Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je reviens avec un petit test d’une basket qui a fait pas mal parler d’elle à sa sortie: la Salomon Index 01. Et pour cause, c’est la première basket de running « prête » à être recyclée de la marque. L’objectif de l’article est de vous partager mon décryptage mais aussi mon avis après avoir couru avec quelques semaines.
Pour info: la paire m’a été offerte par I-run.fr, mais je suis libre sur ma création de contenu et c’est moi qui ai pris la décision de vous écrire un post. En effet, comme je l’ai expliqué dans cet article >> l’industrie du sport est encore à la ramasse quand il s’agit de nous proposer de l’équipement respectueux de l’environnement. La basket est clairement un bastion limite imprenable des matières végétales. Pour cause, il est très complexe de proposer une basket engagée…et performante car une basket de sport ce n’est pas que de l’esthétisme ou de la composition, c’est aussi ce qui vous permet de courir confortablement, longtemps et sans vous blesser. Veja a tenté le coup (j’avais partagé mon test par-ici) et s’est un peu cassé les dents. Certes le modèle est satisfaisant mais pas « performant ». La nouvelle version de la marque devrait corriger ses faiblesses, mais je n’ai pas de retour à vous faire sur ce point.
En somme, peu de grosses marques se lancent vraiment sur le secteur de la basket « écologique ». D’ailleurs, aujourd’hui, ce n’est pas vraiment une basket écologique dont je vais vous parler, juste d’une basket qui se recycle et dont la marque prend en charge cette fin de cycle de vie.

Ah oui car une fois qu’une marque vous a vendu sa paire de baskets, débrouillez-vous pour la recycler une fois qu’elle est immettable. Je précise bien ‘immettable’ car bien entendu, on peut toujours porter une vielle paire de baskets de running pour marcher, jardiner ou en faire don (pensez à runcollect>>), mais cela ne résout pas la question de sa fin de vie et de tous les matériaux synthétiques qu’elle embarque. Les baskets actuelles sont en fibres synthétiques et /ou fibres synthétiques recyclées. Elles sont rarement recyclées car elles trouvent peu ou pas les filières qui pourraient les prendre en charge.
Voilà à peu près où nous en sommes actuellement.
Passons au concept de la Salomon Index.01 : « prête à être recyclée », elle embarque un mesh en polyester recyclé, comme comme des bouteilles en PET ou des déchets de matériaux, (je schématise mais le mesh est le dessus de la chaussure) et une semelle en TPU (matière synthétique donc mais recyclable). Cette mousse est dite, par Salomon, « durable » mais elle n’a rien de durable au sens environnemental mais plutôt au sens de son utilisation afin de lui assurer une « longue vie » et de résister à l’abrasion des routes et l’usure du temps tout simplement.
Donc, pas de matière écologique en soi mais une conception engagée, un peu écologique à 50% (le mesh) et une prise en charge de la marque de cette 2nd vie car à réception, il vous faudra enregistrer la paire… puis une fois que vous lui en avez fait voir du chemins et des kilomètres, vous la renvoyez à Salomon. La marque s’est engagée à la recycler, notamment en chaussures de Ski dans leurs usines en France (pour le marché européen).
En somme, toute la basket est pensée pour simplifier ce processus de recyclage: unisexe, pas de couleurs, une composition simple. Elle peut être rapidement démontée pour être recyclée.

Voilà la théorie… et voici mon avis sur le concept:
OK, il faut le reconnaître, c’est un bel effort de la part de Salomon de proposer une baskets engagée ET d’en assurer tout son cycle de vie, surtout jusqu’à la fin de celui-ci. Aucune marque de sport auparavant ne considérait « la fin de vie » de son produit, là c’est différent. Personnellement, je pense actuellement à la fin de vie de tous ces nouveaux modèles à plaque de carbone qui vont être particulièrement compliqués à recycler. Silence total. Mais revenons à l’Index.01: ce n’est pas une basket « écologique » dans le sens où elle est composée à partir de matières synthétiques, dérivées de pétrole. C’est le cas du polyester qui est THE matière utilisée dans l’industrie du sport, mais qui se dégradent très difficilement, voire pas du tout, dans l’environnement. Il faut donc éviter de les jeter, essayer au maximum de les recycler et surtout allonger leur durée de d’utilisation.
En recyclant le polyester ET surtout en utilisant du polyester recyclé, d’un part, on évite l’utilisation de nouvelles ressources naturelles et l’impact de leur production, d’autre part, on permet de limiter la création de déchets et la pollution grâce à leurs réutilisation ou l’absence de production de polyester. Pour rappel, 30% de la pollution des océans est liée au polyester.
Le débat dans la mode éthique au sujet du polyester recyclé est assez animé. Le polyester recyclé demeure un choix plus éthique car il permet de re utiliser des déchets, notamment ceux issus de l’océan et d’éviter la pollution de créer une. Vous pouvez en apprendre plus à ce sujet par-ici >> Mais, le polyester recyclé est pour le moment la seule solution « durable » (je mets de grosses guillemets)car il n’existe pas encore de réelles solutions dans le sport pour remplacer cette fibre. Vous pouvez en apprendre plus sur la problématique du polyester recyclé par-ici >>
Donc en résumé, Salomon est au max côté mesh en utilisant le polyester recyclé en considérant les matières « engagées » ET performantes qu’il y a sur le marché actuellement. …. En attendant une nouvelle innovation n’est-ce pas 😉
Côté semelle, on est sur du 100% matière synthétique: du TPU dans lequel a été injecté de l’azote. Rien de très naturel, mais Salomon assure le recyclage et surtout s’engage sur la résistance pour que vous puissiez utiliser longtemps vos baskets. C’est aussi un engagement pour le consommateur de « garder » sa paire de baskets dans le circuit.
En résumé, c’est un grand pas à la hauteur de l’industrie du sport, mais encore « pas assez » ambition car c’est un concept. Nous ne sommes pas sur une innovation de matière. Bien sûr rien n’est parfait et je trouve ça déjà génial, d’autant plus que Salomon n’essaie pas de « green washer » cette baskets en la sur-vendant. L’argument est clair: c’est une paire prête à être recyclée et qui aura un suivi, dont le cycle de vie a été réfléchi. Une sorte d’économie circulaire en somme. Il y a d’ailleurs peu de communication sur le mesh en polyester recyclé. Je pense que l’innovation réside dans cette responsabilité produit.



Je trouve ça dommage qu’il faille choisir entre écologie ou compte en banque. Dernièrement j’ai repéré des basket de ville en matières recyclées et elles étaient plus chères que des chaussures en « nouvelle » matière. Pas facile d’être engagé écologiquement parlant quand TOUT coûte plus cher. C’est vraiment dommage…
Sinon rien à voir, mais je salue les photos sans filtre, avec poils et peau pas lisse #lavraievie
Merci Audrey et je te rejoins totalement pour le prix.
Après, tout le marché du running a subi une grosse inflation sur le prix des baskets, 200 euros çå reste parmi les plus chères mais dans la tranche « habituelle » malheureusement des nouveaux prix ;(