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Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je vous retrouve aujourd’hui pour un article un peu “fleuve” Je sais que beaucoup d’entre vous sont nouvelles par-ici ou ne me suivent pas depuis très longtemps (bienvenue au passage). Parfois, lorsque l’on me voit participer à des triathlons, courir des trails, on oublie que moi aussi j’ai un jour débuté.

Moi aussi un jour, je suis sortie de chez moi avec des baskets au pied pour courir… et je suis revenue rouge comme une tomate quelques minutes plus tard, essouflée. Mais je me suis accrochée, j’ai progressé, étape par étape, jusqu’à présent. Pensez à ce titre à relire mon TOUT premier article >>

Parmi ces étapes, vous l’avez compris, il y en a une qui m’a pas mal chamboulée : la fracture de fatigue.

Je vais donc un peu innover : dans la vidéo, je vous explique comment j’ai débuté, le sport, puis chaque étape de mon premier 10km, premier marathon, premier triathlon jusqu’à la préparation de mon premier ironman (qui aura lieu début octobre 2018). J’espère, j’imagine qu’en découvrant mon parcours de zéro jusqu’à présent, vous conserverez votre motivation ;). Nous passons tous un jour par-là ! Ne l’oubliez pas.

Et ici sur le blog, je souhaitais partager avec vous un petit bilan sportif depuis ma reprise après ma fracture de fatigue, il y a un an déjà, ça se passe ci-dessous :

Il y a un an pile poil, je passais l’IRM de contrôle pour vérifier si ma fracture était consolidée (ou pas). Ce mardi-là, j’étais allée nager le matin. J’avais rendez-vous juste à côté de chez moi. J’y étais allée en bicyclette. J’avais, pour une fois, rapidement trouvé le service dans l’hôpital. Depuis ma blessure (marathon de Barcelone >>), j’avais pas mal arpenté les couloirs des hôpitaux. Jamais hyper pratique quand tu es justement en béquilles. Là, j’y venais en marchant tout doucement (vous ne pouvez pas imaginer comment reprendre juste la marche après des semaines de béquilles peut être LONG) mais marcher c’était déjà top.

Je craignais que le radiologue et mon rhumatologue, m’annoncent, qu’en fait, il fallait justement reprendre les béquilles ET encore patienter. Ça faisait déjà 4 mois…. Lorsque finalement, le résultat montrait qu’elle était consolidée, je n’y ai pas trop cru car à vrai dire, j’éprouvais encore de vives douleurs, plus précisément des douleurs très profondes, très sourdes, rien à voir avec une tendinite. J’ai dû demander confirmation, puis moi-même lire le document d’interprétation.

Puis j’avoue, j’ai pleuré.

Honnêtement, reprendre la course à pied n’était pas LA chose qui me manquait le plus.  C’était juste mon indépendance, la vie sans douleurs, sans me dire « oops et si j’aggravais ma fracture ? et si l’os ne consolidait pas ? », la vie sans cette épée de Damoclès. La fracture de fatigue est tellement invisible que….bref. Vous pouvez relire mon article sur ces semaines en béquilles (on prend tellement conscience du manque d’adaptation de notre société à l’handicap :/)

Là c’était fini, je pouvais faire des courses à nouveau seule, tenir début plus de 5min sans sentir mon squelette s’affaiblir… en fait, je pouvais reprendre ma vie que j’avais dû laisser entre parenthèses. Enfin, pas vraiment. J’y avais aussi apporté beaucoup de changement. Il y a pire comme blessure, comme situation, mais la mienne m’a permis de relativiser, de changer.

Je trouve que le changement peut prendre différentes formes. Il peut être bouleversant, comme un orage d’été, mais aussi tout en douceur : on plante les graines, on patiente…puis on récolte. Ma fracture m’a forcée à changer, à planter des graines, à patienter.

Fin 2017 puis 2018: Il était temps de récolter.

C’est là où je veux en venir dans cet article. Que s’est-il passé depuis cette IRM ? Où en suis-je ?

La reprise, août-septembre:

Est-ce qu’elle fut simple ? Non.

Même si la fracture était consolidée, j’ai dû apprendre à vivre avec les douleurs fantômes. Mon rhumatologue m’avait prévenue, mais je n’aurais jamais cru qu’elles puissent autant me jouer des tours, autant être présentes, inquiétantes y compris 1 an après… Comme pour me rappeler, que rien n’est totalement acquis, que notre corps est le plus beau trésor que nous possédons. Il est unique. Nous devons en avoir pleinement conscience pour mieux l’accepter mais aussi le préserver.

