suis coincée le bas du dos. J’ai souffert d’une petite discopathie (ça sonne disco mais c’est moins fun) pendant bien 1 mois et je n’ai repris la course à pied que début septembre. C’était hyper douloureux, je ne pouvais pas du tout courir et que très peu marcher.

J’avais donc très peur que ça m’arrive de nouveau durant cette préparation. Je rêve de participer à cet ultra trail depuis notre première venue dans les Dolomites en 2018. Si j’ai participé à la version Maratrail en 2019 (souvenez-vous), mon objectif a toujours été de faire la version complète de 120km. C’était prévu en 2020…je n’ai pas pu y aller sur le report de 2021, donc 4 ans après j’y étais en fin. Je n’avais aucune envie de me blesser. C’est pourquoi j’ai un peu adapté mon entrainement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, vous n’avez pas besoin de courir des centaines de kilomètre pour préparer un ultra trail. Certes le volume est important, mais vous ne devez pas négliger des sorties de qualité pour travailler le dénivelé, la technicité, votre endurance. Je fonctionne aussi beaucoup en “cycle” et en enchainement (matin cyclisme après-midi rando-trail) me permettant de progresser et de me préparer sans pour autant faire plein de sorties très longues mais très fatigantes…

Le cyclisme  sur route me permet de travailler le dénivelé, le volume et mon endurance… sans aucun impact donc en préservant mon dos. J’ai aussi beaucoup fait de gravel (velo sur chemin) qui permet de travailler la lecture du terrain, le dénivelé, l’altitude… J’ai tout même fait énormément de randonnées et de trail mais moins de kilomètres que je n’aurais fait. Ce que j’ai un peu senti au niveau de mes tendons sur la fin de mon ultra, mais physiquement, mes muscles, mes articulations étaient prêts car je n’ai pas eu de fatigue ou de sensations d’être au bout physiquement comme j’avais pu l’être sur la CCC (mon 1er ultra). Je tâtonne encore pour adapter ma préparation à mon corps mais cette année, je ne regrette pas du tout mon choix 😛

Je crois qu’il ne faut pas sous-estimer les effets bénéfiques que procurent les entrainements croisés et ne pas avoir peur d’incorporer différents sports dans un objectif 😉

Y a-t il forcément besoin d’assistance en Ultra ?

C’est vivement conseillé que ce soit pour le support matériel et nutrition que mental. L’organisation propose bien entendu d’acheminer un sac de votre consigne à mi-parcours afin de pouvoir renouveler votre nutrition, changer votre tenue voire vos baskets. Mais clairement, l’assistance peut tout changer. Matthieu a vraiment les mots, les gestes pour me garder motiver et me pousser positivement.

Je n’en dis pas plus car je vous ai préparé pas mal de contenu au sujet de l’assistance en trail :

RDV par-ici pour l’article sur l’assistance  (il arrive !)>> le podcast >>> et la vidéo >> (vous saurez tout ;P)

Comment fait-on pour ne pas avoir mal aux pieds sur une telle distance ?

Ahah c’est une bonne question et je dois dire que je n’ai pas eu mal “sous les pieds” comme après une longue journée de marche. L’entrainement sert à ça aussi. Il est important de bien s’équiper côté baskets et d’être sûre de soi pour le confort. Après il faut s’imaginer qu’il y a beaucoup de changements de rythme, on court, on marche, on monte, on descend, on se ravitaille, on s’assoit. Je n’ai pas eu mal aux pieds au final… mais je me suis fait mal à 2 ongles et en fin de course, j’avais mal au TFL à droite.

Quel est le pourcentage de course VS marche sur un ultra trail ?

Alors c’est une statistique interessante à avoir, qui varie clairement et nettement entre les amateurs.rices et les pro… mais aussi en fonction de la distance. Plus c’est long, moins vous courez globalement. Ici j’ai couru 45% du temps d’après ma garmin, alors que sur un marathon trail (40-50km), je suis plutôt sur du 60/70%.  Alors bien sûr les pro seront plus du 90% de course /10% de marche lol.

