CR Lavaredo Ultra Trail Dolomites: Retour sur La Cortina 48km, 2600m D+

4 août 2019 - Running - 4 commentaires

Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je suis contente de vous retrouver aujourd’hui pour (enfin) vous raconter le Cortina Trail, LE trail dont je rêvais de participer depuis notre visite dans les Dolomites (souvenez-vous). Ce trail fait partie du Lavaredo Ultra Trail >>, à dire vrai, c’est quasi le plus petit format proposé durant un long weekend sportif au coeur des Dolomites placé sous le signe du trail. Il existe d’autres formats, jusqu’à 120km, 87km aussi ;), les plus longs sont ceux qui vous mèneront aux fameux Tres Cime di Lavaredo, pas le Cortina, mais je me sentais pour les 87km.

Le 28 juin dernier, je prenais donc le départ du trail format 48km avec 2600m de D+ avec déjà des étoiles dans les yeux (et un peu de sueur car on était en pleine canicule lol) et je vais essayer vous raconter ça, car c’était l’un des plus beaux trails auxquels j’ai participé. J’en rêvais et, j’en ai pris plein les yeux (et les jambes) comme prévu !

Je vous raconte tout en video, avec des images du jour J et même de drône car Matthieu, en m’attendant, s’est un peu amusé pour vous faire admirer la beauté unique des paysages des Dolomites.

J-2 et J1 Arrivée aux Dolomites et Retrait des dossards:

Nous sommes partis aux Dolomites en voiture depuis Montpellier, 9h de route, direction La Cortina l’une des plus grosses villes et la mieux située dans la vallée. C’est aussi le lieu de depart des trails organisés durant le Lavaredo Ultra Trail. C’est une belle ambiance, comme à Chamonix, sur environ 4-5 jours se succèdent différents formats. Tout le monde vibre au rythme des départs (nocturnes ou matinaux) ou des arrivées.

Nous arrivons le mercredi en fin d’après-midi, le temps de nous enregistrer à l’hôtel (Villa Blu Cortina). On la choisit car il disposait d’un parking fermé, d’un parking velo fermé et surtout très proche du centre ville, sans être dans le centre… et superbe vue sur les montagnes. Enfin, niveau prix il était très accessible. D’ailleurs, pensez à vraiment réserver en amont  votre logement, tout est très vite complet 😉

Nous sommes allés nous dégourdir les jambes directement aux Tres Cime pour le coucher du soleil car malheureusement, leur ascension n’est pas au programme de mon trail. Il fallait faire un format plus long. C’était, comme l’an dernier, aussi splendide et unique. Puis retour à l’hôtel, car honnêtement, la route nous avait bien fatigué.

Le lendemain matin, j’ai bossé, j’ai fait du yoga pendant que Matthieu partait à l’assaut des cols alentours à velo. Je peux vous dire que là-bas le dénivelé pique bien, d’autant plus que si vous vous souvenez bien, mais fin juin, nous subissions en France, mais en Italie aussi, le premier épisode de canicule. Même si nous étions à la montagne, je peux vous assurer que nous aussi nous sentions la chaleur !! Il faisait déjà 29-30 à 9h le jeudi, mon trail avait lieu le lendemain et la météo annonçait encore plus chaud. Franchement, ça allait  inévitablement me rappeler le Marathon du Mont-Blanc de l’an dernier, qui avait lieu d’ailleurs le même weekend.

Je suis allée retirer mon dossard la veille, le jeudi après-midi. Il faisait déjà très très chaud. Le retrait avait lieu dans la patinoire de la Cortina. C’était trop drôle parce qu’il n’y avait pas du tout de glace  mais nous pénétrions quand même sur la patinoire sans glace, juste la structure de bois. Les bénévoles étaient adorables,  il n’y avait pas d’attente (contrairement au Marathon du Mont-Blanc où l’an dernier, le retrait était un peu compliqué lol).  Comme pour tout trail assez long, il est important, en fait nécessaire, de présenter son équipement obligatoire et donc de venir avec son Camel Bag prêt. Sans votre équipement, vous ne pourrez pas retirer votre dossard. Personnellement, on m’a demandé en vérification le sifflet, le K-Way et les gants. Bon les gants,  on se dit que c’est anecdotique, mais le temps peut très vite changer, surtout aux sommets. Mais bon, là c’était assez drôle parce que ils annonçaient quand même 38° le lendemain et que le départ se faisait à 9h et qu’il faisait déjà 30 !

