FAQ Ultra Trail Spéciale CCC: Je vous explique l’organisation, la préparation, les ravitos, le mental…

20 octobre 2019 - Running - 4 commentaires

Hi,

J’espère que vous allez bien ? On se retrouve aujourd’hui pour une foire aux questions spéciale trail et plus particulièrement spéciale « ultra trail » suite à la CCC. Si jamais vous ne vous en souvenez pas, c’est mon premier trail de 101km que j’ai couru le 29 août dernier. Ce n’est pas un compte-rendu de course. Je vous donne rendez-vous par-ici pour le découvrir >>

Dans ce post, je vais répondre à des questions qui sont pas mal revenus pendant ma préparation, durant la course (et après) car il est vrai que l’univers du trail est particulier et son organisation moins connue peut-être. Même si je me considère encore comme « débutante » dans la discipline, je suis heureuse de pouvoir vous la faire découvrir ET surtout vous donner envie de vous lancer. J’espère donc que mon expérience et mes réponses vous y aideront 😉

Je vous propose un format video avec quelques petits extraits que nous n’avions pas pu mettre dans la video de CR 😉 (vous sentez la nana qui essaie de vous vendre ces 46min lol)

Et comme toujours, l’équivalent en article:

1.Quelle préparation spécifique as-tu suivi pour la CCC ?

Personnellement en venant du triathlon, je garde toujours une routine diversifiée dans ma pratique. Je conserve mes séances natation à la fois pour le renforcement musculaire sans impact qu’elles m’apportent que pour le côté récupération.

Côté vélo, je garde un rythme même soutenu de sorties tout simplement parce que je considère le cyclisme comme faisant partie de ma préparation trail. Je peux faire des gros volumes d’entrainement, du dénivelé en me fatigant moins ET en mobilisant moins mes articulations. C’est un peu « ma botte secrète ».  D’où d’ailleurs, ma participation à l’Etape du Tour (souvenez-vous). Ma préparation pour cette cyclo-sportive s’intégrait totalement à ma préparation trail de cet été: 7-8h d’effort, du dénivelé, le combo parfait. Il est important d’habituer son corps à un effort prolongé, à l’altitude, à la fatigue ET au dénivelé qu’il encaissera le jour-j. Comme sur marathon, on ne peut pas courir la distance à l’entrainement (101km). J’ai participé à différents trails (dont La Cortina dont je parle ici) afin de me préparation mais ce n’est pas suffisant. Il faut accumuler du volume en course à pied quoiqu’il en soit.

Personnellement, je courais entre 100 et 130km par semaine « en trail » (donc avec du dénivelé). J’ai fait pas mal de sorties longues (jusqu’à 42km en montagne), j’ai fait pas mal de multi enchainement (enchainement velo/course à pied, enchainement course à pied 2 fois dans la journée ex: une séance le matin, une séance de nuit…avec de la natation au milieu). Je fonctionne aussi par « bloc », par exemple entre le vendredi et le dimanche, je vais faire BEAUCOUP de sport, BEAUCOUP de volume (sortie longue à pied, sortie longue à velo). J’appelle ça un « bloc » afin d’habituer mon corps au volume que j’aurais le jour-J.

Bien entendu, faire du trail lool: courir en montagne, randonner en montagne, faire du dénivelé. Il n’y a pas de secret. Nous avons fait quelques weekends en montagne dans ce cadre car, même si à Montpellier, nous avons les Cevennes pas loin, il fallait chercher un peu plus haut et un peu plus technique. C’est important afin de mieux appréhender le jour de la course.

Comme vous le voyez, c’est un gros morceau un 100km à préparer et c’est pas mal de sacrifice… car une des autres questions que vous m’avez posé (puisque cette préparation avait lieu l’été): côté vie sociale ça se passe comment ? Bah c’est forcément compliqué. J’ai de la chance d’avoir des ami.es sportifs/ves qui peuvent de temps en temps m’accompagner sur des sorties, que je peux retrouver à la natation, sur le velo. Cependant, les sorties, les apéros sont plus compliquées.

Cela étant dit, même avec tout ça, personnellement, je trouve que je n’ai pas assez travaillé le trail « de nuit » avec dénivelé. J’ai fait quelques sorties mais clairement, ce n’était pas suffisant. C’est pourquoi cet hiver, je vais en faire plus…même si clairement, ce n’est pas évident de se motiver à sortir de nuit dans les bois !!

