Hi,

J’espĂšre que vous allez bien ? On se retrouve aujourd’hui pour une foire aux questions spĂ©ciale trail et plus particuliĂšrement spĂ©ciale « ultra trail » suite Ă la CCC. Si jamais vous ne vous en souvenez pas, c’est mon premier trail de 101km que j’ai couru le 29 aoĂ»t dernier. Ce n’est pas un compte-rendu de course. Je vous donne rendez-vous par-ici pour le dĂ©couvrir >>
Dans ce post, je vais rĂ©pondre Ă des questions qui sont pas mal revenus pendant ma prĂ©paration, durant la course (et aprĂšs) car il est vrai que l’univers du trail est particulier et son organisation moins connue peut-ĂȘtre. MĂȘme si je me considĂšre encore comme « dĂ©butante » dans la discipline, je suis heureuse de pouvoir vous la faire dĂ©couvrir ET surtout vous donner envie de vous lancer. J’espĂšre donc que mon expĂ©rience et mes rĂ©ponses vous y aideront đ
Je vous propose un format video avec quelques petits extraits que nous n’avions pas pu mettre dans la video de CR đ (vous sentez la nana qui essaie de vous vendre ces 46min lol)
Et comme toujours, l’Ă©quivalent en article:
1.Quelle préparation spécifique as-tu suivi pour la CCC ?
Personnellement en venant du triathlon, je garde toujours une routine diversifiĂ©e dans ma pratique. Je conserve mes sĂ©ances natation Ă la fois pour le renforcement musculaire sans impact qu’elles m’apportent que pour le cĂŽtĂ© rĂ©cupĂ©ration.
CĂŽtĂ© vĂ©lo, je garde un rythme mĂȘme soutenu de sorties tout simplement parce que je considĂšre le cyclisme comme faisant partie de ma prĂ©paration trail. Je peux faire des gros volumes d’entrainement, du dĂ©nivelĂ© en me fatigant moins ET en mobilisant moins mes articulations. C’est un peu « ma botte secrĂšte ». D’oĂč d’ailleurs, ma participation Ă l’Etape du Tour (souvenez-vous). Ma prĂ©paration pour cette cyclo-sportive s’intĂ©grait totalement Ă ma prĂ©paration trail de cet Ă©tĂ©: 7-8h d’effort, du dĂ©nivelĂ©, le combo parfait. Il est important d’habituer son corps Ă un effort prolongĂ©, Ă l’altitude, Ă la fatigue ET au dĂ©nivelĂ© qu’il encaissera le jour-j. Comme sur marathon, on ne peut pas courir la distance Ă l’entrainement (101km). J’ai participĂ© Ă diffĂ©rents trails (dont La Cortina dont je parle ici) afin de me prĂ©paration mais ce n’est pas suffisant. Il faut accumuler du volume en course Ă pied quoiqu’il en soit.
Personnellement, je courais entre 100 et 130km par semaine « en trail » (donc avec du dĂ©nivelĂ©). J’ai fait pas mal de sorties longues (jusqu’Ă 42km en montagne), j’ai fait pas mal de multi enchainement (enchainement velo/course Ă pied, enchainement course Ă pied 2 fois dans la journĂ©e ex: une sĂ©ance le matin, une sĂ©ance de nuit…avec de la natation au milieu). Je fonctionne aussi par « bloc », par exemple entre le vendredi et le dimanche, je vais faire BEAUCOUP de sport, BEAUCOUP de volume (sortie longue Ă pied, sortie longue Ă velo). J’appelle ça un « bloc » afin d’habituer mon corps au volume que j’aurais le jour-J.
Bien entendu, faire du trail lool: courir en montagne, randonner en montagne, faire du dĂ©nivelĂ©. Il n’y a pas de secret. Nous avons fait quelques weekends en montagne dans ce cadre car, mĂȘme si Ă Montpellier, nous avons les Cevennes pas loin, il fallait chercher un peu plus haut et un peu plus technique. C’est important afin de mieux apprĂ©hender le jour de la course.