Ensuite, nous avons fait encore un peu repérage avec Matthieu, un mini rando pour voir un lac avant un gros dodo sur sa rive ;). Le soir, pour manger, ça a été une grosse galère : beaucoup d’attente, peu de places. Pensez à bien réserver :/

Avant de me coucher je prépare toutes mes affaires et vérifie mon dossard. Cette année j’ai été agréablement surprise par les nouveaux formats de dossards qui sont en train de devenir la norme pour les trails puisque sur le dossard, il y avait effectivement le  numéro, mon nom mais aussi et surtout à l’envers le dénivelé et le parcours du trail. En courant, on pouvait vérifier sur notre dossard le parcours. Ça c’était génial ! Tu cours tu n’avais que à soulever un peu ton dossard et regarder le parcours : hop où j’en suis, où est le prochain ravito, combien de temps dur la montée. J’ai trouvé ça génial parce que j’ai pu mieux gérer mon effort et me préparer psychologiquement à certains grosses montées ou mieux m’organiser après les ravitaillements.

J-J

Le Départ est à 9h, donc autant vous dire que c’était quasi synonyme de grasses matinées lol. Je me suis levée vers 7h pour terminer de me préparer, de me mettre de la crème anti-frottement partout, m’habiller, me coiffer. J’ai avalé un petit dej léger puis retour à la chambre pour récupérer mes affaires ET surtout mettre de la crème solaire… Il faisait déjà tellement chaud ;(

On part à pied pour la ligne de départ qui est 10min même pas et j’ai déjà très chaud. C’est drôle mais toutes les personnes que l’on va croiser avant le départ officiel, je vais les suivre et les voir très souvent tout au long du trail 😉 Le départ est donné dans une belle ambiance (bah oui à 9h tout le monde est debout). On dit bye bye à la ligne de départ que l’on reverra …dans l’après-midi.

Est-ce que La Cortina Trail (48km 2600m de D+) est plus facile /difficile que le Marathon du Mont Blanc ?

Je crois que la question qui revient souvent et je vais la traiter maintenant c’est est-ce que c’est plus dur que le marathon du Mont-Blanc puisque les trails avaient lieu le même week-end. Honnêtement oui c’est plus dur tout simplement parce que c’est moins roulant globalement que le marathon du Mont-Blanc où la première dizaine de kilomètres se passent au cœur de la vallée où vous êtes à l’ombre au frais en basse altitude. On ne commence à monter qu’à partir du 15e km alors pour la Cortina Trail on a 2 km à travers la ville et à travers un village sachant que ces 2 km sont sur la route en faux plat montant.

Après vous attaquer direct et là on allait faire que monter et vraiment que monter il y a très très peu de descendante. Ce sera ainsi jusqu’au 36e km et ce n’est qu’à partir du 36e km vous allez commencer à descendre et vous allez descendre sur 12 km en sachant que cette dernière descente est très très très importante. À dire vrai les Italiens ne font pas dans la demi-mesure puisque ils vont tout droit donc on va vous faire remonter une piste de ski et vous faire descendre tout droi. Honnêtement je pensais pas que les cols italiens allaient être aussi abruptes et aussi difficiles. Heureusement, le paysage était magnifique ! C’était, je crois, le plus beau trail auquel j’ai eu l’occasion de participer.

De même, on est plus « isolé », on s’enfonce vraiment dans la valée, dans les sommets loin des villages ou de la route. Contrairement en fait à Chamonix où on traverse pas mal de villages, on voit beaucoup de spectateurs et de locaux. Ici, on voit bien moins la civilisation. Je veux dire civilisé dans le sens où on est très proche de la civilisation  à Chamonix et là on était quand même très très loin. Je captais rarement du réseau, on a dû traverser que 1 ou 2 villages. Pendant longtemps, on ne croisait personne aucun spectateur aucun randonneurs et on allait vers aucun village Au final sur toute la journée je n’ai vu Matthieu que deux fois ! Enfin, les ravitaillements ne commencent qu’à partir du 20e km donc c’est pour ça qu’il fallait vraiment être bien équipé et bien entraîné pour supporter la chaleur.

