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Hi,

J’espĂšre que vous allez bien ? L’Ă©tĂ© est enfin lĂ  et pour moi cette saison rime avec montagne, Ă  pied… comme Ă  vĂ©lo ! Oui je sais encore un article velo lol. Depuis que j’ai dĂ©butĂ© le vĂ©lo de route, je me suis dĂ©couverte une passion pour les ascensions de col (sur route bien sĂ»r). Mon premier a Ă©tĂ© le Ventoux. Je me souviens de chaque minute de cette matinĂ©e-lĂ  comme si c’Ă©tait hier. Mais ce fĂ»t loin d’ĂȘtre le dernier 😉 puisque depuis, j’ai pas mal enchainĂ© et j’adore ça: que ce soit en Corse (souvenez-vous), ou en Italie (le fameux Stelvio) jusqu’Ă  ma participation Ă  L‘Etape du Tour de France en 2019.. J’adore ça. Je vous avais fait une petite FAQ il y a quelques temps pour rĂ©pondre Ă  vos questions sur le vĂ©lo en montagne, l’entrainement pour se prĂ©parer Ă  avaler autant de kilomĂštre mais aussi de dĂ©nivelĂ© (+4000m!)

Aujourd’hui, je vais spĂ©cifiquement vous partager des conseils pour gravir un col Ă  vĂ©lo, quelque soit ce col de montagne. C’est une expĂ©rience unique, certes exigeante, mais Ă  faire, surtout si vous aimez faire du vĂ©lo pour les paysages (comme moi lol) car vous serrez TOUJOURS rĂ©compensĂ©.e, mĂȘme bien avant d’arriver au sommet en plus !

Je vous avais partagé un petit reel motivant sur instagram, passons aux conseils pratiques et détaillés:

1.Rouler avec un vĂ©lo entretenu et adaptĂ©: Avant toute chose, quand vous n’avez pas roulĂ© ou pas trop pendant la pĂ©riode hivernale, filez faire une rĂ©vision de votre vĂ©lo. N’hĂ©sitez pas Ă  regarder ma video Ă  ce sujet >> Il est essentiel d’avoir un vĂ©lo bien entretenu: des pneus en bon Ă©tat, des freins en bon Ă©tat pour que vous ayez bien confiance en lui, tant dans la montĂ©e que dans la descente. Enfin, quand je parle d’un vĂ©lo adaptĂ©, il est inutile d’acheter un vĂ©lo juste pour gravir des cols. Par contre, il est judicieux de vĂ©rifier votre cassette afin que celle-ci puisse bien vous permettre monter « facilement ». Une cassette adaptĂ©e c’est au moins du 11-30, idĂ©alement du 11-32. Je mets des guillemets car ce ne sera pas facile mais ça ne sera pas bloquant. Une cassette trop petite (comme du 11-28) va tout de suite vous mettre en force dĂšs que le dĂ©nivelĂ© de la route va un peu augmenter. À moins d’avoir les cuisses de Romain Bardet, vous « ne passerez pas ».

Ce changement est vraiment facile Ă  demander/faire au prĂšs de votre magasin de vĂ©lo. Appelez afin qu’il commande la cassette et vous l’installe avant votre sĂ©jour en montagne. Vous pouvez conserver l’autre et la remettre Ă  votre retour ou plus tard (car c’est quand mĂȘme bien sympa ces cassettes lol). Vous pouvez mĂȘme pousser jusqu’Ă  changer le pĂ©dalier si vous faites vraiment beaucoup de vĂ©lo en montagne pour avoir un dĂ©veloppement le plus facile.

NOTE: la cassette est les pignons situés sur la roue arriÚre (ce sont les vitesses en résumé lol)

2. Choisir un col Ă  sa hauteur : Quand j’ai gravi pour la premiĂšre fois le Ventoux, je me souviens des commentaires pas trĂšs sympa de cyclistes. J’Ă©tais « passĂ©e par le cĂŽtĂ© facile ». Le Ventoux a 3 faces, 2 plutĂŽt difficiles et 1 un peu plus facile…mais les 7 derniers km sont les mĂȘmes, ils sont trĂšs durs. Peu importait pour moi la face, j’avais gravi mon premier col avec un cassette 11-28 Ă  l’Ă©poque (mon vĂ©lo de triathlon)… et pour un premier, le Ventoux, ce n’Ă©tait pas rien. MAIS on me disait que « c’Ă©tait facile par lĂ  oĂč j’Ă©tais passĂ©e ».

