FAQ : Cyclisme, Velo de route, en Montagne et sur l’Etape du Tour 2019 (avec Matthieu !)

21 août 2019 - Triathlon - 2 commentaires

Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je vous retrouve aujourd’hui pour une foire aux questions spéciale velo de route et plus particulièrement Etape du Tour. Après le compte-rendu de ma course, avec Matthieu, on avait encore pas mal de questions à traiter.

On a profité d’être en Lozère pour vous tourner cette vidéo. Même si vous ne souhaitez pas faire l’Etape du Tour l’an prochain, sachez qu’on parle aussi de nos propres expériences des efforts longs, du cyclisme sur route et de notre matériel 😉

1.L’Etape du Tour côté organisation:

Le prix du dossard: 115 euros à l’ouverture des inscriptions, 135 euros lorsqu’il reste peu de dossards. Après il existe différents packs (photos, navette départ/arrivée…) Comme pour tous les types de dossard, quelque soit le pack, tout part très vite et franchement, ceux avec les navettes sont assez pratiques 😉 puisque le point d’arrivée est souvent assez éloigné du point de départ.

L’inscription est ouverte à tous, femme comme homme, pas de niveau ou de licence. C’est une épreuve totalement mixte contrairement peut-être au Tour de France lol. Le nombre d’inscrits est limité à 15000 mais le jour-J, on était un peu plus de 12000 à vraiment prendre le début.

2. La préparation pour l’Etape du Tour

L’Etape du Tour comme son nom l’indique est VRAIMENT une étape du Tour de France. L’itinéraire proposé est EXACTEMENT ce que vont faire les cyclistes fewapro du Tour de France, on a la chance de faire le même, quelques jours avant qu’il n’arrive à ce stade. Sachez cela dit que l’Etape du Tour, c’est aussi beaucoup d’autres courses dans le monde entier. Je vous invite à visiter le site si l’envie vous guide, ainsi que votre velo, ailleurs qu’en France >>

Dans le cas de la France, sachez que le parcours est

C’est par contre une tradition que cette étape ait lieu en montagne 🙂 ! C’est le plus interessant et le plus challengeant. Mais cela n’est pas accessible à tous les cyclistes malheureusement. Personnellement, j’ai attendu 3 ans avant de me lancer, d’une part, par manque d’expérience. J’ai vu Matthieu SOUFFRIR durant sa première Etape du Tour il y a 3 ans. Le dénivelé, les kilomètres, tout me faisait hyper peur et ne me donnait pas confiance pour prendre mon dossard. Honnêtement, je suis contente d’avoir pris de l’expérience à velo avant de me lancer cette année car ce n’est pas une course que je recommande si vous avez débuté le vélo récemment. Pourquoi ? La combinaison de km (entre 130 et 180km) et de dénivelé rend l’épreuve exigeante, très exigeante car, en fonction de votre niveau, vous vous embarquez pour une course d’au moins 6-7h…voire 10h !

Résultat, niveau préparation, il faut pouvoir encaisser des longues sorties ET des séances avec dénivelé. Quand je parle de dénivelé, je parle de dénivelé de montagne avec du 1500-1900m en l’espace de 30-50km, des km qui vous mènent sur des sommets à 1800, plus de 2000m de d’altitude, là où l’air est plus rare et frais. Pour préparer l’Etape du Tour, il fallait accumuler pas mal de kilomètres (plusieurs sorties longues de 130km au moins, contrairement à la course à pied, en vélo, il faut travailler les kilomètres ET au-delà, vous ne pouvez pas découvrir la distance le jour-j). Enfin, il faut aussi travailler du VRAI dénivelé, non pas que le dénivelé cumulé sur une sortie n’en est pas, mais c’est différent d’enchainer 1500m sur 20km VS 1500m cumulé sur 100km. On travaille ET on vit différemment sur ces kilomètres. Résultat, il fallait aller dans les Alpes ou les Pyrénnées, voire le Mont-Ventoux pour bosser des ascensions de 10-20km avec des % de pente de 7-11% sur plusieurs kilomètres. En outre de travailler les montées, les descentes aussi ne pouvaient être découvertes le jour-J. Cela demande de la technique, une bonne posture, une appréhension des trajectoires. Pour finir, il est important d’habituer son corps à des courses longues pour bien gérer son effort (+5h sur une selle !!!)

Bref, pas mal de boulot et perso, je pense finalement avoir préparé sur 1 an ma participation à l’Etape du Tour en allant rouler en montagne dès l’an dernier 😉 ! Contrairement à la course à pied, on ne perd pas son niveau une fois acquis (Surtout en montagne je trouve).