2.Comment vont tes pieds ? Dans quel état sont-ils après la préparation/les 100km ? Comment gérer les petits bobos ?

Et bien ils étaient plutôt en bon état. J’ai de la chance de ne pas souffrir de grosses ampoules et de gros frottements. Mais, c’est tout un entretien et choix entre la bonne pointure de baskets, les bonnes chaussettes, la crème anti-frottement…l’état des ongles. Il est important que votre pied « se ponce » un peu, que la peau s’épaississe sur les zones de frottements (orteils, talons) afin de vous prémunir justement des ampoules, des douleurs après avoir tant couru.

En période de grosse préparation, j’y fais d’autant plus attention en hydratant ma peau mais aussi en ponçant légèrement. C’est un juste milieu entre entretenir cette « Corne » et la maintenir pour ne pas qu’elle abîme le pied et crée elle-même des bobos.  Cela étant dit, j’ai beaucoup de chance, je n’ai eu qu’une fois un ongle noir et c’était ma faute (baskets trop petites). Globalement, je touche du bois, mais je n’ai pas non plus trop d’ampoules, je n’ai pas tendance à perdre mes ongles. Par contre, j’essaie de toujours bien couper mes ongles de pieds ET de porter du vernis semi-permanent ou du vernis qui les renforcent.

3. Comment as-tu géré le sommeil/la nuit sur 101 km?

La CCC n’était pas ma première expérience du long. L’an dernier, j’ai participé à la Saintelyon, format 81km ! Donc j’avais déjà passé une nuit dehors lol, une nuit longue, pluvieuse, froide et hivernale. Je n’avais pas d’appréhension à passer une nuit dehors. Cependant, plus vous courez de longues distances, plus, vous passerez du temps dehors ET de nuit. La course ne s’arrête pas au coucher du soleil, elle continue.

Même si la CCC a lieu en été, les journées ont déjà raccourci. Il faisait nuit vers 20h et le soleil se levait vers 6h le lendemain. 10h dans le noir en somme. Personnellement, je n’ai pas dormi, je n’ai pas fait de sieste, même si vous le pouvez (des lits sont aménages au ravito). Au retrait des dossards, on vous a aussi distribué un petit papier à accrocher à son camel pour signaler que vous êtes en train de dormir… si vous souhaitez vous faire une sieste sur le bas côté du chemin. C’est pas hyper rassurant car dès la nuit tombée, j’ai croisé énormément de coureurs qui faisaient leur sieste dans les bois. Le petit papier sert à signaler qu’ils ne sont pas en difficulté, qu’il ne faut pas les déranger. Moi, je ne me voyais pas du tout m’arrêter là et j’étais tellement prise la nuit par l’excitation d’avancer que je n’ai pas eu ce besoin viscéral de me poser et de dormir.

Je pensais, les 2 fois durant les ravitos de nuit, que j’allais faire une sieste mais il y a tellement de chaleur et d’ambiance que tu veux juste repartir, continuer et ne rien lâcher. Pour éviter par contre l’endormissement en courant (oui oui lol, comme au volant), personnellement, j’écoute de la musique assez énergique. Je m’étais préparée une playlist de 24h dans ce sens (Dispo ici>>) qui m’a bien motivée, boostée dans les montagnes, entre les étoiles et isolée des bruits bizarres. Car oui, on peut vite un peu paniquer quand on tombe d’un coup sur une vache qui dormait pépouse lol.

Cela étant dit, je pense que j’aurais dû faire une sieste de 20min car j’ai eu un GROS coup de mou juste après que le soleil se soit levé. J’aurais dû sacrifier ces 20min de course car les coups de mou, c’est long: 1h30-2h à patauger dans les brumes de mon cerveau qui faisait avoir des petites hallucinations. J’ai eu beau manger TOUS les ravitos de mon sac, essayer de continuer à marcher… mon corps a eu du mal à redémarrer avant le dernier point de ravito (la Flégère à 8km de l’arrivée).