J’Ă©tais dĂ©goutĂ©e car pour moi, ce n’est pas facile. Je me souviens de cette derniĂšre montĂ©e, de la peur de tomber raide sur le cĂŽtĂ© car je n’arriverais plus Ă  pĂ©daler… mais j’y suis parvenue et j’ai dĂ©vorĂ© des bonbons au sommet. J’ai adorĂ© le paysage, j’ai adorĂ© l’ambiance (le Ventoux est une autoroute Ă  cycliste en pĂ©riode estivale lol). Puis, j’ai tout de suite voulu recommencer, peu importe ma vitesse, j’ai dĂ©couvert ce plaisir au fil des kilomĂštres, cette concentration, ce vide total car on cherche Ă  se dĂ©passer Ă  chaque mĂštre. Mais j’ai continuĂ© Ă  voir des commentaires nĂ©gatifs, y compris aprĂšs mon ascension du Stelvio (l’un des cols routiers les plus hauts d’Europe): ahh tu es montĂ©e en VAE non ? tu  as roulĂ© en marche arriĂšre pour mettre autant de temps… ? 

Super…! Alors j’ai envie de vous dire qu’il n’y a pas de PETITS cols il n’y a que des gros cons. Je sais que lorsque l’on dĂ©bute, on s’imagine gravir des cols trĂšs connus mais ils demandent un peu d’entrainement et de pratique. L’idĂ©al est de commencer par des cols plus accessibles : -8km et avec une moyenne de dĂ©nivelĂ© -6% afin de dĂ©couvrir cet effort particulier des ascensions. Elles sont sans rĂ©pit jusqu’au sommet souvent et c’est difficile de faire face quand on dĂ©bute au bitume, au pourcentage, Ă  la difficultĂ©.

Alors faites une petite recherche autour de chez vous et vous serrez surpris.e du nombres de cols accessibles qui n’attendent que vous pour vous entrainer. Je vous conseille d’utiliser le site de col cyclisme que les recense et les dĂ©taille 😉 >>   Et si vous utilisez Strava, ajoutez le segment du col Ă  vos favoris pour obtenir le profil du col sur votre compteur ! Puis, vous pouvez ensuite vous lancer sur des cols plus longs de 10-15km avec un dĂ©nivelĂ© toujours entre 6-7% de moyenne. Etudiez les parcours si ça peut vous rassurer. Mais voila, soyez trĂšs progressifs. Un col est un col, il essentiel d’ĂȘtre fiĂšre de ce que vous atteignez, vous pourrez ainsi aller de plus en plus haut sans jamais vous dĂ©gouter ou vous frustrer.

3. Apprendre Ă  gĂ©rer son effort  en adoptant un rythme rĂ©gulier ET en ne sous-estimant ni dĂ©nivelĂ© ni l’altitude qui peut impacter votre effort. Parfois on peut passer par des phases hyper euphoriques puis ça retombe dans le dur, l’idĂ©e est juste d’ĂȘtre regulier.e. La position assise demeure la plus efficace donc vous n’avez pas besoin de savoir faire la danseuse (sauf en cas de trĂšs fort pourcentage de +10% oĂč ce sera plus facile).  Il est vrai qu’on s’imagine devoir beaucoup rouler en danseuse, ce n’est pas le cas.  Cherchez Ă  poser votre respiration en respirant notamment par le ventre. MĂȘme si musculairement l’effort va ĂȘtre dur, ça va tirer, cĂŽtĂ© respiration et rythme cardiaque, restez la plus Ă  l’aise possible. RĂ©gularitĂ© pour ne rien n’affoler 😉

Pensez Ă©galement Ă  « pĂ©daler-rond ». Il s’agit de coordonner l’action de vos pieds, pendant qu’un pied pousse la pĂ©dale, l’autre la tire, mettant ainsi Ă  profit la force des ischios-jambiers sans interruption. Si votre pĂ©dalage commence Ă  bloquer, descendez d’une dent.

