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Hi,

« ENFIN » vous devez vous dire en lisant le titre. A dire vrai, je suis devenue assez rapide en terme de montage vidĂ©o, mais Ă©crire un article prend toujours le mĂȘme temps malgrĂ© ces dix annĂ©es. Peut-ĂȘtre parce que je suis de plus en plus bavarde 😛  ou que je participe Ă  des courses de plus en plus longues. Ahhh non pas cette fois-ci, au contraire. L’an dernier, je m’Ă©tais lancĂ©e sur la Saintelyon, en sa totalitĂ©…81km. Vous pouvez relire mon compte-rendu par-ici. J’avais dit « plus jamais ». Franchement, qui aime courir dans la boue, sous la pluie, dans le froid et le noir pendant 81km?

C’est difficile de s’imaginer dans ce « chantier » (oui oui j’utilise ce terme), pourtant, nous sommes de plus en plus nombreux Ă  se lancer. L’organisation propose maintenant des formats plus accessibles vous permettant de parcours en relais ou une portion de la course. J’avais fait le relais d’ailleurs comme premiĂšre expĂ©rience mais c’Ă©tait sous la neige. Clairement, une Saintelyon sous la neige est une Saintelyon dans de BONNES conditions comparĂ© Ă  la boue et la pluie. MĂȘme si j’aime dĂ©tester cette course, je dois vous prĂ©ciser que pourtant c’est elle qui m’a donnĂ© confiance pour me lancer sur de plus longues distances en trail.

Alors oui,  pour les puristes, le saintelyon n’est pas « vraiment » un trail, mais je peux vous assurer qu’avec les conditions mĂ©tĂ©os que l’on se tape, la boue, la nuit, il faut un vrai mental pour en venir Ă  bout 😉 Cette annĂ©e, le mental Ă©tait lĂ , mais clairement, je ne vais pas envie de me relancer sur une Saintelyon, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© tester le format « Saintexpress » de 44km. C’Ă©tait plus raisonnable aprĂšs l’annĂ©e chargĂ©e et l’annĂ©e encore chargĂ©e qui arrive.

Dans la video, je vous emmĂšne avec moi tout au long du weekend, sur le salon, mais aussi et surtout pendant la course. Matthieu a mĂȘme filmĂ© un peu comment il s’organisait pour me suivre 😉

J-1:

Cette annĂ©e, je pensais vraiment que les conditions allaient ĂȘtre « moins pires » (et non meilleures lol) que l’an dernier. La mĂ©tĂ©o Ă©tait plutĂŽt clĂ©mente, pas trĂšs froide, pas si pluvieuse que ça Ă  quelques jours de la course. Il devait mĂȘme ne pas pleuvoir durant la nuit. Mais honnĂȘtement, aprĂšs l’annĂ©e chargĂ©e qui venait de s’Ă©couler, je n’avais pas du tout envie de m’engager sur le format long de la Saintelyon. Je remercie donc le « moi » de ce printemps qui a raisonnablement pris un dossard sur la Saintexpress (44km, dĂ©part de Sainte Catherine). Ce que j’apprĂ©cie sur la Saintelyon est cette possibilitĂ© de pouvoir la courir quelque soit son niveau. Il existe toujours un format adaptĂ© Ă  ses envies: relais, 12km…24km ainsi de suite. De plus, je trouve que ça fait un objectif sympa en fin d’annĂ©e pour se motiver Ă  aller courir, notamment en novembre. Je ne sais pas vous mais clairement, moi c’est mon PIRE mois de l’annĂ©e en terme de motivation: changement, d’heure, fin de l’automne, pluie, grisaille, pas encore NoĂ«l…

Bref, aprĂšs Marrakech, c’Ă©tait sympa de retrouver un peu mes parcours d’entrainement trail. RĂ©sultat, je suis arrivĂ©e bien plus sereine Ă  Lyon que l’an dernier: pas de pression sur les km, je pensais mĂȘme pouvoir prendre un peu de plaisir dans cette boue lol. J’Ă©tais si ZEN, que j’ai mĂȘme embarquĂ© Pippa pour son premier weekend en dĂ©placement, en mode supporter. J’ai dormi chez ma marraine qui vit Ă  Lyon et a aussi adoptĂ© un petit chien (Plyne), il y a quelques mois. L’occasion qu’elles se rencontrent, fassent la fiesta pendant que moi je faisais un autre type de fĂȘte dans les bois et la boue.