Comme vous le voyez, c’est un gros morceau un 100km Ă prĂ©parer et c’est pas mal de sacrifice… car une des autres questions que vous m’avez posĂ© (puisque cette prĂ©paration avait lieu l’Ă©tĂ©): cĂŽtĂ© vie sociale ça se passe comment ? Bah c’est forcĂ©ment compliquĂ©. J’ai de la chance d’avoir des ami.es sportifs/ves qui peuvent de temps en temps m’accompagner sur des sorties, que je peux retrouver Ă la natation, sur le velo. Cependant, les sorties, les apĂ©ros sont plus compliquĂ©es.
Cela Ă©tant dit, mĂȘme avec tout ça, personnellement, je trouve que je n’ai pas assez travaillĂ© le trail « de nuit » avec dĂ©nivelĂ©. J’ai fait quelques sorties mais clairement, ce n’Ă©tait pas suffisant. C’est pourquoi cet hiver, je vais en faire plus…mĂȘme si clairement, ce n’est pas Ă©vident de se motiver Ă sortir de nuit dans les bois !!

2.Comment vont tes pieds ? Dans quel état sont-ils aprÚs la préparation/les 100km ? Comment gérer les petits bobos ?
Et bien ils Ă©taient plutĂŽt en bon Ă©tat. J’ai de la chance de ne pas souffrir de grosses ampoules et de gros frottements. Mais, c’est tout un entretien et choix entre la bonne pointure de baskets, les bonnes chaussettes, la crĂšme anti-frottement…l’Ă©tat des ongles. Il est important que votre pied « se ponce » un peu, que la peau s’Ă©paississe sur les zones de frottements (orteils, talons) afin de vous prĂ©munir justement des ampoules, des douleurs aprĂšs avoir tant couru.
En pĂ©riode de grosse prĂ©paration, j’y fais d’autant plus attention en hydratant ma peau mais aussi en ponçant lĂ©gĂšrement. C’est un juste milieu entre entretenir cette « Corne » et la maintenir pour ne pas qu’elle abĂźme le pied et crĂ©e elle-mĂȘme des bobos. Cela Ă©tant dit, j’ai beaucoup de chance, je n’ai eu qu’une fois un ongle noir et c’Ă©tait ma faute (baskets trop petites). Globalement, je touche du bois, mais je n’ai pas non plus trop d’ampoules, je n’ai pas tendance Ă perdre mes ongles. Par contre, j’essaie de toujours bien couper mes ongles de pieds ET de porter du vernis semi-permanent ou du vernis qui les renforcent.
3. Comment as-tu géré le sommeil/la nuit sur 101 km?
La CCC n’Ă©tait pas ma premiĂšre expĂ©rience du long. L’an dernier, j’ai participĂ© Ă la Saintelyon, format 81km ! Donc j’avais dĂ©jĂ passĂ© une nuit dehors lol, une nuit longue, pluvieuse, froide et hivernale. Je n’avais pas d’apprĂ©hension Ă passer une nuit dehors. Cependant, plus vous courez de longues distances, plus, vous passerez du temps dehors ET de nuit. La course ne s’arrĂȘte pas au coucher du soleil, elle continue.
MĂȘme si la CCC a lieu en Ă©tĂ©, les journĂ©es ont dĂ©jĂ raccourci. Il faisait nuit vers 20h et le soleil se levait vers 6h le lendemain. 10h dans le noir en somme. Personnellement, je n’ai pas dormi, je n’ai pas fait de sieste, mĂȘme si vous le pouvez (des lits sont amĂ©nages au ravito). Au retrait des dossards, on vous a aussi distribuĂ© un petit papier Ă accrocher Ă son camel pour signaler que vous ĂȘtes en train de dormir… si vous souhaitez vous faire une sieste sur le bas cĂŽtĂ© du chemin. C’est pas hyper rassurant car dĂšs la nuit tombĂ©e, j’ai croisĂ© Ă©normĂ©ment de coureurs qui faisaient leur sieste dans les bois. Le petit papier sert Ă signaler qu’ils ne sont pas en difficultĂ©, qu’il ne faut pas les dĂ©ranger. Moi, je ne me voyais pas du tout m’arrĂȘter lĂ et j’Ă©tais tellement prise la nuit par l’excitation d’avancer que je n’ai pas eu ce besoin viscĂ©ral de me poser et de dormir.