Afin de « mesurer votre effort », sachez aussi que ces routes sont souvent dotĂ©es de bornes kilomĂ©triques vous rappelant le km restant et le pourcentage moyen de dĂ©nivelĂ© du km qui va suivre (c’est le cas en AriĂšge mais aussi dans l’HĂ©rault 😉 et dans certainement plein d’autres dĂ©partements.

4. Hydratez-vous, alimentez-vous, protĂ©gez-vous: On a souvent tendance Ă  s’alimenter en fonction des kilomĂštres qui dĂ©filent sauf qu’en montagne, c’est parfois le dĂ©nivelĂ© qui monte plus vite que le compteur. Il est essentiel de bien vous hydrater, rĂ©guliĂšrement. Ne ratez jamais une occasion de remplir votre gourde et de boire. MĂȘme si vous n’en avez pas conscience, nous sommes naturellement en gestion de nos rĂ©serves d’eau. De fait, on ne boit que trĂšs rarement autant que l’on devrait. Donc si vous tombez sur une fontaine, mĂȘme s’il vous reste de l’eau, faites une pause, buvez remplissez et repartez.

CĂŽtĂ© alimentation, privilĂ©giez les sucres  immĂ©diatement disponibles pour votre organisme. Si vous n’ĂȘtes pas trĂšs aliments solides (ce qui peut se comprendre en plein effort), privilĂ©giez les pompotes, les fruits ou les gels si c’est plus votre goĂ»t. C’est aussi plus facile d’en manger Ă  vĂ©lo Ă  une main ;). Une montĂ©e de col peut durer plusieurs heures et vous faire brĂ»ler beaucoup de calories. Une fringale est vite arrivĂ©e et c’est encore plus Ă  gĂ©rer en montagne :S.

Les barres de cĂ©rĂ©ales ne sont pas hyper utiles PENDANT l’effort mais seront les bienvenues en haut. Pensez Ă  bien vous ravitailler une fois en haut afin de garder une totale luciditĂ© dans la descente (je vous en dis plus sur cette partie-lĂ  aprĂšs).

N’oubliez pas aussi de vous protĂ©ger du soleil qui va taper de plus en plus fort (vous vous rapprochez de lui tout de mĂȘme)… sans parler de la rĂ©verbĂ©ration de la route sur vous. Appliquez vraiment du 50SPF (non le bronzage cycliste n’est pas sexy) et n’oubliez pas de bien en mettre sur le visage, le nez, les lĂšvres les oreilles ET le cou (surtout si vous avez les cheveux courts). Optez pour des crĂšmes rĂ©sistantes Ă  l’eau et Ă  la transpiration (mais respectueuse du corail):

5. Kiffez sans vous comparer : J’en parlais plus haut de commentaires un peu ….frustrant sur mes propres performances. Heureusement, elles ne m’ont jamais Ă©coeurĂ© des cols de montagne. Gravir un col, quelque soit le dĂ©nivelĂ©, le temps passĂ© est ENORME. TrĂšs peu de cyclistes se lancent lĂ -dedans. Laissez de cĂŽtĂ© le chronomĂštre, ne vous comparez pas et apprĂ©ciez votre effort. L’objectif est d’atteindre le sommet, de ne pas se blesser et d’apprĂ©cier la performance que vous ĂȘtes en train de rĂ©aliser 😉 À ce titre, profitez du paysage car vous allez passer justement pas mal de temps Ă  le regarder, autant kiffer sans ruminer sur sa moyenne.

Personnellement, je me fais souvent doubler par des cyclistes en montĂ©e, on s’encourage toujours ! La compĂ©tition est envers vous-mĂȘme. Votre mental va ĂȘtre mis Ă  rude Ă©preuve car vous allez littĂ©ralement avoir la tĂȘte dans le guidon pendant pas mal de temps. Alors zappez cette comparaison ou cette compĂ©tition inutile 😉 KIFFEZ, faites des photos, profitez !