Et d’ailleurs les 20 premiers kilomètres étaient très très isolés. On est partis très très loin dans les montagnes. J’ai adoré ce passage-là parce que il faisait chaud mais encore pas trop, on longeait une source d’eau, au coeur d’un canyon impressionnant. On est passé sous des chutes d’eau et surtout on a mis les pieds à plusieurs reprises dans les  torrents glaciales.

Vous pouvez retrouver le dénivelé par-ici >>

On est passé tout près du Laghi Ghedina, avant d’attaquer le premier col : Passo Posporcora. Il n’était pas très dur, on ne souffrait pas encore de la chaleur et surtout, on profitait des torrents pour se garder au frais. Mais plus on grimpait, plus il faisait chaud. Je n’avais pas du tout envie de subir une insolation, j’ai préféré dès le début bien m’hydrater et me tremper. J’étais très content de tomber sur de la neige et sur les torrents.  Sans ça, ça aurait été vraiment compliqué. Ma petite astuce pas très sexy pour lutter contre la chaleur est tout simplement en portant mon bandana autour de mon poignet et dès qu’il y avait une fontaine ou un torrent je plongeais ma main dedans ce qui me permettait de gagner du temps, d’enchaîner ma foulée et de repartir aussi vite. Le bandana étant complètement trempé, je pouvais me mouiller le cou, les membres et ensuite je le mettais sur ma tête pour garder mes oreilles ainsi que mon front au frais puisque c’est souvent à partir de cet endroit que l’on prend des insolation.

Malheureusement, plus on montait, moins il y avait d’ombre ou de torrent. Mais la neige était elle bien présente. J’en prenais une grosse poignée, j’en mettais  partout dans le T-shirt dans la brassière, et dans le bandana également. J’y enveloppais en fait des petites montagnes de neige sur la tête mais, au fur et à mesure, des kilomètres vous vous doutez que la neige fondait et que moi ça me gardait au frais. Honnêtement heureusement qu’il y avait ça parce que sans, j’aurais souffert de la chaleur comme durant le marathon du Mont-Blanc. Cette fois, je ne dis pas que c’était plus facile, mais j’ai beaucoup mieux tenu !

Petite aparté sur les torrents. C’est cool de les traverser, ça rafraichit mais en fait j’ai eu tellement froid que ça en devenait douloureux. Résultat, on kiffe 1min puis après on se remet vite à courir lol. Personnellement, j’étais très contente d’avoir mes chaussettes de compression car ça m’a permis de garder la fraîcheur longtemps par contre mes chaussures étant en Goretex j’ai gardé l’eau longtemps et  elles sont devenues très lourde sur plusieurs kilomètres.

En tout cas, j’en ai pris plein de la vue. Je n’ai vu Matthieu qu’au premier ravito après 20km. Comme je le disais, on était très loin des points accessibles. A chaque fois qu’il a essayé de venir me voir « hors » des points, il fallait qu’il court plusieurs kilomètres ET malheureusement, on n’a jamais réussi à se voir.

J’ai adoré les petits ravitos « surprises » en haut des cols qui je pense ont dû être apportés soit en hélico soit à dos d’homme. Le premier à  Forcella Col dei Bos était magnifique. EN fait, TOUTE la course était très belle. A aucun moment, je n’ai subi, à plusieurs reprises j’ai été émue par la beauté de l’itinéraire.

Gros coup de coeur pour la montée et l’arrivée à  Passo Giau où j’ai retrouvé pour la 2e et dernière fois Matthieu mais il me restait encore BEAUCOUP de montées derrière. Je crois que ce qui rendait la course difficile est l’absence de végétation, le côté très caillouteux, la chaleur. Après, on a enchainé 2 petits cols où ça a été dur car on était en plein soleil, peu d’eau et les montées étaient…en ligne droite ou de petits lacets, donc on voyait clairement où on allait et c’était HAUT, c’était LOIN lol.