Je pensais, les 2 fois durant les ravitos de nuit, que j’allais faire une sieste mais il y a tellement de chaleur et d’ambiance que tu veux juste repartir, continuer et ne rien lĂącher. Pour Ă©viter par contre l’endormissement en courant (oui oui lol, comme au volant), personnellement, j’Ă©coute de la musique assez Ă©nergique. Je m’Ă©tais prĂ©parĂ©e une playlist de 24h dans ce sens (Dispo ici>>) qui m’a bien motivĂ©e, boostĂ©e dans les montagnes, entre les Ă©toiles et isolĂ©e des bruits bizarres. Car oui, on peut vite un peu paniquer quand on tombe d’un coup sur une vache qui dormait pĂ©pouse lol.
Cela Ă©tant dit, je pense que j’aurais dĂ» faire une sieste de 20min car j’ai eu un GROS coup de mou juste aprĂšs que le soleil se soit levĂ©. J’aurais dĂ» sacrifier ces 20min de course car les coups de mou, c’est long: 1h30-2h Ă patauger dans les brumes de mon cerveau qui faisait avoir des petites hallucinations. J’ai eu beau manger TOUS les ravitos de mon sac, essayer de continuer Ă marcher… mon corps a eu du mal Ă redĂ©marrer avant le dernier point de ravito (la FlĂ©gĂšre Ă 8km de l’arrivĂ©e).
C’est compliquĂ© Ă gĂ©rer et surtout de faire le bon choix. Je le verrai avec l’expĂ©rience. Globalement, c’est la nuit que mentalement et physiquement tout se joue, tout devient plus complexe. Les paysages ne motivent plus, on les devine Ă peine, la fatigue de la journĂ©e est pesante. Il y a des ombres bizarres, des bruits bizarres, surtout quand on court. Il faut ĂȘtre ENCORE plus concentrĂ© qu’en plein jour avec la lampe, la batterie de la lampe, les chemins, la vitesse. On perd la notion du temps, la notion de se ravitailler (mange mĂȘme s’il est 3h du matin lol). Moi ça a Ă©tĂ© compliquĂ© mais Ă la fois, j’ai adorĂ© cette ambiance. En plein nuit, tu arrives Ă la bergerie transformĂ©e en boite de nuit mais qui sent fort la vache… tu vois les Ă©toiles, tu vois les petites lumiĂšres des villages, tu entends parfois remonter la voix du speaker. C’est unique.

4.As-tu changé de tenue/baskets durant la course ?
Oui, j’ai changĂ© de tenues. Je n’ai pas changĂ© durant la journĂ©e, uniquement le soir. Au premier point d’assistance (Champex, 55e km), j’ai littĂ©ralement TOUT changĂ©: short, t-shirt, chaussettes, culottes, brassiĂšre. C’Ă©tait d’ailleurs assez compliquĂ©. On est entourĂ©e de mecs qui eux… bah hop, mais toi, vas-y pour changer la brassiĂšre. Mais je le voulais car je souhaitais repartir « à neuf » pour la nuit qui m’attendait. C’Ă©tait plus moralement que physiquement. Hormis la transpiration de la journĂ©e, il n’y avait pas de raison particuliĂšrement pour changer le soir. Contrairement Ă la Saintelyon oĂč se changer Ă©tait plus une question de « survie » pour continuer la course sans se taper une hypothermie, lĂ c’Ă©tait plus pour me motiver et mon confort.
J’ai aussi changĂ© mes baskets car j’avais des douleurs fantĂŽmes et j’ai cru quand les changeant, elles allaient partir lol. Finalement j’ai remis mes baskets habituelles au point d’assistance suivant. Mais, plus c’est long, plus je vous invite quand mĂȘme Ă prĂ©voir une paire de baskets B surtout si vous ĂȘtes sujet aux ampoules/frottements
Ensuite, je n’ai plus changĂ© de short, mais aux 2 autres points d’assistance, j’ai changĂ© mon top et mes chaussettes. Pour le dernier, j’ai surtout ajoutĂ© des couches (pull+gant) car plus on avançait dans la nuit plus il faisait froid. Mais globalement, la nuit Ă©tait douce, il faisait bon, il ne pleuvait pas. Les conditions Ă©taient idĂ©ales. Je crois vraiment que sur du long (+70/80km) c’est agrĂ©able, si la mĂ©tĂ©o suit, de changer au moins une fois, peut-ĂȘtre juste le t-shirt. Si la mĂ©tĂ©o ne suit pas, il va mĂȘme falloir multiplier les tenues B..C..D pour rester au sec lol