C’est compliqué à gérer et surtout de faire le bon choix. Je le verrai avec l’expérience. Globalement, c’est la nuit que mentalement et physiquement tout se joue, tout  devient plus complexe. Les paysages ne motivent plus, on les devine à peine, la fatigue de la journée est pesante. Il y a des ombres bizarres, des bruits bizarres, surtout quand on court. Il faut être ENCORE plus concentré qu’en plein jour avec la lampe, la batterie de la lampe, les chemins, la vitesse. On perd la notion du temps, la notion de se ravitailler (mange même s’il est 3h du matin lol). Moi ça a été compliqué mais à la fois, j’ai adoré cette ambiance. En plein nuit, tu arrives à la bergerie transformée en boite de nuit mais qui sent fort la vache… tu vois les étoiles, tu vois les petites lumières des villages, tu entends parfois remonter la voix du speaker. C’est unique.

4.As-tu changé de tenue/baskets durant la course ?

Oui, j’ai changé de tenues. Je n’ai pas changé durant la journée, uniquement le soir. Au premier point d’assistance (Champex, 55e km), j’ai littéralement TOUT changé: short, t-shirt, chaussettes, culottes, brassière. C’était d’ailleurs assez compliqué. On est entourée de mecs qui eux… bah hop, mais toi, vas-y pour changer la brassière. Mais je le voulais car je souhaitais repartir « à neuf » pour la nuit qui m’attendait. C’était plus moralement que physiquement.  Hormis la transpiration de la journée, il n’y avait pas de raison particulièrement pour changer le soir.  Contrairement à la Saintelyon où se changer était plus une question de « survie » pour continuer la course sans se taper une hypothermie, là c’était plus pour me motiver et mon confort.

J’ai aussi changé mes baskets car j’avais des douleurs fantômes et j’ai cru quand les changeant, elles allaient partir lol. Finalement j’ai remis mes baskets habituelles au point d’assistance suivant. Mais, plus c’est long, plus je vous invite quand même à prévoir une paire de baskets B surtout si vous êtes sujet aux ampoules/frottements

Ensuite, je n’ai plus changé de short, mais aux 2 autres points d’assistance, j’ai changé mon top et mes chaussettes. Pour le dernier, j’ai surtout ajouté des couches (pull+gant) car plus on avançait dans la nuit plus il faisait froid. Mais globalement, la nuit était douce, il faisait bon, il ne pleuvait pas. Les conditions étaient idéales. Je crois vraiment que sur du long (+70/80km) c’est agréable, si la météo suit, de changer au moins une fois, peut-être juste le t-shirt. Si la météo ne suit pas, il va même falloir multiplier les tenues B..C..D pour rester au sec lol

5. Qu’est-ce qui est le plus dur entre Ironman et ton trail de la CCC ?

Tout d’abord, on compare facilement les épreuves de par leur longues. 1 Ironman c’est entre 10-16h d’efforts, donc on va le comparer à un trail de 70-80…10km. Honnêtement, le triathlon ET le trail sont 2 disciplines à la fatigue vraiment distinctes. Personnellement, je trouve le trail plus dur mentalement et physiquement car c’est « mono sport ». Il faut une concentration du début jusqu’à la fin alors qu’en triathlon, tu peux poser un peu le cerveau et laisser la machine faire. Il faut ne rien lâcher, bien penser sa nutrition, gérer son effort mais c’est sur 3 sports différents, donc mentalement, tu n’as quasiment pas de lassitude.

En trail, c’est UN sport, il tabasse littéralement sur les articulations. Au final, même si le triathlon est plus intense sur le coeur, l’effort est plus diversifié, moins lassant. En trail, quand on se retrouve face à un col de 4-5km où l’on voit les coureurs au sommet, mentalement c’est challengeant, ça donne envie, mais si on a déjà 50-70km, c’est dur.

Donc, oui pour la moi la CCC était plus dur que mon ironman (souvenez-vous), physiquement. C’est difficile de comparer les deux mais je dirais que le trail est une discipline plus dure. Cela étant dit, ce n’est parce que vous faites un trail de 50km que l’on peut boucler un Ironman, car mentalement, ça reste des efforts LONGS avec BEAUCOUP de gestion d’effort afin de boucler chaque discipline ;).

