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Hi,

Le voici, le voilà, enfin un retour d’expérience sur ma fracture de fatigue …presque deux mois après ma reprise officielle ainsi que la fameuse IRM de libération…(libérée… délivrée.. OUI je vous écris depuis Disney >>). Plus sérieusement, cette période de « blessure » a été très compliquée pour moi (physiquement, moralement… professionnellement). J’ai préféré digérer la chose pour mieux vous en parler et ce de manière complète aujourd’hui. J’ai reçu beaucoup de questions à ce sujet, et moi–même, j’avais envie de rédiger ce post pour me permettre d’enfin tourner la page sur ma fracture de fatigue 🙂

Qu’est-ce qu’une fracture de fatigue? Comment l’identifier ? 

La hantise du coureur… Cette blessure, par son nom, effraie et il y a de quoi ! La fracture de fatigue, dite également de stress, est une fracture incomplète de l’os, plus proche de petites fissures osseuse majoritairement causée par des contraintes répétées ou d’intensité inhabituelles. Mon rhumatologue aime la décrire ainsi: l’os est comme un toit, la fracture est un toit qui s’est effondré, une fracture de fatigue est un toit abimé, des tuiles se sont envolées, des poutres sont fendues. Il peut s’effondrer si on ne le répare pas rapidement 😉 Vous êtes prévenus.

Le coureur peut souffrir de pas mal de bobos différents, mais la fracture de fatigue, assez méconnue, apparaît comme l’un des plus graves et délicats à traiter. En outre, cette blessure est souvent difficile à identifier. Reconnaissons-le, on arrive vite à repérer une tendinite qui s’installe doucement mais sûrement, mais pour une fracture de fatigue, c’est plus compliqué.

Au début, c’est une douleur uniquement à l’effort mais sur une zone très précise et qui, malheureusement, ne diminue pas à froid. Progressivement, si la pratique de la course à pied n’est pas diminuée ou stoppée, la douleur augmentera pour devenir permanente au repos, pouvant jusqu’à entrainer une boiterie ou l’impossibilité de prendre correctement appui sur le membre concerné. Personnellement, je n’ai jamais souffert de douleurs « sournoises » en amont de ma fracture de fatigue qui s’est déclarée violemment au cours de mon marathon (le fameux à Barcelone). Entre le 28ième et le 30ième kilomètre, j’étais cuite. Chaque corps est différent, c’est pourquoi, surtout en période de préparation intense d’un objectif, il faudra d’autant plus être à l’écoute de vos sensations et douleurs. Sachez que majoritairement, c’est le tibia et les métatarses (os longs du pied) qui sont touchés par des fractures de fatigue en course à pied. Moins fréquemment, le péroné, la hanche, le fémur ou le col fémoral peuvent l’être aussi. Forcément, j’ai choisi l’option la plus délicate : le col fémoral droit éhé 😉

Pour diagnostiquer votre fracture de fatigue, en outre des symptômes, vous devrez passer un scintigraphie qui va permettre de l’identifier exactement. Seule l’IRM pourra donner, par contre, une image précise de la gravité de celle-ci. Potentiellement, on vous fera passer aussi une radio, mais sachez que cet examen se révèle souvent inutile, la fracture de fatigue n’apparaissant pas. Personnellement, j’ai d’abord passé une radio qui n’a rien montré… puis une scintigraphie qui a révélé la fracture de fatigue et enfin l’IRM pour connaître exactement l’étendu de celle-ci. Sachez que parfois, votre médecin n’ira pas jusqu’à l’IRM, puisque, le délai d’obtention d’un rendez-vous est TRES long en fonction des villes et des régions.

Ne culpabilisez pas
On impute souvent l’apparition d’une fracture de fatigue à un surentrainement, à un équipement mal-adapté ou un changement d’entrainement trop soudain pourtant, il est essentiel de vous déculpabiliser. Une fracture de fatigue c’est aussi une fracture de stress. Votre corps supporte aussi tout votre quotidien stressant justement: problèmes familiaux ? au travail ? financiers ? de santé? Peu importe, mais n’oubliez pas d’autres paramètres peuvent rentrer en ligne de compte. Votre entrainement n’est pas fautif à 100%. L’essentiel est, une fois la fracture de fatigue diagnostiquée (ce qui peut prendre quelques temps entre les rendez-vous et examens d’imagerie), de comprendre les causes pour qu’à la reprise vous puissiez reprendre sur des bases saines. Dans mon cas, en outre de problèmes personnels, j’ai découvert également des problèmes hormonaux. Il est bon de savoir que les fractures de fatigue sont plus fréquents chez les femmes (aie aie) justement à cause des hormones.