5. Qu’est-ce qui est le plus dur entre Ironman et ton trail de la CCC ?
Tout d’abord, on compare facilement les Ă©preuves de par leur longues. 1 Ironman c’est entre 10-16h d’efforts, donc on va le comparer Ă un trail de 70-80…10km. HonnĂȘtement, le triathlon ET le trail sont 2 disciplines Ă la fatigue vraiment distinctes. Personnellement, je trouve le trail plus dur mentalement et physiquement car c’est « mono sport ». Il faut une concentration du dĂ©but jusqu’Ă la fin alors qu’en triathlon, tu peux poser un peu le cerveau et laisser la machine faire. Il faut ne rien lĂącher, bien penser sa nutrition, gĂ©rer son effort mais c’est sur 3 sports diffĂ©rents, donc mentalement, tu n’as quasiment pas de lassitude.
En trail, c’est UN sport, il tabasse littĂ©ralement sur les articulations. Au final, mĂȘme si le triathlon est plus intense sur le coeur, l’effort est plus diversifiĂ©, moins lassant. En trail, quand on se retrouve face Ă un col de 4-5km oĂč l’on voit les coureurs au sommet, mentalement c’est challengeant, ça donne envie, mais si on a dĂ©jĂ 50-70km, c’est dur.
Donc, oui pour la moi la CCC Ă©tait plus dur que mon ironman (souvenez-vous), physiquement. C’est difficile de comparer les deux mais je dirais que le trail est une discipline plus dure. Cela Ă©tant dit, ce n’est parce que vous faites un trail de 50km que l’on peut boucler un Ironman, car mentalement, ça reste des efforts LONGS avec BEAUCOUP de gestion d’effort afin de boucler chaque discipline ;).
6. Comment ça se passe cÎté dossard ?
L’UTMB et tous les formats proposĂ©s est une course pour laquelle vous devez avoir un minimum de points ITRA que vous rĂ©coltez sur d’autres trails. Par exemple un trail de 20-30km pour 1500/2000m, hop vous engrangez des points. Plus la course est longue, plus il y a du dĂ©nivĂ©lĂ©, plus vous gagnez des points ITRA. Ces points s’ajoutent automatiquement sur votre profil public que vous pouvez gĂ©rer. De plus en plus de trails « longs » exigent des points ITRA pour y participer afin de garantir que vous puissiez les terminer. Personnellement, je trouve cela BIEN car, il est essentiel de se mesurer Ă de plus petites distances avant de s’attaquer Ă plus gros en trail. Comme entre faire un semi et un marathon, la marche semble « facile » thĂ©oriquement, en pratique ça ne l’est pas. C’est pareil en trail, se rajouter 10km et 1500m de D+ ce n’est en rien anodin. Sans parler des dangers de la montagne..
MĂȘme si c’est un systĂšme qui peut paraitre injuste, c’est avant tout pour notre sĂ©curitĂ©.
Enfin, au-delĂ des points, les courses de trail sont trĂšs limitĂ©es en terme de participants (500 parfois !). C’est pourquoi en plus des points, certaines mettent en place des tirages au sort. Plus il y a de demandes, moins il y a de chances d’obtenir son dossard. C’est le cas pour l’UTMB. J’ai la chance d’avoir des dossards presses en tant que « blogueuse ». Ces dossards sont « à part », ils ne retirent pas de chance aux autres participants. C’est un quota attribuĂ© par l’organisation sur chaque course. Ces dossards presses sont attribuĂ©s Ă des gens comme moi, des journalistes mais aussi Ă des sponsors et leurs partenaires tout simplement.
7. Ton moment préférée VS ton moment le plus ? Comment gÚres-tu les coups de moins bien durant cette course ? Mentalement ?