6. Comment ça se passe côté dossard ?

L’UTMB et tous les formats proposés est une course pour laquelle vous devez avoir un minimum de points ITRA que vous récoltez sur d’autres trails. Par exemple un trail de 20-30km pour 1500/2000m, hop vous engrangez des points. Plus la course est longue, plus il y a du dénivélé, plus vous gagnez des points ITRA. Ces points s’ajoutent automatiquement sur votre profil public que vous pouvez gérer. De plus en plus de trails « longs » exigent des points ITRA pour y participer afin de garantir que vous puissiez les terminer. Personnellement, je trouve cela BIEN car, il est essentiel de se mesurer à de plus petites distances avant de s’attaquer à plus gros en trail. Comme entre faire un semi et un marathon, la marche semble « facile » théoriquement, en pratique ça ne l’est pas. C’est pareil en trail, se rajouter 10km et 1500m de D+ ce n’est en rien anodin. Sans parler des dangers de la montagne..

Même si c’est un système qui peut paraitre injuste, c’est avant tout pour notre sécurité.

Enfin, au-delà des points, les courses de trail sont très limitées en terme de participants (500 parfois !). C’est pourquoi en plus des points, certaines mettent en place des tirages au sort. Plus il y a de demandes, moins il y a de chances d’obtenir son dossard. C’est le cas pour l’UTMB. J’ai la chance d’avoir des dossards presses en tant que « blogueuse ». Ces dossards sont « à part », ils ne retirent pas de chance aux autres participants. C’est un quota attribué par l’organisation sur chaque course. Ces dossards presses sont attribués à des gens comme moi, des journalistes mais aussi à des sponsors et leurs partenaires tout simplement.

7. Ton moment préférée VS ton moment le plus ? Comment gères-tu les coups de moins bien durant cette course ? Mentalement ?

C’est très difficile de choisir car j’ai divisé ma course non pas en 101km mais en 5 cols, et arriver en haut de chaque col m’apportait une joie intense. Le paysage était si beau, le plaisir d’y parvenir, la fierté. Je mets peut-être le lever soleil un peu à part car il reste gravé dans ma mémoire, même s’il  a précédé MON moment détesté une fois que le jour était là: les hallucinations, impossible d’avancer, la coup de mou pendant 1/2h.. C’était dur.

Mentalement, il est important de se fixer des petits objectifs DANS cet objectif global de rejoindre la ligne d’arrivée. Moi c’était ces 5 cols, ces 3 zones d’assistance ET le dernier ravito à La Flégère qui signait la fin de la course, la grosse relâche. Même si physiquement, ça a été une galère entre le lever de soleil et l’arrivée à La Flégère, mes jambes ont étrangement redemarré pour rejoindre Chamonix. J’ai dévalé la pente.

Il faut juste mentalement être toujours HYPER optimiste, positif/ve et ne pas cesser de se parler dans sa tête en s’encourageant. Bon ok, quand j’ai eu mes douleurs fantômes, je me suis questionnée mais globalement, j’essayais toujours de m’auto-motiver ou de m’engueuler « arrête d’halluciner ces BOUQUETINS NE SONT PAS LÀ ni le chien d’ailleurs ». Je mets aussi ce coup de mou sur ma nutrition que j’ai très mal géré globalement… je le détaille après.

8. Côté nutrition

J’ai merdé lol. En trail, j’ai vraiment du mal à m’alimenter. Je ne ressens pas la faim et je perds vite la notion du temps (contrairement au triathlon où je mange régulièrement.) Je m’étais préparée plein de petits sacs pour les points d’assistance avec des aliments que j’adore ou que je sais que je vais avoir envie de manger (ou boire coucou l’Orangina): j’avais des gâteaux, une quiche vegan, des chips de légumes… Mais j’étais vite nauséeuse, écoeurée. J’ai mangé ce que j’avais envie, même des trucs qui ne me donnent pas envie d’ordinaire: pain fromage genre !. Heureusement que les bénévoles nous aidaient, nous poussaient : je t’ai mis un peu de pâtes dans ta soupe.. .va boire du thé, prends des oranges car j’avais tellement du mal lol.  Je mangeais ce que mon corps avait envie, même si ce n’était pas ce que j’avais prévu.