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3. Pas trop mal aux fesses ?

Et oui, plus on fait du vélo longtemps, plus on devrait avoir mal aux fesses. Je vais vous decevoir peut-être mais, un peu comme la course à pied, quand on débute on a rapidement mal aux pieds puis, plus on court loin, plus on s’habitude, moins on a mal aux pieds. C’est pareil à velo. Au début, on a mal, puis on s’habitude. Personnellement, je n’ai que rarement mal aux fesses. D’une part car je me suis habituée à force de sorties longues à garder LONGTEMPS les fesses sur la selle et d’autre part car je porte de bons cuissards qui m’empêchent justement d’avoir trop mal aux fesses. À l’inverse, si vous avez rapidement mal aux fesses à velo, c’est qu’il y a un petit soucis.

Pensez à lire mon article pour ne pas avoir mal aux fesses à velo >>

4. Quel vélo utiliser en montagne ? quel équipement ?

Faire du vélo en montagne, c’est difficile. C’est encore plus difficile si votre vélo n’est pas adapté, par adapté, c’est-à-dire avoir une cassette et un développement adapté pour vous permettre de franchir les % et les cols. Une cassette 11-28 (très courante) sur les vélos de triathlon n’est clairement pas le bon choix en montagne. C’est ce que j’avais en mai quand je me suis entrainé à Annecy (Forclaz et Semnoz)… bah c’était une galère ! Je suis passée en force et en danseuse, sinon le vélo bloquait complètement 0_O

Là, pour la montagne, il vaut mieux une cassette de 11-32 et un braquet de 50-34. Mon velo est un Liv Langma hyper typé montagne, mais ce n’est pas obligatoire, vous pouvez garder votre velo et uniquement changer la cassette pendant que vous vous entrainez en montagne 😉

5. Comment s’entrainer en descente ?

Je ne suis pas une bonne référence car je suis terrorisée en descente. Il est essentiel d’adopter une bonne posture notamment en se mettant en bas des cocottes pour mieux freiner, être plus aérodynamique et mieux appréhender les trajectoires. Cela viendra petit à petit, OU PAS. Personnellement, j’ai peur, je ne me mets pas en bas, j’ai vraiment dû mal mais je le fais quand même car j’aime trop monter et atteindre les sommets 😉 Nerveusement, une descente peut être très longue: concentration, vitesse, trajectoire…et physiquement : freiner, bien se tenir… Moi, ça absorbe toute mon énergie, à cela s’ajoute ma terreur, je peux arriver en bas en pleurant 🙁

Si j’ai un conseil, cela dit, optez pour un velo avec des freins à disque. Vous serrez plus rassurée et aurez plus confiance dans vos freins (VS freins à patins). Pas d’échauffement, meilleur freinage = plus rassurée = vous descendrez bien mieux.

6. Quelle difficulté par rapport un Ironman ou un Trail ?

Il est vrai que, puisque c’est une épreuve LONGUE (on l’a fait en 8h30), vous avez été nombreux à me demander si c’était plus dur qu’un Ironman par exemple (pour rappel, j’ai couru mon premier Ironman en 12h23 !) ou qu’un trail (comme le marathon du Mont-Blanc ?). Même si, c’est long, l’effort est différent. Le velo est un sport porté donc nos articulations ne subissent aucun impact. C’est un point très important puisqu’au bout de cette Etape du Tour, la fatigue est uniquement musculaire. A dire vrai, quand on est en train de faire la dernière ascension, on est fatigué. Je me suis même dit que JAMAIS je ne ferai la route à velo pour revenir à l’hôtel. Puis, j’ai pris un ravito à l’arrivée et on est repartis, fatigués certes, mentalement, pysiquement, mais ça n’avait rien à voir avec un marathon, un Ironman ou un trail de 40-50km.

C’est difficile, c’est fatigant mais je n’avais pas de courbature en descendant du velo, je marchais normalement 😉 (pas en cowboy), j’ai repris ma prépa trail le lendemain sans problème.  Le velo a cet avantage-là de ne pas vous « tuer » même sur de longs efforts. Je crois que, par contre, le velo vous repousse vraiment mentalement: difficile de s’arrêter, ne rien lâcher avec l’équipement..