C’est trĂšs difficile de choisir car j’ai divisĂ© ma course non pas en 101km mais en 5 cols, et arriver en haut de chaque col m’apportait une joie intense. Le paysage Ă©tait si beau, le plaisir d’y parvenir, la fiertĂ©. Je mets peut-ĂȘtre le lever soleil un peu Ă part car il reste gravĂ© dans ma mĂ©moire, mĂȘme s’il a prĂ©cĂ©dĂ© MON moment dĂ©testĂ© une fois que le jour Ă©tait lĂ : les hallucinations, impossible d’avancer, la coup de mou pendant 1/2h.. C’Ă©tait dur.
Mentalement, il est important de se fixer des petits objectifs DANS cet objectif global de rejoindre la ligne d’arrivĂ©e. Moi c’Ă©tait ces 5 cols, ces 3 zones d’assistance ET le dernier ravito Ă La FlĂ©gĂšre qui signait la fin de la course, la grosse relĂąche. MĂȘme si physiquement, ça a Ă©tĂ© une galĂšre entre le lever de soleil et l’arrivĂ©e Ă La FlĂ©gĂšre, mes jambes ont Ă©trangement redemarrĂ© pour rejoindre Chamonix. J’ai dĂ©valĂ© la pente.
Il faut juste mentalement ĂȘtre toujours HYPER optimiste, positif/ve et ne pas cesser de se parler dans sa tĂȘte en s’encourageant. Bon ok, quand j’ai eu mes douleurs fantĂŽmes, je me suis questionnĂ©e mais globalement, j’essayais toujours de m’auto-motiver ou de m’engueuler « arrĂȘte d’halluciner ces BOUQUETINS NE SONT PAS LĂ ni le chien d’ailleurs ». Je mets aussi ce coup de mou sur ma nutrition que j’ai trĂšs mal gĂ©rĂ© globalement… je le dĂ©taille aprĂšs.

8. CÎté nutrition
J’ai merdĂ© lol. En trail, j’ai vraiment du mal Ă m’alimenter. Je ne ressens pas la faim et je perds vite la notion du temps (contrairement au triathlon oĂč je mange rĂ©guliĂšrement.) Je m’Ă©tais prĂ©parĂ©e plein de petits sacs pour les points d’assistance avec des aliments que j’adore ou que je sais que je vais avoir envie de manger (ou boire coucou l’Orangina): j’avais des gĂąteaux, une quiche vegan, des chips de lĂ©gumes… Mais j’Ă©tais vite nausĂ©euse, Ă©coeurĂ©e. J’ai mangĂ© ce que j’avais envie, mĂȘme des trucs qui ne me donnent pas envie d’ordinaire: pain fromage genre !. Heureusement que les bĂ©nĂ©voles nous aidaient, nous poussaient : je t’ai mis un peu de pĂątes dans ta soupe.. .va boire du thĂ©, prends des oranges car j’avais tellement du mal lol. Je mangeais ce que mon corps avait envie, mĂȘme si ce n’Ă©tait pas ce que j’avais prĂ©vu.
En plus, sur la CCC, la premiĂšre assistance n’est qu’au 55eme km donc, le sac Ă©tait bien chargĂ©e en ravito et en Ă©quipement pour toute la journĂ©e. Je pense que le matin quand j’ai eu ce coup de moins bien, clairement c’Ă©tait l’accumulation d’une journĂ©e ET d’une nuit avec une alimentation mal gĂ©rĂ©e. Mais clairement, rien ne passait… surtout au beau milieu de la nuit. Mais pareil, je vais bosser ça cet hiver đ
9. Les bĂątons
En parlant de sac lourd ET d’Ă©quipement, j’en avais bien ! Ce n’Ă©tait pas les miens, mĂȘme si j’en possĂšde ET que vous ne me voyez jamais avec (pour cause, je ne sais pas les utiliser). Ils appartenaient Ă Sissi. Tout mon entourage n’a pas arrĂȘtĂ© de me dire d’en prendre. Je n’avais mĂȘme apportĂ© les miens Ă Chamonix. J’ai finalement empruntĂ© ceux de Sissi la veille, trimballĂ© pendant toute la course jusqu’Ă les oublier. Je les ai finalement utilisĂ©s au cours de la nuit en me disant que ça allait me rassurer. Mauvaise idĂ©e, je ne sais toujours pas les utiliser. MAIS, c’est comme la nutrition, cet hiver, je vais faire un effort pour bien apprendre.