En plus, sur la CCC, la première assistance n’est qu’au 55eme km donc, le sac était bien chargée en ravito et en équipement pour toute la journée. Je pense que le matin quand j’ai eu ce coup de moins bien, clairement c’était l’accumulation d’une journée ET d’une nuit avec une alimentation mal gérée. Mais clairement, rien ne passait… surtout au beau milieu de la nuit.  Mais pareil, je vais bosser ça cet hiver 😉

9. Les bâtons

En parlant de sac lourd ET d’équipement, j’en avais bien ! Ce n’était pas les miens, même si j’en possède ET que vous ne me voyez jamais avec (pour cause, je ne sais pas les utiliser). Ils appartenaient à Sissi. Tout mon entourage n’a pas arrêté de me dire d’en prendre. Je n’avais même apporté les miens à Chamonix. J’ai finalement emprunté ceux de Sissi la veille, trimballé pendant toute la course jusqu’à les oublier. Je les ai finalement utilisés au cours de la nuit en me disant que ça allait me rassurer. Mauvaise idée, je ne sais toujours pas les utiliser. MAIS, c’est comme la nutrition, cet hiver, je vais faire un effort pour bien apprendre.

10. As-tu eu besoin de charger ta montre ?

Alors, j’ai eu des soucis de montre. J’ai reçu la veille la nouvelle Garmin Fenix 6S (que j’utilise actuellement). Je me suis dit « parfait » car Garmin promet que la montre tienne la batterie sur tout un UTMB. Bon déjà, c’est SI vous faites l’UTMB parmi les 10 premiers lol sinon faut pas déconner. Sauf que je n’ai pas pu le vérifier car au moment du départ, la Fenix 6S n’a pas trouvé le GPS. Je vous en reparlerai en détail dans un autre article.

J’ai été prévoyante car je n’aime pas partir avec des trucs tout nouveaux. J’avais chargé ma vieille fenix 5S qui elle a trouvé le GPS direct. j’ai donc échangé les montres. Par contre, il a fallu la recharger à chaque point d’assistance (3 fois) + 2 fois de mon côté. Heureusement elle charge vite. Il fallait prévoir dans le camel le câble et une petite batterie portative… Voilà. Garmin organise des stations de chargeur mais arrivent beaucoup trop tard dans la course.

En tous les cas, il faut prévoir de charger votre montre mais aussi les frontales, le téléphone… sait-on jamais !

11. Niveau toilettes, pipi caca ça se passe comment ?

L’avantage d’être une femme sur des courses avec seulement 11% de coureuse c’est que pour une fois IL n’y a pas la queue aux toilettes. Non je déconne, mais au départ à Courmayeur c’était pratique ;). Globalement, je me suis arrêtée faire pipi/caca à chaque ravitaillement. J’essayais de me retenir pour faire coincider mes besoins avec les WC dispo (toujours hyper propres, papier toilettes and co). Il n’y a qu’une fois où il a fallu que je fasse une pause. Franchement, j’ai mis 1 ou 2km à trouver le perfect spot : personne pour me voir sans trop m’éloigner. C’était l’ouverture d’une grotte et j’avais peur qu’une chauve-souris vienne me chatouiller popotin !

Globalement, c’est une galère quand on est une femme en trail de se soulager car, sauf la nuit, on verra nos fesses. Il faut trouver un petit buisson nia nia. Je peux comprendre, dans ce cadre l’utilité de la « Jupe » en trail… mais non je ne suis pas team jupe en trail lol.

12. As-tu eu envie d’abandonner ? Quelles émotions as-tu ressenties ?

Je n’ai jamais eu envie d’abandonner. Je me suis beaucoup questionnée intérieurement quand j’avais des douleurs aux hanches. Prendre la décision d’abandonner en trail est complexe car il faut en tous les cas (sauf blessure grave) rejoindre un point de ravito.  Globalement, je n’ai jamais été « mal »: çå allait physiquement, je n’étais pas dans un super bon jour, j’avais un peu la nausée mais les conditions étaient parfaites, j’étais hyper motivée. Je venais de passer 3 mois à me préparer, je voulais aller au bout.