Je vous détaille ma reprise dans cet article ainsi que mes conseils pour faire face à ce type précis de blessures >>

Pendant plusieurs mois, j’ai continué à ressentir des douleurs fantômes. Encore aujourd’hui, je suis incapable de distinguer la vraie douleur … de la « fantôme », celle qui est dans ma tête. Il est vrai que j’en parle souvent. Je reviens pas mal sur ma fracture mais je crois que passer d’un marathon à des béquilles, est traumatisant, notamment pour quelqu’un d’actif comme moi, dont le métier réside majoritairement dans le sport. Et non, je ne « dramatise pas ».  C’était dur. Je n’ai pas envie de me cacher à ce sujet, de me priver d’en parler car ça m’a vraiment fait du mal mais aussi changée.

Qu’est-ce qui a changé justement ?

Dès ma blessure, j’ai forcément tout remis à plat. C’est un processus qui prend du temps: je culpabilisais, je me morfondais puis j’ai réalisé qu’il fallait avancer, même si les premiers pas se faisaient maladroitement et encore en béquilles.

Le Yoga: J’ai suivi une formation d’enseignement au Yoga dès le mois de septembre. Je vous ai partagé au fil des semaines les instructions, les découvertes. Vous pouvez retrouver mon premier article par-ici >>Le groupe, notre formatrice, tout était réuni au bon moment pour moi, pour me sentir en sécurité, pour reprendre confiance en moi, reprendre l’envie de créer, de partager ma passion du sport, de la réalisation de soi, du partage. Je crois que sans cette formation, ces belles rencontres, jamais j’aurais renoué avec toutes ces sensations, cette écoute de mon entourage mais aussi de moi-même. Cette pratique m’apportait et m’apporte énormément au quotidien. Auparavant, je ne lui laissais pas la place qu’elle méritait.

Le trail: Je me suis lancée dans le trail dans le cadre de ma reprise du running (j’en parlais là). Chemins, sentiers, montées, alternances marches-courses. C’était juste parfait pour retrouver de bonnes sensations de course sans me mettre la pression. C’était juste parfait pour tromper mon cerveau, découvrir des paysages et oublier cette douleur. J’ai découvert une discipline qui m’a permis de retrouver le plaisir de la course, du running, ma première passion. Franchement, ce fût long. Ce n’est jamais évident d’accepter la nouvelle « personne ». Il y a des blocages, des douleurs qui resurgissent, des doutes qui nous font ralentir : « si j’étais allée trop loin, trop vite trop tôt ? » Je me suis écoutée: mes sensations, mon corps, ma fatigue. Je crois que je n’ai jamais fait si peu de fractionnés. Avec le trail, je faisais tout au feelings. Courir, faire du sport, me bouger sur mes deux jambes étaient déjà des victoires. Je ne voulais pas trop exiger de moi-même. Effectivement pour progresser en running, je vous l’expliquais souvent, il faut se rentrer un peu dedans, sortir de sa zone de confort. Je n’avais plus envie de ça. Je voulais juste du plaisir, juste me faire du bien à mon rythme. Les chronos c’est cool, mais…. bah en fait maintenant, je m’en fiche. Je ne prends plus de plaisir à tourner en rond sur un stade, à me bousculer pour grappiller quelques secondes sur un temps. Attention, je ne dis pas que je n’y reviendrai pas, mais ce n’est actuellement franchement pas ce qui me fait kiffer lorsque j’enfile mes baskets. C’est pourquoi, le trail est devenu une de mes priorités en 2018 :), je délaisse la route.

Le triathlon: C’est cette discipline qui a sauvé certainement mon moral AVANT la reprise officielle des sports d’impact (surtout la course à pied). J’ai eu progressivement le droit durant la consolidation de nager….faire du RPM…faire du vélo. Certes, je ne pouvais pas courir mais, en travaillant les autres sports, je pouvais rester active, m’épanouir différemment. Je crois que c’est réellement à cette époque que j’ai commencé, aussi, à vraiment AIMER le cyclisme comme un sport à part entière, non pas une corvée entre la natation et la course à pied ;). Je ne suis pas plus forte en pédalant, mais j’ai pu retrouver ces sensations de liberté, de cheveux au vent, paysages qui défilent. Je ne le dirais jamais assez, certes, c’est SUPER BIEN de courir, de se mettre au sport, mais lorsque l’on pratique à une certaine intensité, il devient vite NECESSAIRE de varier ses activités physiques afin d’éviter les blessures. J’ai beau adorer la course à pied, cela demeure un sport d’impact qui peut, à force, abimer les articulations. Cette tri discipline peut être effrayante, mais à dire vrai, une fois qu’on essaie ces sports, on y prend goût.