Il ne faut donc pas idéaliser, on ne court JAMAIS 100% de la distance 😉

L’autre statistique interessante, je trouve, est le temps total VS le temps d’activité. Dans un ultra trail, on passe beaucoup plus de temps qu’on pourrait l’anticiper aux ravitos (ça dépend clairement de sa forme et du moment dans la course). Dans mon cas sur 26h30 d’effort, j’étais vraiment “active” que 22h45… ça veut dire que j’ai passer 3h45 au total en ravito.. Clairement le plus long a été celui au 95e km où j’étais vraiment très mal physiquement. Ce sont des instants qu’on ne voit pas, qu’on ne perçoit pas sur le chrono total :/ mais qui a son importance : se nourrir, se reposer, se changer, se soulager 😛

Combien de temps tu passes aux ravitos en général ?

ça dépend vraiment de mon état. L’objectif est toujours d’y passer un minimum de temps mais en ultra, les ravitos sont parfois éloignés chacun d’une vingtaine de km… ce qui peut représenter plusieurs heures d’effort. On passe aussi une nuit dehors, alors ce sont des îlots de confort entre les chemins, la montagne, la météo (parfois hostile). De plus, quand l’assistance est permise sur un ravito, on va naturellement y rester plus long pour se changer, recharger son sac, discuter… Après il y a des ravitos où on arrive en “mauvais état” et il faut régler chaque problème avant de repartir…ce qui peut prendre plus temps.

Je peux parfois y passer que 5-10min… comme 1h-1h30 quand je suis au fond du seau lol. L’essentiel est de gérer son temps par rapport aux barrières horaires.

Quelle était ta plus grosse course avant cet Ultra ?

Alors j’ai déjà fait un ultra de 100km et je pense que c’était clairement important de faire un autre ultra avant de se lancer sur celui-ci. Passer de 100km à 120km c’est une certaine marche à réaliser.

Côté préparation, j’ai fait de longues sorties. J’avais même prévu une course de 60-70km quelques semaines avant l’ultra, mais j’ai eu de mauvaises sensations au dos, alors j’ai préféré lever le pied. Donc au final j’ai fait surtout des sorties de 50-60 avec beaucoup de dénivelé (dont la Marathon Race d’Annecy, un super entrainement !)

A quel moment prends-tu des SMECTA ?

On en a pas mal parlé sur le blog et dans le podcast. Je prends un smecta la veille de la course et parfois pendant si ça ne va pas trop de côté-ci. J’ai eu mes règles le samedi (départ le vendredi à 23h) et je vous en avais parlé, notamment à cause de mon endométriose, je souffre de diarrhée, quelque soit ma nutrition lol. Et ça n’a pas manqué le samedi matin. Donc j’en ai pris 2 durant la journée et ça a globalement bien aidé.

Tu avais l’air de bien souffrir en story – Quand as-tu pris du plaisir ?

C’est dommage d’avoir eu cette impression :S Je n’ai jamais honte de partager les mauvais moments car forcément sur 26h+ il y en a, mais ils sont minimes par rapport aux restes. C’était beaucoup des vidéos tournés par Matthieu… que je ne voyais qu’aux ravitos où j’arrivais parfois pas dans de super états physiques ou mentaux.

Là où j’ai vraiment souffert a été entre 85 et 95km où c’était très duuuuur, un gros vide. Mentalement c’était super compliqué mais pas de souffrance loool. J’ai vraiment pris bcp de plaisir jusqu’à 60-70, après j’ai eu des coups de mou à cause de la nuit blanche…J’ai aussi mes petites douleurs aux ongles, ce n’est jamais très agréable.

J’ai aussi souffert sur les derniers kilomètres avant l’arrivée… car justement j’avais l’impression de ne jamais arriver. Nerveusement j’ai craqué un peu. Je regrette de m’être parfois laisser emporté par ces sentiments négatifs et d’être sortie de ma course (comme un peu sur la CCC). ça m’a fait perdre du temps… mais au final, ce temps perdu m’a permis d’assister à un super coucher de soleil… donc bon 😛

Les moments de “souffrance” restent anecdotiques.