Le trajet en TGV s’est super bien passĂ©. J’avoue, j’Ă©tais hyper nerveuse que Pippa aboie ou que le passager Ă  cĂŽtĂ© de moi ne soit pas hyper content de notre prĂ©sence. Au final, elle a dormi tout le trajet (moi aussi) et ma voisine, une ado, a fait quelques selfies avec Pippa. MalgrĂ© une peur panique des escalators, nous sommes arrivĂ©es Ă  bon port.

Samedi matin, direction le salon de la Saintelyon, pour faire tour, retrouver la team I-run, Gore Wear et Meltonic, avant de vous rencontrer sur un petit stand. Je n’ai malheureusement pas trop eu l’occasion de le faire en 2019, mais j’ai essayĂ© de me rattraper en fin d’annĂ©e grĂące Ă  l’Ă©vĂšnement Asics x Baya en Novembre et celui-ci. Personnellement, Ă  chaque fois que j’ai la chance d’Ă©changer avec vous, je rĂ©alise Ă  quel point le travail que je rĂ©alise sur le blog, sur le Dubndidu Atelier ou ailleurs a un impact et ça m’encourage forcĂ©ment Ă  continuer. Alors merci Ă  toutes celles et ceux qui ont fait le dĂ©placement pour me faire un petit coucou 😉

Le retrait des dossards est comme toujours trĂšs bien organisĂ©. Pas trop de goodies, c’est le top pour moi. La Saintelyon ne donne pas un dossard mais une sorte de chasuble assez originale mais hyper pratique quand tu as 3-4 couches lol.

L’aprĂšs-midi, comme beaucoup d’autres coureurs, je suis rentrĂ©e me faire au chaud (constater Ă  quel point Pippa et Plyne avait fait la fiesta jusqu’Ă  Ă©puisement dans le jardin de ma tante lol) et surtout faire une bonne sieste. J’ai malheureusement eu l’idĂ©e de regarder la mĂ©tĂ©o et lĂ , c’est le drame. Changement de programme: pluie Ă  partir de 1h du matin, 100% jusqu’au lendemain matin. Bon. J’ai prĂ©vu tout le nĂ©cessaire, mais je pensais vraiment Ă©chapper Ă  l’humiditĂ©. Tant pis, il va falloir redoubler de motivation 😛

Je mets en charge mes 2 frontales (la frontale avec laquelle je cours qui tient normalement le temps de course que je me suis projetĂ©e + une de secours) et zou dodo jusqu’Ă  18h. Je dors hyper bien… oui quand il s’agit de dormir jamais de soucis. En me levant, je prĂ©pare mon camel bag, je prĂ©pare mes gels (Meltonic Miel, Gelee Royale et fleurs de sel) et autres ravitos. Je ne prĂ©vois de donner aucun ravito Ă  Matthieu car globalement, je pense que je n’aurais pas besoin d’assistance. Sur ce type de distance 40-50km, je me dĂ©brouille sans soucis. Il est plus lĂ  pour le cĂŽtĂ© moral en pleine nuit et pour vous faire quelques photos et autres contenus. Je prĂ©pare ma tenue: leggings, sous-couche, couche…et surtout la veste Gore Running pour me tenir au chaud ET au sec toute la course.

Je mange un bon plat de pĂątes, et on quitte Lyon vers 21h pour rejoindre le dĂ©part Ă  Sainte Catherine. Pippa dort profondĂ©ment, donc cĂŽtĂ© encouragement, c’est ratĂ© LOL, Matthieu sera seule. On regarde Ă  nouveau la mĂ©tĂ©o et la pluie est bien confirmĂ©. J’essaie d’ĂȘtre positive: je ne fais pas la SAintelyon en entier, donc ça ne peut pas ĂȘtre pire que l’an dernier, il ne va pas pleuvoir TOUT du long, tu ne fais pas les portions les plus chiantes sur le 44km. POSITIF lol.