Les courses….

Après, l’Ironman 70.3 de Vichy, qui m’a redonné pleinement confiance en mon petit corps… j’ai participé progressivement à plusieurs courses:

  • Le challenge 30km de Disney : 30km !! en un weekend. Je n’avais plus fait de telles distances depuis des mois mais avec les déguisements, l’ambiance, les amis, on peut tout faire 😉 !
  • Le semi-marathon de Majorque: du dénivelé, de la chaleur…mais un vrai kiff avec Christelle.
  • Le Raid des Alizées  en équipe, un pur bonheur, avec le paysage et l’ambiance.
  • La Saintelyon en relais, toujours en équipe, mes premiers essais de « trail » (mais pas vraiment). Je me suis tapée, la neige, le froid glacial mais…j’ai adoré. Ce fût mon petit déclic pour embrayer vraiment dans cette discipline en 2018.

C’était en 2017. En 2018, je me suis focalisée sur le Marathon de Los Angeles. Il a bien fallu refaire des fractionnés, des sorties longues. J’étais terrorisée mais j’avais besoin de prendre ma revanche sur cette distance et me prouver que j’en étais capable sans me faire du mal. Honnêtement, la préparation a été dure. Bah oui. Les fractionnés longs, je trainais les pieds, je préfèrais faire du trail, faire des montées et non tourner en rond, faire du plat, du béton. Forcément, lorsque les doutes m’envahissaient du genre « mais pourquoi je fais ça déjà ? », les douleurs resurgissaient.

J’ai décidé de lâcher du lest sur ma prepa…. Et ce fût finalement l’un des plus beaux marathons que j’ai couru, avec oui des douleurs fantômes comme toujours, mais la médaille qui venait effacer 1 an plutôt douloureux. Cependant, j’ai aussi réalisé que j’avais vraiment besoin de m’éloigner de la route, du running. J’adore toujours autant, mais je sais qu’actuellement, je prends plus plaisir à faire du trail, faire du triathlon 🙂 Vous l’avez vu d’ailleurs sur mes réseaux sociaux, mes partages changent.

Alors je ne pourrais pas vous dire qu’après une telle blessure vous retrouverez tous vos chronos, vous serrez exactement à l’identique. Je pense que oui, si vous avez la patience du stade, de l’entrainement, mais moi je ne l’ai pas actuellement. Je retrouve doucement mon niveau en vitesse, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus actuellement. J’ai changé, j’aime découvrir ce qui me plaît, un peu de nouveauté 😉 !

Car en 2018… vous l’avez vu c’est plus de trail, plus de triathlon. Je me suis inscrite sur aucune course sur route et j’ai hâte de vous partager mes « CR ». D’ailleurs, celui sur l’ironman 70.3 d’Aix-en-Provence est en ligne par-ici >>. 

En fait, si je vous écris cet article, c’est pour vous rappeler, que faire du sport c’est bien, écouter son corps, c’est mieux. Je me suis blessée que 2 fois en …8 ans. À chaque fois, j’ai appris proportionnellement à la gravité de ces blessures. Donc l’an dernier, j’ai avalé un volume de connaissances sur moi-même lol. Rien n’est acquis, vraiment. Il faut en avoir conscience dans notre quotidien, y compris dans le sport. Il faut rester humble, se préserver car nous n’avons qu’un corps. Le sport est une très belle aventure… en fait ce sont de très belleS aventureS même. Vivons-les à notre rythme, sans se précipiter. J’insiste car ce qui me chagrine c’est cette soif sans fin aux nouveaux défis toujours plus gros. Personnellement, j’ai appris de la progressivité et c’est ce que je souhaitais vous transmettre aussi.

 Oui pour sortir de notre zone de confort, mais préservez-vous. J’ai appris la patience, l’écoute ces derniers mois. Pas à pas, plaisir et/ou performance, mais sans jamais aller au-delà d’un certain point de non-retour 🙂

J’espère que l’article COMME la vidéo vous plairont. Je suis curieuse de lire, découvrir aussi votre parcours depuis plusieurs mois ou années dans le sport ! Les commentaires sont vôtres.

@ très vite

 

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