Même quand j’avais des petits coups de mou, je me rappelais exactement comment j’en étais arrivée là et surtout pourquoi je mettais un pied devant l’autre. C’est facile, on lève les yeux, ces paysages sont si beaux. L’ambiance trail est si belle. Même de nuit, j’avais de quoi me motiver, me raccrocher: les étoiles, la respiration, les pas de chacun, la musique, les petites lumières en bas de la vallée. Je crois qu’émotionnellement, j’étais dans une grosse bulle de plaisir, d’endorphine, de bonheurs comme un nuage de douceurs même si physiquement c’était dur, j’étais bien. Je ne pense que je sois passée par des émotions opposées, au contraire, c’était un gros nuage. Bien entendu, quand j’ai eu mon coup de mou, j’étais fatiguée en colère, je suis sortie de ma course bêtement à l’aube, j’aurais dû prendre une pause, me recentrer

J’ai commencé à lâcher mes émotions après le dernier point de ravitaillement, La Flégère, car je savais que j’y étais arrivée, que je l’avais fait, même s’il restait 8km environ de descente, j’étais au bout. Même si j’avais été nerveuse, que j’avais un peu douté de moi-même au début (et c’est normal, c’est long 101km), j’ai tout relâché, j’ai figé un sourire un peu bête tellement j’étais heureuse, sur mon nuage. C’était dur, je pleurais un peu à chaque fois que je croisais des randonneurs remontés et féliciter tous les participants. Puis l’arrivée à Chamonix en début de matinée, toutes ces félicitations, bien sûr que je pleurais lol Matthieu qui m’encourageait sur les dernières lignes droites, les applaudissements, comment ne pas être heureuse. Rien qu’en écrivant ces mots, je sens encore toutes ces émotions m’envahir. RIen que pour toutes ces émotions, cette ambiance unique, ces paysages, ces 24h juste en train de profiter de la montagne, de vivre une expérience unique avec d’autres passionnés, je le referai.

C’est vraiment fou en théorie, mais en pratique, après une bonne préparation, c’est possible.

Et après ?

Je vais continuer dans le trail sur d’autres courses. Je ne vais pas être dans la surenchère, je vais chercher à m’améliorer tout en continuant à en prendre plein la vue 😉 J’aime cet univers, même si je me tape certains commentaires négatifs sur ma performance, je m’en fiche, je suis dans les barrières horaires. Mon objectif était de finir ce 101km et le partager avec Matthieu

D’autant plus que j’aimerais montrer à quel point les femmes ont leur place dans cette discipline. Sur la CCC on était à peine 11-15% de femmes, c’est très peu et ça se ressent (bien sûr les hommes sont adorables hihi !). Mais voilà, n’ayez pas peur de vous lancer. J’espère que cette FAQ vous aura plu, n’hésitez pas à me poser d’autres questions en commentaire ou à me laisser des suggestions d’articles pour les fois prochaines !

@ très vite

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4 commentaires

  • Repondre Stephanie 22 octobre 2019 à 8 h 49 min

    Bonjour Anne,
    Je lis souvent tes articles mais ne prends pas le temps-là de te laisser un commentaire…
    Un énorme bravo pour ta course et un énorme merci pour cette faq ! Utile mais aussi motivante et inspirante !
    Je n’ai pas encore lu ton cr de la ccc, je vais m’empresser de le faire !
    Hâte de suivre ton prochain défi
    Stéphanie

    • Repondre Anne 22 octobre 2019 à 9 h 11 min

      Merci beaucoup Stéphanie <3 !!

  • Repondre Flo74 23 octobre 2019 à 11 h 19 min

    Super cet article ! Merci ! Je ne comprends pas comment tu peux recevoir des commentaires négatifs sur ta perf…. Tu es allée au bout, tu t’es super bien préparé, c’est énorme comme performance ! Encore bravo à toi ! Continue d’être toi même et de te faire plaisir, et aussi d’être naturelle et inspirante !

  • Repondre Justine 25 octobre 2019 à 17 h 26 min

    Hello Anne! Félicitations pour ta course, tu es vraiment impressionnante. C’est drôle ce que tu dis à propos des ravito car de mon côté je suis une grande adepte de fromage mais je n’en mange jamais sur course, ça ne me fait jamais envie. Au passage, il me semblait avoir lu que tu étais intolérante au lactose. Ce n’est pas un soucis pour toi le fromage ? Peut-être que certains n’en contiennent pas ?

    Encore bravo, et je te souhaite de te régaler ce week-end sur ton Half Ironman!