Combien de temps avant de tenter un ultra trail ?

Honnêtement, l’ultra trail c’est vraiment un autre univers en terme de préparation et d’effort car vous passez une nuit entière (ou presque) dehors (quelque soit le départ). Faire une journée + une nuit est fatigant. Il faut apprendre à gérer et anticiper cette fatigue. J’ai mis plusieurs années avant de me lancer, en faisant beaucoup de maratrail (40-50km), des formats plus de 70-80km… des Saintelyon. Je trouve que tout ça permet de construire une expérience extrêmement utile… si ce n’est nécessaire pour passer ensuite sur Ultra.

Je suis vraiment contente de l’avoir fait afin de ne pas m’écoeurer. Enfin, même si je vous dis plus haut que les préparations n’ont pas être “énormes”, elles restent de gros morceaux… et il faut pouvoir se lancer là-dedans, encaisser le volume.

Comment tolères-tu les douleurs ?

Plutôt bien lol car je crois avoir vécu le pire (la fracture de fatigue sur Marathon), on trouve toujours une manière de vivre la course malgré ces douleurs. Alors bien sûr, il y a douleur … et douleur.

Quoiqu’il arrive vous aurez des douleurs, parfois des toutes petites en ultra, parfois dans votre tête… et parfois des imprévus. Moi clairement, je n’avais pas prévu ces histoires de doigts de pieds lol. J’ai eu bien plus de douleurs sur cet ultra que sur mon premier où c’était surtout de la fatigue physique. Il faut différencier les douleurs (vers la blessures) que la fatigue physique (courbatures etc.)

C’est important d’apprendre à la tolérer et à faire abstraction. Le mental est le plus important.

Comment gères-tu le manque de sommeil ? As-tu des hallucinations ?

Alors je ne dors pas. Je sais que beaucoup de personnes font des siestes souvent sur le bas côté des chemins. J’avoue, vu le nombre d’hommes qu’il y a sur ces courses par rapport aux femmes, je suis très mal à l’aise à l’idée de faire ça. Si je dois faire une sieste ce serait sur un ravito… mais je n’ai jamais ressenti le besoin de le faire. Je n’ai jamais de somnolence comme on pourrait se l’imaginer.  Je n’ai pas d’envie de dormir, je suis au contraire en hyper vigilance afin d’éviter la chute sur les chemins. Le manque sommeil entraine vraiment des réactions différentes en fonction des gens. Clairement, je suis plutôt irritable lol  et très à fleur de peau (faut pas trop me chercher quoi) voire des petites migraines.

La fatigue, l’envie de se poser ne viennent pas la nuit mais plutôt en journée, sur les moments de digestion. Parfois tout arrive au même moment : fatigue, mental pas au top, physique compliqué et on tombe dans les méandres de son ultra trail où rien ne va. La fameuse PAIN CAVE qu’on se creuse soi-même et dont il est difficile d’en sortir.

Après peut-être que si je me forçais à faire une sieste je n’aurais pas ces moments de moins bien mentalement qui me coûtent beaucoup :S Je pense que beaucoup de gens sont à l’aise, moi non. La fatigue peut aussi créer des hallucinations. Alors si sur la CCC, j’ai GRAVE halluciné, là ça a été beaucoup plus léger. Je croyais voir des petits ponts de pierre, des maisons dans les bois alors qu’en y regardant bien pas du tout. Sur la fin de la course, je pensais voir d’autres participants courir à côté de moi (sauf que c’était pas possible vu que j’étais sur un chemin étroit…) et des lumières de maison et de la ville alors que pas du tout, on était encore paumés dans la forêt. Mais j’imagine que c’était mon cerveau qui voulait tellement qu’on arrive, qu’il me projetait ça lol.