10. As-tu eu besoin de charger ta montre ?
Alors, j’ai eu des soucis de montre. J’ai reçu la veille la nouvelle Garmin Fenix 6S (que j’utilise actuellement). Je me suis dit « parfait » car Garmin promet que la montre tienne la batterie sur tout un UTMB. Bon dĂ©jĂ , c’est SI vous faites l’UTMB parmi les 10 premiers lol sinon faut pas dĂ©conner. Sauf que je n’ai pas pu le vĂ©rifier car au moment du dĂ©part, la Fenix 6S n’a pas trouvĂ© le GPS. Je vous en reparlerai en dĂ©tail dans un autre article.
J’ai Ă©tĂ© prĂ©voyante car je n’aime pas partir avec des trucs tout nouveaux. J’avais chargĂ© ma vieille fenix 5S qui elle a trouvĂ© le GPS direct. j’ai donc Ă©changĂ© les montres. Par contre, il a fallu la recharger Ă chaque point d’assistance (3 fois) + 2 fois de mon cĂŽtĂ©. Heureusement elle charge vite. Il fallait prĂ©voir dans le camel le cĂąble et une petite batterie portative… VoilĂ . Garmin organise des stations de chargeur mais arrivent beaucoup trop tard dans la course.
En tous les cas, il faut prĂ©voir de charger votre montre mais aussi les frontales, le tĂ©lĂ©phone… sait-on jamais !

11. Niveau toilettes, pipi caca ça se passe comment ?
L’avantage d’ĂȘtre une femme sur des courses avec seulement 11% de coureuse c’est que pour une fois IL n’y a pas la queue aux toilettes. Non je dĂ©conne, mais au dĂ©part Ă Courmayeur c’Ă©tait pratique ;). Globalement, je me suis arrĂȘtĂ©e faire pipi/caca Ă chaque ravitaillement. J’essayais de me retenir pour faire coincider mes besoins avec les WC dispo (toujours hyper propres, papier toilettes and co). Il n’y a qu’une fois oĂč il a fallu que je fasse une pause. Franchement, j’ai mis 1 ou 2km Ă trouver le perfect spot : personne pour me voir sans trop m’Ă©loigner. C’Ă©tait l’ouverture d’une grotte et j’avais peur qu’une chauve-souris vienne me chatouiller popotin !
Globalement, c’est une galĂšre quand on est une femme en trail de se soulager car, sauf la nuit, on verra nos fesses. Il faut trouver un petit buisson nia nia. Je peux comprendre, dans ce cadre l’utilitĂ© de la « Jupe » en trail… mais non je ne suis pas team jupe en trail lol.
12. As-tu eu envie d’abandonner ? Quelles Ă©motions as-tu ressenties ?
Je n’ai jamais eu envie d’abandonner. Je me suis beaucoup questionnĂ©e intĂ©rieurement quand j’avais des douleurs aux hanches. Prendre la dĂ©cision d’abandonner en trail est complexe car il faut en tous les cas (sauf blessure grave) rejoindre un point de ravito. Globalement, je n’ai jamais Ă©tĂ© « mal »: çÄ allait physiquement, je n’Ă©tais pas dans un super bon jour, j’avais un peu la nausĂ©e mais les conditions Ă©taient parfaites, j’Ă©tais hyper motivĂ©e. Je venais de passer 3 mois Ă me prĂ©parer, je voulais aller au bout.