L’Ă©quipement que j’avais:

Ma petite astuce niveau Ă©quipement, en outre de mon amour inconditionnellement pour ma veste GOre (je vous en parlais dans cet article), quand il pleut ET qu’il fait froid, je prĂ©fĂšre prendre mes gants de vĂ©lo ! Ils sont plus rĂ©sistants aux intempĂ©ries que ceux pour le running. Ils sont Ă©galement rĂ©sistant au vent 😉 Alors, vous n’aurez pas les mains au sec pendant 8h de pluie, mais vous les aurez plus longtemps qu’avec ceux de running.

23h et des poussiĂšres (de boue):

Nous sommes Ă  Sainte Catherine que je reconnais Ă  peine par rapport Ă  l’an dernier, comme si les 81km en 2018 n’avaient Ă©tĂ© qu’un brouillard lol. Il ne pleut pas encore, il ne fait pas si froid que ça et d’ailleurs, pas mal de coureurs sont en short. LĂ  je me dis: bon ça va ĂȘtre aussi cool que pour le Trail Meltonic, on va glisser un peu dans la boue puis on va vite arriver sur Lyon… Ouais ouais lol

On regarde Ă  nouveau avec Matthieu les zones de ravitaillement oĂč on pourra se voir… puis je pars sur la premiĂšre vague. DĂšs le dĂ©but, je sens que les jambes ne sont pas hyper en forme. Pas grave, je ne suis pas lĂ  pour faire un temps ou un record…mais pourquoi je suis lĂ  ? Bah oui. Je crois qu’en fait, j’aime bien l’ambiance de la Saintelyon, comme si on partait faire la guerre, comme si le temps se suspendait entre Saint-Etienne et Lyon, comme si la nuit tout Ă©tait un peu diffĂ©rent. Je ne vois pas les 12 premiers km passĂ©s. Je passe au premier ravito en pleine nature (je me souviens de lui par contre de l’an dernier car j’y Ă©tais arrivĂ©e quand le jour se levait !). Je suis bien, donc j’enchaine vite car je veux Ă©viter la pluie qui se rapproche. On peut sentir dans l’air que les nuages grossissent, qu’il fait plus sombre, plus humide…

Et bimm il pleuviote un peu, je suis bientĂŽt au 2e ravito Ă  Soucieu en Jarrest avec un peu plus de 22km de course. Il pleut depuis un certain temps mais je suis encore au sec, je n’ai pas froid, je me sens bien, les jambes vont mieux, pas de chute dans la boue… tout va bien quoi 🙂 !

Je discute un peu avec Matthieu sans trop m’attarder. Il me demande s’il peut rentrer Ă  Lyon se coucher et m’attendre pour l’arrivĂ©e …puisque « tout se passe bien ». Il est vrai que l’an dernier pour les 20 derniers km, je lui avais dit aprĂšs Soucieu de ne pas aller Ă  Chaponoste que je pouvais me dĂ©brouiller sur la fin….

J’hĂ©site…tout va bien mais la pluie s’intensifie, les bĂ©nĂ©voles nous disent de faire attention sur la suite du parcours qui s’annonce vraiment « cracra ». Je prĂ©fĂšre lui dire de revenir au dernier ravito avant l’arrivĂ©e (environ 12km avant) et de prendre mon sac d’assistance dont je n’avais pas encore eu besoin.

Et lĂ  les amis….j’ai fait la guerre… ou je suis partie sur un chantier au choix lol. Je n’ai jamais eu et vu autant de boue. La pluie est devenue hyper intense, avec ma frontale, j’avais l’impression d’avoir un rideau d’eau devant mes yeux. Les chemins se sont transformĂ©s en petit ruisseau, la boue montait jusqu’en haut des genoux. Avec les autres coureurs, on en rigolait mais dans le fond, j’avais le coeur qui se serrait un peu en pensant Ă  ceux qui faisait la Saintelyon en entier, ça allait ĂȘtre bien pire dans quelques heures.