Il faut que les hallucinations sont liées autant au manque de sommeil qu’à la fatigue cumulée par la totalité de l’ultra trail. C’est surprenant quand ça nous arrive, ça peut être effrayant, c’est pour ça qu’il faut garder sa concentration.

Est-ce que ça parait plus long de courir la nuit ? 

Je trouve qu’au contraire, ça passe très vite la nuit. On se concentre uniquement sur le chemin, à mettre un pied devant l’autre. On ne voit pas le paysage. J’adore l’ambiance parfois mystique, très différente de la journée.  Vu qu’on voit pas le chemin, on ne voit pas l’obstacle, on prend chaque pas après l’autre. J’adore voir les autres frontales qui serpentent.

La journée… justement on ne voit pas le bout… lol J’aime bien courir de nuit, c’est vraiment l’introspection. C’est différent, certes sans les paysages.

Comment fais-tu pour t’occuper ? ça passe vite ?

Honnêtement le temps passe très vite. On perd d’ailleurs la notion du temps. A aucun moment, je me dis “poulalala ça fait déjà 12h, je m’ennuie”. Le cerveau se focalise sur des choses plus triviales: le technicité du chemin, manger, boire, avancer. Et c’est hyper reposant en fait lol. Après j’écoute parfois la musique pour me booster un peu dans les mauvais moments ou dans les moments où je suis plus fatiguée (j’ai ma playlist de 24h spéciale trail >>). Je n’écoute pas du tout de podcast ou de livre audio qui demandent une concentration… que je dois donner aux chemins et à d’autres choses importantes (genre manger lol) Mais je vous assure qu’on s’ennuie JAMAIS

Penses-tu parfois à abandonner ?

Alors d’ordinaire JAMAIS, mais sur cet ultra trail, au ravito du 95e km, je l’ai clairement dit à Matthieu que je souhaitais abandonner car je ne me voyais pas avaler la suite qui m’attendait. Il restait beaucoup de montées que je connaissais. Cette partie est commune sur le format marathon (que j’ai fait en 2019) J’étais pas bien mentalement, j’avais plein de petits soucis. C’est là où l’assistance rentre en place. Il a su trouver les mots, il a su régler chaque petit soucis et me remettre sur pieds.  Après il ne faut JAMAIS voir l’abandon comme négatif, parfois c’est une décision clairement plus lucide que de continuer bêtement alors que ça ne va pas physiquement ;/ C’est connaître, reconnaître ses limites ce qui est parfois bien plus intelligent et sage que de se mettre en danger.

Dans mon cas, j’ai repris mes esprits, je suis repartie. Tant que mon intégrité physique va bien, j’y vais.

Comment ça se passe en cas d’abandon ?

En cas d’abandon en dehors d’un point de ravito, vous avez un numéro à contacter sur votre dossard pour l’annoncer (encore faut-il avoir du réseau hin lol) Si vous êtes blessé.e aussi. Mais il vaut mieux se rendre à un point de secours ou de ravito car je vous rappelle qu’on est en montagne, dans des zones hyper isolées… si pas de blessures, personne ne viendra vous chercher hin…  L’organisation peut aussi vous imposer l’abandon pour des raisons médicales ou pour barrières horaires.

Comment ça se passe tes douleurs aux pieds ? Les ongles ? Les ampoules?

J’ai la chance de ne jamais souffrir d’ampoules… c’était pareil pour les ongles, mais là c’est arrivé. Je pense que c’est à cause de la pluie durant la nuit qui a fait gonflé mes pieds … heureusement ils ont dégonflé dans la journée. Le mal était fait. Les ongles sont clairement souvent problématiques en trail, c’est pourquoi il faut choisir des chaussures à la bonne taille et de bonnes chaussettes. La solution que j’avais était une petite trousse de soin de pieds SIDAS (que j’avais prévu dans mon assistance), ça m’a vraiment soulagé (je vous recommande !). Je mets aussi beaucoup de crèmes anti-frottements et normalement, pas de soucis !