MĂȘme quand j’avais des petits coups de mou, je me rappelais exactement comment j’en Ă©tais arrivĂ©e lĂ et surtout pourquoi je mettais un pied devant l’autre. C’est facile, on lĂšve les yeux, ces paysages sont si beaux. L’ambiance trail est si belle. MĂȘme de nuit, j’avais de quoi me motiver, me raccrocher: les Ă©toiles, la respiration, les pas de chacun, la musique, les petites lumiĂšres en bas de la vallĂ©e. Je crois qu’Ă©motionnellement, j’Ă©tais dans une grosse bulle de plaisir, d’endorphine, de bonheurs comme un nuage de douceurs mĂȘme si physiquement c’Ă©tait dur, j’Ă©tais bien. Je ne pense que je sois passĂ©e par des Ă©motions opposĂ©es, au contraire, c’Ă©tait un gros nuage. Bien entendu, quand j’ai eu mon coup de mou, j’Ă©tais fatiguĂ©e en colĂšre, je suis sortie de ma course bĂȘtement Ă l’aube, j’aurais dĂ» prendre une pause, me recentrer
J’ai commencĂ© Ă lĂącher mes Ă©motions aprĂšs le dernier point de ravitaillement, La FlĂ©gĂšre, car je savais que j’y Ă©tais arrivĂ©e, que je l’avais fait, mĂȘme s’il restait 8km environ de descente, j’Ă©tais au bout. MĂȘme si j’avais Ă©tĂ© nerveuse, que j’avais un peu doutĂ© de moi-mĂȘme au dĂ©but (et c’est normal, c’est long 101km), j’ai tout relĂąchĂ©, j’ai figĂ© un sourire un peu bĂȘte tellement j’Ă©tais heureuse, sur mon nuage. C’Ă©tait dur, je pleurais un peu Ă chaque fois que je croisais des randonneurs remontĂ©s et fĂ©liciter tous les participants. Puis l’arrivĂ©e Ă Chamonix en dĂ©but de matinĂ©e, toutes ces fĂ©licitations, bien sĂ»r que je pleurais lol Matthieu qui m’encourageait sur les derniĂšres lignes droites, les applaudissements, comment ne pas ĂȘtre heureuse. Rien qu’en Ă©crivant ces mots, je sens encore toutes ces Ă©motions m’envahir. RIen que pour toutes ces Ă©motions, cette ambiance unique, ces paysages, ces 24h juste en train de profiter de la montagne, de vivre une expĂ©rience unique avec d’autres passionnĂ©s, je le referai.
C’est vraiment fou en thĂ©orie, mais en pratique, aprĂšs une bonne prĂ©paration, c’est possible.

Et aprĂšs ?
Je vais continuer dans le trail sur d’autres courses. Je ne vais pas ĂȘtre dans la surenchĂšre, je vais chercher Ă m’amĂ©liorer tout en continuant Ă en prendre plein la vue đ J’aime cet univers, mĂȘme si je me tape certains commentaires nĂ©gatifs sur ma performance, je m’en fiche, je suis dans les barriĂšres horaires. Mon objectif Ă©tait de finir ce 101km et le partager avec Matthieu
D’autant plus que j’aimerais montrer Ă quel point les femmes ont leur place dans cette discipline. Sur la CCC on Ă©tait Ă peine 11-15% de femmes, c’est trĂšs peu et ça se ressent (bien sĂ»r les hommes sont adorables hihi !). Mais voilĂ , n’ayez pas peur de vous lancer. J’espĂšre que cette FAQ vous aura plu, n’hĂ©sitez pas Ă me poser d’autres questions en commentaire ou Ă me laisser des suggestions d’articles pour les fois prochaines !
@ trĂšs vite
Bonjour Anne,
Je lis souvent tes articles mais ne prends pas le temps-lĂ de te laisser un commentaire…
Un énorme bravo pour ta course et un énorme merci pour cette faq ! Utile mais aussi motivante et inspirante !
Je nâai pas encore lu ton cr de la ccc, je vais mâempresser de le faire !
Hùte de suivre ton prochain défi
Stéphanie
Merci beaucoup Stéphanie <3 !!
Super cet article ! Merci ! Je ne comprends pas comment tu peux recevoir des commentaires nĂ©gatifs sur ta perf…. Tu es allĂ©e au bout, tu t’es super bien prĂ©parĂ©, c’est Ă©norme comme performance ! Encore bravo Ă toi ! Continue d’ĂȘtre toi mĂȘme et de te faire plaisir, et aussi d’ĂȘtre naturelle et inspirante !
Hello Anne! FĂ©licitations pour ta course, tu es vraiment impressionnante. C’est drĂŽle ce que tu dis Ă propos des ravito car de mon cĂŽtĂ© je suis une grande adepte de fromage mais je n’en mange jamais sur course, ça ne me fait jamais envie. Au passage, il me semblait avoir lu que tu Ă©tais intolĂ©rante au lactose. Ce n’est pas un soucis pour toi le fromage ? Peut-ĂȘtre que certains n’en contiennent pas ?
Encore bravo, et je te souhaite de te régaler ce week-end sur ton Half Ironman!