7. Comment fais-tu pour ne pas t’ennuyer sur d’aussi longue course ? 

Je ne m’ennuie jamais car je suis hyper concentrée sur ma course : gérer mon effort, mon hydratation, ma nutrition mais aussi les autres, surtout à velo. J’écoute d’ailleurs de moins en moins la musique (à velo c’est interdit lol) mais, aussi, je prends beaucoup de plaisir. Il m’arrive souvent de discuter avec les bénévoles ou les autres coureurs. Par contre, je vous avoue qu’en dehors d’un état de course si je devais la même chose… je m’ennuierai. Il faudrait que je redouble de motivation !

8. Comment gères-tu les efforts longs et le mental ?

Tout d’abord, je « découpe » mon effort pour qu’il me paraisse moins long. Par exemple pour l’Etape du Tour, je ne voyais pas 135km et 4500m de D+, je voyais 3 montées et 2 descentes. Résultat, au fil de la journée, je devais cocher ces 5 choses pour arriver sur la ligne d’arrivée. L’épreuve me parait moins longue et plus faisable 🙂 ! C’est pareil en triathlon, je ne fais pas UN ironman, je fais UNE séance longue de natation, UNE sortie longue de vélo puis en course à pied 6x7km par exemple. Je divise tout, la montagne est donc moins haute.

Mentalement, çå m’occupe l’esprit, je me concentre que sur UNE chose durant UNE longue épreuve, mais c’est aussi hyper motivant ça. Cela étant dit, je suis allée progressivement sur des efforts longs. Si vous m’aviez dit il y a quelques années que je ferai des efforts si longs, je ne l’aurais pas cru. 4h sur marathon, c’était le bout du monde pour moi, maintenant, je suis habituée à me dire que je pars pour 6…7…8h…10h d’effort.

Enfin, mentalement, j’essaie de m’encourager en me parlant à moi-même et d’imaginer des petites récompenses notamment via les ravitaillements (des Orangina !!) Il faut trouver ce qui vous permet de tenir 😉

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9. Quel est le délai de l’Etape du Tour ? Comment fonctionnent les barrières horaires ?

Le délai de l’Etape du Tour varie chaque année et est fixé sur le départ du dernier SAS. Le délai total était de 12h30. Cela étant dit sur chaque ravitaillement vous aviez des barrières horaires, c’est-à-dire que passer une certaine heure, vous ne pouviez continuer votre course. Peut-être vous l’ignoriez mais ces barrières horaires existent sur toutes les courses, marathon, semi, 10km, triathlon, ironman, trail. C’est normal car ces courses demeurent des compétitions chronomètrées. Il est vrai qu’on ne vient pas tous faire tomber des chronos. Chacun a sa propre motivation mais il faut respecter le temps imparti pour boucler votre course. Tout comme pour le BAC, l’épreuve dure un certain nombre de temps, c’est pareil pour ces compétitions.

Un Ironman a sa barrière horaire (vous ne pourrez pas exemple pas prendre le départ du marathon si vous arrivez après X heures total, vous devez finir la natation en moins de 2h par ainsi de suite). À l’Etape du tour vous aviez un délai total et des barrières horaires. Elles n’étaient pas en pratique « sévère ». Il arrive que certains trails ou triathlon aient des barrières horaires difficiles à respecter. Là ce n’était pas le cas, malheureusement, il a fait très chaud ce jour-là, rendant l’effort plus compliqué et forçant beaucoup de personne à ralentir et à tomber dans le hors délai (ou être stoppée à une barrière horaire). C’est injuste et c’est hyper arbitraire, j’en conviens, MAIS, quand on prend un dossard, on s’engage à respecter ces règles 🙁

10. Impact de la chaleur sur ce type d’épreuve ? Comment gérer ses ravitos ?

L’impact de la chaleur, quelque soit le sport pratiqué, est hyper important. Personnellement, j’avais beaucoup appris à ce sujet durant le Marathon du Mont-Blanc l’an dernier durant lequel, j’ai souffert de la canicule comme jamais (déshydratation, insolation….) Depuis je suis hyper sensible à la chaleur et je fais très attention à BIEN me gérer : rester toujours hydraté, boire plus…boire beaucoup, garder mes extrémités TOUT LE TEMPS mouillés (surtout la tête à vélo).

Pensez aussi à vous mettre de la crème solaire ET couvrez-vous afin d’éviter la brûlure du soleil.

La chaleur et donc la déshydratation peuvent engendrer une perte de 30% de la performance ! Donc clairement, si on n’a jamais fait face à des situations de grosses chaleurs, on peut vite en souffrir ET mal gérer son effort (ainsi que ses réserves d’eau). Là, durant l’Etape du Tour, clairement, ça a été le cas pour beaucoup de monde, et je m’inclus dedans, j’ai mal géré les 10 derniers km aussi.