6. N’oubliez pas la descente : La fameuse… Elle peut ĂȘtre terrifiante de par la vitesse ou la technicitĂ© (beaucoup d’Ă©pingles). Je n’ai pas honte de le dire mais je ne sais pas « descendre ». J’ai peur, je stresse. Dans la descente du Stelvio, j’ai mĂȘme fait une petite crise de nerf et de larmes Ă  1,5km de la fin, mais je n’en pouvais plus. Pareil une fois dans le Ventoux par MalaucĂšne : de grossesses rafales de vent, des pentes vertigineuses… MAIS, je m’en fiche, j’ai de bons freins, je suis la Patronne sur mon vĂ©lo alors je descends lentement, Ă  mon rythme, mais au moins je monte. OK je prĂ©fĂ©rais ne faire que monter pour Ă©viter ma terreur des descentes, nĂ©anmoins j’ai acceptĂ© que ça fasse partie du jeu.

Je n’ai donc pas de conseils particuliers. J’apprends petits Ă  petits Ă  mieux me placer en terme de trajectoires, Ă  freiner au bon moment mais la vitesse me fait toujours peur (70km/h parfois ça vous file les jetons!) mais je ne descends pas sur les cocottes lol. Sachez que j’ai pris Ă©normĂ©ment confiance en moi depuis que j’ai des freins Ă  disque qui ont un freinage bien plus efficace que les patins (pas de sur-chauffe non plus !)

Enfin, n’oubliez pas: on va TOUS suer comme des petits cochons dans la montĂ©e en oubliant que nous prenons de l’altitude, que l’air se refroidit et HOP on se fait avoir le jersey trempĂ©. On crĂšve de froid dans la descente. Au Ventoux, vous pouvez avoir 30 degrĂ©s Ă  BĂ©doin puis 8 au sommet. Donc, n’oubliez jamais d’avoir toujours une veste/coupe-vent  avec vous pour pouvoir la mettre lors de la descente si vous partez sur des cols au-delĂ  1000/1500m. À savoir que cette veste peut aussi ĂȘtre votre gore-tex de trail ou de running. Pas besoin d’investir non plus, il faut juste qu’elle puisse facilement se transporter.

7. BONUS cĂŽtĂ© pratique des cols : Personnellement, je prĂ©fĂšre m’Ă©chauffer un peu avant de monter « direct ». 5-10km c’est parfait. Dans le col, je ne fais pas de pause. Je prĂ©fĂšre rouler doucement que devoir m’arrĂȘter… c’est trĂšs dur pour les muscles de repartir d’une part… et d’autre part, vous avez dĂ©jĂ  essayĂ© de dĂ©marrer Ă  vĂ©lo en montrer… c’est doublement dur lol. Quand je le peux, j’essaie d’adapter une bonne trajectoire dans les Ă©pingles (par l’extĂ©rieur oĂč la montĂ©e est bien moins exigeante). Le chemin le plus court n’est parfois pas le plus facile 🙂

J’ai toujours 2 bidons avec moi, le 2nd sert plus souvent Ă  m’arroser mais au moins j’Ă©vite les coups de chaud. Je monte Ă  mon rythme, Matthieu monte souvent plus vite que moi… il prend un peu d’avance, m’attend, revient mais on y arrive ensemble.

Mentalement, c’est peut-ĂȘtre lĂ  oĂč tout se joue. Personnellement, je ne vois pas le col comme un gros bloc de 10..15..20.. voire 30km lol (Coucou le Mont Aigoual!) mais je prends chaque kilomĂštre comme il vient, je l’affronte lui sans penser au suivant. Je garde mon rythme, j’essaie de ne pas trop m’enthousiasmer, de sur-Ă©valuer mon Ă©tat physique. Si jamais je sens que je suis en forme, j’accĂ©lĂšre sur les derniĂšres kilomĂštres mais je suis team « diesel » comme on dit 😉

J’espĂšre avoir fait le tour et surtout rendu le plus accessible possible ces conseils. Le monde du vĂ©lo est parfois un peu strict cĂŽtĂ© vocabulaire, technique blabla. lol L’essentiel est de rouler en sĂ©curitĂ© et de se faire plaisir. À ce titre, n’hĂ©sitez pas et jetez un coup d’oeil Ă  mes parcours favoris autour de Montpellier ou Ă  mon dernier voyage vĂ©lo en AriĂšge oĂč plein de cols vous attendent (avec peu ou pas de trafic routier !).

Et, vous quels conseils donneriez-vous à un.e cycliste qui débute en montagne ?

Bon ride et surtout, kiffez !

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