Les sacs de trail n’étant pas étanches, comment gères-tu la pluie ?

Alors j’utilise des sacs congélation pour protéger mes affaires + 1 que je mets sur le dessus du sac à l’intérieur. Mon autre astuce pendant la course est d’enfiler ma veste sans enlever mon sac comme ça elle le couvre. ça vous évite aussi les mouvements enlever/remettre son sac qui font perdre du temps lol.

Est-ce que tu as réussi à courir à la fin ou tu marches ?

Oui j’ai couru car j’en avais marre. J’ai couru les 3-5 derniers km, boostée par l’adrénaline et le speaker que j’entendais. Je réalise souvent dans ces derniers kilomètres que je l’ai fait. Alors il ne faut pas déconner, ce n’est pas hyper rapide comme course mais tout de même 😛

Comment ça se passe côté transite/digestion ?

Globalement sur mes courses ça va, là le SMECTA m’a un peu sauvé à cause de mes règles. Mais je mange beaucoup de bouillon avec les pâtes, le riz… je bois du coca. Globalement ça va. je n’ai pas trop à me plaindre pour le moment.

Est-ce que le parcours est bien balisé la nuit ?

Alors la portion de la première nuit était niquel. Après on était en groupe très proche donc je n’avais pas trop à m’orienter, je suivais celui de devant. La deuxième nuit c’était un peu moins facile, à plusieurs reprises j’ai cru me tromper (qui a envie de faire plus de kilomètres sur un ultra ? PERSONNE). C’était plus compliqué, surtout que j’étais seule devant (c’était les personnes derrière qui me suivaient). Donc j’ai redoublé d’attention (alors que j’étais déjà bien crevée lol)

Comment savoir quel trail faire pour pouvoir accéder à un autre ?

Alors vous ne pouvez pas faire du but en blanc un ultra trail comme ça. Il existe un système de points à cumuler pour pouvoir accéder à des trails de plus en plus longs. Ce n’est pas pour vous embêter, c’est vraiment pour des questions d’expérience et de sécurité. Je ferai un article spécial à ce sujet pour comprendre ce fonctionnement que je trouve très sain et honnête.

Comment fais-tu si les règles tombent en même temps que le trail ?

Ah bah justement je les ai eues le samedi (départ la veille). Alors d’ordinaire je suis team coupe menstruelle, là comme c’était le premier jour (j’ai un gros flux qu’à partir du deuxième), j’ai plutôt opté pour une culotte menstruelle adaptée aux sports (en laine de merinos) que j’ai changé 2 fois. J’avais des petites lingettes pour me rafraichir. Je suis par contre assez en colère contre l’organisation qui n’a prevu quasiment aucun toilettes … ou 2 pauvres toilettes sans accès à l’eau pour + 1500 participants, ce n’est pas sérieux. Heureusement j’ai pu aller à un toilette dans un refuge qui avait tout ce qu’il fallait mais clairement, niveau hygiène ce n’est pas foufou. Ou comment exclure de facto les femmes avec ça :/

Je sais qu’il ne faut pas jouer “la précieuse” mais là, ils ont déconné sur les WC

Qu’as-tu mangé ?

Alors je ne suis pas un bon exemple car j’ai beaucoup de mal à m’alimenter en trail, je suis vite prise de nausées ou écoeurer par mes ravitos.. (que j’adore, que j’ai testé à l’entrainement). C’est une galère.  Là j’ai appris à me forcer et à gérer ça sur les  50-60 premiers km puis plus ça avant dans le trail, plus cela devient compliqué. Je n’ai aucun problème à manger par contre tout ce qui est proposé par l’organisation sur les ravitaillements : tomates, tartines de nutella, confiture, chips, tuc… TOUT lol bouillon, pizza et mon estomac encaisse bien.

Dans mon sac, je transporte plutôt du sucré : compotes, barres de céréales chocolat noir/beurre de cacahuètes salés, bonbons hyper acides… Enfin sur l’assistance, Matthieu m’amène des petites choses que j’ai choisi mais je vous en parle mieux directement dans la partie assistance.