Forcément, on a consommé énormément d’eau (10-14L !). On s’est arrêtés à chaque ravito ! On a mangé à chaque ravito (un peu moins sur le velo)… N’en sautez pas. Sachez que moi je mange de tout, je bois du pétillant sans problème car je porte un peu moins d’attention à ma digestion à velo (pas d’impact = moins de soucis pour les intestins). Pour vous dire, il y avait de la charcuterie, des gros sandwichs 😉

11. Y a-t-il de la présence féminine sur ces cyclosportives ? comment cela se passe avec les autre cyclistes ?

Bon. Sur l’Etape du Tour nous étions 7% sur 15000 inscrits, je ne sais pas en pratique combien nous étions de femmes à prendre le départ mais, je ne vais pas vous le cacher, on n’était pas hyper nombreuses. Dans mon SAS (12), on l’était un peu plus mais à aucun moment je me suis sentie oppressée par ces messieurs. D’une part parce qu’à vélo, on n’est pas collé-serré comme des sardines, d’autre part, parce que j’étais avec mon mec… donc je me sentais en sécurité. Franchement, contrairement peut-être à la course à pied, l’esprit était bon enfant, pas de gros macho relou (après j’en ai pas croisé mais peut-être que…)

J’ai adoré l’esprit de « sisterhood » entre femmes car à chaque fois que je me faisais doubler par une femme, elle m’encourageait ! On s’encourageait mutuellement et ça, c’était super cool. Les spectateurs avaient aussi tendance à beaucoup soutenir les femmes avec des « oh une femme ALLEZ MADAME !!! » car oui, on n’était pas en majorité quoi !

Cela dit, niveau mec, ils nous respectaient grave, pas de reflexion du genre « tu t’es trompée » ni de jugement, au contraire, il flottait un profond respect entre chaque participant et pour cause, tout le monde en chiait lol. Je me répète mais, ma vision de bonne ambiance peut être tronquée car j’étais avec mon lieutenant AKA mon copain Matthieu et que, peut-être, les hommes n’osaient rien ? Je ne sais pas mais j’aime à penser que l’ambiance cycliste était VRAIMENT sympa sans misogynie.

Il y a eu cela dit un incident, mais c’est tout à fait personnel ! Je ne supporte pas qu’à vélo on me touche ou on me pousse car, c’est forcément mettre la main près des fesses (bas du dos) ou sur les fesses. Pour moi, c’est un périmètre privé lol et ça ne me rend pas à l’aise à velo que l’on me touche. C’est perso. Bah à 2km de l’arrivée, un monsieur (ça partait vraiment d’une bonne intention), a mis sa main et m’a poussé tout en m’encourageant, en me disant que j’allais y arriver, que j’avais fait le plus dur et que la dernière montée à la flamme rouge passerait comme une lettre à La Poste. J’étais tellement épuisée, que je n’ai rien dit lol, il y a juste Matthieu qui ait intervenu en mode « nia nia moi j’ai pas le droit mais un inconnu oui ». Bah non mais bon ! J’en ris car ça illustre à quel point l’ambiance était COOL.

12. Quelle tenue pour ces longues distances ?

Perso, j’ai pris mon BIB le plus resistant (un Specialized) pour le longue distance. Pensez, si vous faites du vélo en montagne, à prendre une coupe-vent/kway pour la descente. Il fait souvent très froid dans les cols ET dans la descente. Donc, une fois en haut, zou, on l’enfile !

J’espère que cette FAQ vous a plu, vous aidera si vous souhaitez faire l’Etape du Tour ou si vous aviez pas mal d’interrogation sur le velo de route 😉 Si vous avez des idées pour d’autres articles, n’hésitez pas à me les glisser en commentaire

@ très vite

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2 commentaires

  • Repondre lucie 29 août 2019 à 9 h 08 min

    article complet. Merci Anne. je débute le vélo et j’espère un jour graver quelques cols ! 🙂

  • Repondre Emilie 8 septembre 2019 à 11 h 18 min

    salut Anne !
    un jour peut-être je ferais cette cyclo ! je ne suis pas grimpeuse avec mon physique mais plutot sprinteuse/ rouleuse mais… j’espere un jour te croiser sur une cyclo alsacienne, et peut-être faire un bout de chemin ensemble !
    le velo, c’est la liberté.
    a bientôt !