Oui, c’est avant le ravito de Chaponost au 33e km (qui semblait ne JAMAIS arriver mais ça… je m’en souvenais lol) je me suis bien demandĂ©e ce que je fichais lĂ . Mais je me suis motivĂ©e en me disant que les 11 derniers km Ă©taient quasiment uniquement sur route ET que j’en avais gardĂ© un souvenir assez prĂ©cis.

Une fois au ravito, je ne fais pas du tout la mĂȘme tĂȘte Ă  Matthieu. HonnĂȘtement, j’aurais pu repartir, manger, boire un thĂ© et zou si j’avais voulu chercher un petit chrono…mais en vrai, je n’avais aucune envie de tester mes limites, tomber malade ou juste ne pas ĂȘtre « bien » sur les 12 derniers kilomĂštres. J’ai pris mon temps, je me suis changĂ©e. J’ai eu du mal Ă  repartir quand je voyais la pluie battante dehors mais a posteriori, je ne regrette pas du tout ce temps perdu si proche de l’arrivĂ©e.

C’est drĂŽle comme les sensations peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes. L’an dernier Ă  ce mĂȘme ravito, je m’Ă©tais Ă  peine arrĂȘtĂ©e, je me souviens que mentalement je me disais « c’est bon 12km c’est rien par rapport au 70 autres dĂ©jĂ  faits ». Ah bah lĂ , les amis, je l’ai savourĂ© ce gymnase !

Finalement, je repars au sec et je ne lĂąche plus rien jusqu’Ă  l’arrivĂ©e. Enfin…non par contre je marche dans les montĂ©es, surtout que l’arrivĂ©e sur Lyon n’est pas si facile. Certes, il y a moins de boue, mais les escaliers, les montĂ©es Ă  8% sur du bĂ©ton sont bien casse-patte. Je ne l’avais pas oubliĂ© ça 😉

Je passe la ligne d’arrivĂ©e et lĂ …. pas de Matthieu. Je me dis…zut je n’ai pas du le voir. Je l’appelle…pas de rĂ©ponse. Je le rappelle et il me rĂ©pond d’une voix toute endormie: « oh mince tu es dĂ©jĂ  arrivĂ©e ! ».  Bah oui LOL. Je l’attends pour qu’il vienne me chercher, je retrouve une amie qui attend son compagnon Ă©galement.

AprĂšs quelques photos, le froid de la nuit m’avale vite. On file chez ma tante… il doit ĂȘtre 5-6h du matin. Je me douche et zou au lit pour quelques heures. Je rĂ©alise que l’an dernier, Ă  la mĂȘme heure, je n’Ă©tais pas bien au chaud mais encore dans la boue et sous la pluie, comme beaucoup d’autres participants.

HonnĂȘtement, j’ai adorĂ© le format de la Saintexpress. C’Ă©tait challengeant, sans trop pousser le bouchon.

J’espĂšre que ce compte-rendu vous plaira, vous donnera peut-ĂȘtre envie de vous lancer sur la Saintelyon mais ne me remerciez pas trop vite de cette bonne…mauvaise idĂ©e lol, attendez la ligne d’arrivĂ©e en 2020. Personnellement, mĂȘme si certains traileurs se moquent un peu de cette course, personnellement, je l’adore. Son dĂ©nivelĂ© n’est certes pas aussi exigeant que d’autres trails, mais les conditions mĂ©tĂ©os ET du parcours sont si rudes (pluie, boue, nuit, froid, humiditĂ©, vent..) rendent cette course hyper interessante mentalement. C’est le format 81km qui m’a donnĂ© confiance en moi pour me lancer sur des distances plus longues en trail. Je me suis dit, j’ai affrontĂ© des heures sous la pluie, dans la boue, la nuit, le froid, trempĂ©e, je peux repousser mes limites en 2019 😉 Et c’est ce que j’ai fait.

Motivé.e pour 2020 ?

@ trĂšs vite

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