L’essentiel est de manger des aliments hyper nutritifs, motivant, réconfortant ;). Je commence toujours par du sucré avant d’incorporer au fil de la course du salé. Hormis le coca, pas d’autres boissons que de l’eau voire de l’eau pétillante sur les zones de ravito.

Une note de difficulté sur ce trail ? Quelles difficultés n’avais-tu pas anticipées ?

J’ai fait très peu d’ultra trail donc c’est difficile de comparer. Je l’ai trouvé plus dur que la CCC car déjà plus long et surtout, vu qu’on part de nuit… on prend le risque de passer 2 nuits dehors ce qui est très dur mentalement ET physiquement. On passe aussi beaucoup plus de temps à très haute altitude, on n’a jamais de répis (sur la CCC je me souviens avoir 10-20km de faux plat descendant quand même). Jusqu’au bout sur ce trail les chemins étaient techniques, les descentes et les montées hyper exigeantes et abruptes… Bref nerveusement c’est dur.

Cette année la météo a vraiment été très changeante, la pluie et le froid la nuit, la grosse chaleur en plaine et dans les montées, le froid et le vent au col. Franchement, c’était difficile à gérer. Vous avez aussi plein de types de chemin différents… avec PLEIN de caillasses… puis de la boue. Enfin. Je n’avais pas du tout ça à gérer sur la CCC.

Pire VS Meilleur moment

Clairement, l’arrivée au 3 cimes ! J’ai adoré aussi le coucher de soleil du samedi soir à Passo Giau. Le pire…. la montée du 85 au 95e km… soi-disant la dernière plus grosse: ce fût l’enfer lol. Le ravito était 3km après ce qui était indiqué, je ne voyais plus le bout.  J’ai aussi détesté les km de 110 à 120km. Ils ont changé la fin en nous faisant passer dans une forêt hantée (lol) pleine de boue, d’herbes glissantes ARRG. J’étais au bout. lol

As-tu changé de chaussures ? as-tu changé de tenue ? et pourquoi?

J’ai changé 2 fois de chaussures (j’avais prévu qu’une fois à la base) et de tenues. ça permet de se rafraichir, de se sentir un peu neuf/ve, de changer les appuis, remettre des chaussettes, remettre de la crème. C’est une manière de repartir un peu à zero. C’est comme faire une pause en voiture: on se rafraichit.

Portes-tu des lentilles ? Comment fais-tu ?

Oui j’en porte et pour le coup j’ai gardé les miennes durant tout le trail. Clairement ce n’est pas recommandé, je n’ai jamais ressenti d’inconfort. Je me voyais mal changer de lentilles au ravito, je n’ai quand même jamais les mains totalement propres ni l’accès à un lavabo + miroir. ça reste exceptionnel.

Et l’entrainement ?

Je suis moi-même coach donc je prépares mes programmes moi-même. J’avais répondu dans cette FAQ sur l’entrainement par-ici >>>

N’hésitez pas si vous avez d’autres questions 😉 Encore merci pour tout votre soutien. Après mon “échec” de la TDS l’an dernier, ça me touche beaucoup. Je n’ai encore aucune idée vers quel autre Ultra Trail je me dirige car je voulais absolument faire le LUT. Peut-être du côté Pyrénées, on verra. J’en rêvais depuis 2018, c’est fait, je savoure à fond. J’ai passé 26h30 de kiffe et d’émotions malgré les  bons et moins bons moments lol. Encore merci.

Bon trail à tous.tes

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3 réflexions sur “FAQ: Je réponds à toutes vos questions sur l’Ultra trail”

  1. En attendant le compte-rendu de la course, on mesure bien à travers cette FAQ à quel point le physique et le mental ont leur importance, autant l’un que l’autre. Je suis vraiment admirative de ton parcours, je te lis depuis plusieurs années sans tjs commenter mais quel chemin parcouru, tu peux être fière de toi!!!

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