Les cols Forcella Giau et Forcella Ambrizzola ont le plus piqué !! Je me motivais en me disant que j’allais ENFIN pouvoir kiffer une longue descente. Cela étant dit, ce sont les descentes qui font le plus de mal aux jambes 😛 Mais ça va, on sent aussi ENFIN la chaleur qui redescend un peu ET on va finir à travers la fôret.

Spéciale note pour les ravitos de malade !!! Tartines de confitures, petits fruits découpés, nutella, chocolat… Franchement, je me suis jamais autant régalée, j’ai donc pas mal trainé pour BIEN manger ET bien me ravitailler. Les bénévoles étaient si gentils 😉 !

Bon cela dit, j’ai moins trainé sur le dernier ravito au bord d’un lac car je voulais vite arriver. Honnêtement, j’ai trouvé les descentes moins techniques qu’à Chamonix, mais plus dangereux. À des endroits, on empruntait des singles qui ressemblaient plus à des éboulis ou des gouttières naturelles d’eau. C’était assez compliqué de trouver une trajectoire qui accrochait bien. De plus, avec les ombres des arbres, j’avais un peu peur de me casser la gueule dans ces derniers kilomètres.

Mine de rien, c’est bien descente qu’il faut énormément se concentrer, même si on est en fin de course, il ne faut rien lâcher.

ça monte bien hin 😉 

 

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Les derniers kilomètres sont en descente. Pour tout vous dire, ma montre indique quelques mètres de plus en dénivelé lol. Je ne lâche rien. Les 2 derniers kilomètres sont sur route. Je décide de tout donner. Les italiens mettent une ambiance de malade quand on commence à rentrer à nouveau dans la ville. C’est dur de lever les jambes après cette descente…surtout que ça remonte dans le coeur de Cortina, on est sur les pavés, il fait chaud mais on y va !!!

Ambiance de folie dans la rue principale avant de remonter jusqu’à la ligne d’arrivée. Je retrouve Matthieu avec beaucoup de bonheurs. 9h12 et c’est terminé ! Bon ma montre affiche plus 49km et 3000m de D+ mais c’était 9h12 DE KIFFE. Je pleure un peu car franchement, c’était si beau. Même si j’ai eu chaud, même si je sens en fin de course que je me suis pris bien le soleil et les descentes, je suis super fière.

Quelques petites choses à savoir: comme pour de nombreux trails, les attributions de dossards se font sur tirage au sort. LEs inscriptions ont lieu en novembre à des dates précises ET résultat entre Noël et Nouvel An. Attention, il faut fournir un certificat  médical « international ».

Pour conclure, c’était un trail …magnifique, beaucoup de chaleur, mais un grand soleil pour admirer les paysages ! Encore merci pour tous vos encouragements 🙂 !! J’espère que ce petit résumé de course vous a plu, les photos également.

@ très vite

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4 commentaires

  • Repondre Aurélia 5 août 2019 à 8 h 45 min

    Merci, ton compte-rendu est top, les paysages sont vraiment superbes!!!! Chapeau pour réussir à conjuguer des telles performances (et donc l’entrainement qui va avec) avec vos travaux dans la maison et le déménagement, je ne sais pas comment vous faites!!!

    • Repondre Anne 5 août 2019 à 12 h 49 min

      Merci beaucoup AUrélia, je t’avoue que moi non plus je ne sais pas trop lol

  • Repondre Pamela 3 octobre 2019 à 9 h 11 min

    J’adore ton compte rendu en vidéo qui est réalisé avec beaucoup d’humour !
    Tu donnes envie de faire ce trail! L’année prochaine je tenterai peut-être le tirage au sort!
    Bravo pour toutes tes courses!

    • Repondre Anne 3 octobre 2019 à 13 h 39 min

      Oh merci beaucoup Pamela.
      Moi aussi je retente cette année mais sur le 92km !