De plus, comme pour toute blessure, cela permet de remettre TOUS vos compteurs à zéro afin, quand vous le pourrez, repartir sur de bonnes bases 😉

Et quand on souffre d’une fracture de fatigue…que fait-on ? Repos, repos et… Repos
Chaque fracture de fatigue est particulière. Il est important d’écouter les conseils de votre médecin du sport…voire de votre rhumatologue ou médecin physique et de ré adaptation, spécialiste dans le cas de cette blessure. Seuls eux pourront mesurer le temps de repos complet qu’il vous faudra suivre, de décharge (en béquilles certainement ou bottes) et de délai de reprise progressive d’une activité physique. La course à pied, pour rappel le poids est multipliée par 5 lors de la course, sera le sport repris en dernier… il vous faudra accepter de reprendre par des sports en décharge type natation ou vélo. En fonction de la localisation de la fracture de fatigue, vous pourrez certainement continuer à faire un peu de renforcement musculaire voire même les sports en décharge. Mais n’oubliez pas, la PATIENCE dans ce cadre de blessure est la plus importante des qualités. Reconstruisez avec patience et prudence votre toiture pour abriter correctement le champion qui sommeille en vous 😉

Personnellement, je n’ai arrêté totalement le sport que 10 jours après ma blessure. J’ai pu reprendre le renforcement du haut du corps afin de conserver autant que possible ma masse musculaire. Attention, je rappelle que je suis diplômée, je suis aussi entraineur sportif donc je connaissais les mouvements possibles qui ne touchaient ni ne gênaient ma fracture. Puis, dès que j’ai pu, j’ai repris la natation AVEC pull buoy. Ce sport m’a permis de conserver à peu près mon endurance. Enfin, j’ai pu reprendre le vélo d’appartement au bout d’un mois… puis progressivement le vélo de route et le fitness complet.

Les reprises de ces sports se font en fonction de vos sensations. Si vous avez mal… n’insistez pas, vous risquez de retarder votre guérison.

Quels soins ?
Comme toujours, tout dépend du type de votre fracture. Malheureusement, à part respecter la décharge du membre et de limiter votre activité physique, il n’y a pas grand chose à faire. Bien sûr, j’ai lu, j’ai cherché des remèdes de grand-mère. Doit-on se complémenter en CALCIUM ? en FER ? en VITAMINES ? Honnêtement, j’ai juste pris mon mal en patience. J’ai tenté ces petites cures, m’ont-elles aidée ? Aucune idée. Je me suis blessée mi-mars, j’ai pu reprendre mi-juillet = 4 mois de convalescence. Cela peut sonner comme long, mais ma fracture était très mal placée, malheureusement c’était le temps que mon médecin m’avait annoncé au début. J’ai pu découvrir d’autres et avancer dans ma pratique sportive. Je me suis mise à fond au triathlon maintenant lol

Je crois que dès lors que j’ai accepté ma blessure, accepté ce temps que j’allais devoir passer loin de mon sport favori…j’ai commencé à guérir 🙂 Psychologiquement, c’était dur… de « marathonienne » je me suis retrouvée en béquilles, je ne pouvais même pas marcher… alors courir? À ce sujet, pensez à relire mon article 8 semaines  en béquilles >>Pas de glace, pas d’étirements.. en fait à part attendre que l’os se reconstruire, on ne peut pas faire grand chose éhé.

La reprise

PAS DE REPRISE avant un examen type IRM qui stipulera FERMEMENT la consolidation de votre fracture = c’est-à-dire la guérison de celle-ci. Auparavant, il faudra encore et toujours respecter les règles de décharges du membre et de sédentarité =pas de course à pied. Honnêtement, j’avais tellement peur de me re blesser ou de reprendre trop tôt que j’ai observé à la lettre ce point-là. ET MÊME quand j’ai eu la réponse concernant ma guérison, j’ai préféré encore me donner quelques jours ET passer par la case ostéopathe avant de rechausser mes baskets. Et tant mieux, il faut aussi se sentir prêt dans sa tête car, une fracture est aussi un traumatisme bien plus grave qu’une tendinopathie par exemple. L’os…c’est un peu notre moi profond 😉

Bien entendu, 4 mois sans courir laisse des traces. La reprise doit être hyper progressive…alterner marche puis course afin de retrouver ses repères, sa posture, son rythme. De mon côté, les premières séances étaient compliquées, j’avais du cardio, mais mes jambes étaient lourdes, j’avais MAL. La douleur était pour moi un indicateur important à savoir si je devais continuer OU pas. Or….sur une fracture, parfois la douleur peut se révéler fantôme = située dans votre tête. J’ai dû reprendre confiance en moi, j’ai dû insister et apprendre à faire la différence entre mon appréhension ET la véritable douleur lors de ma reprise.. Qui a été au final plutôt rapide puisque j’ai pu recourir mon premier 10km même pas 1 mois après et participer au Ironman 70.3 de Vichy 1mois 1/2 après >>. Attention, je ne dis pas que tout le monde pourra le faire, c’est bien parce que j’avais maintenu tant bien que mal mon niveau et ma forme physique grâce aux autres sports que j’ai pu y parvenir.

De plus, il est essentiel de retourner à la course à pied VRAIMENT par pallier, même si vous vous sentez capable d’en faire plus… un peu plus c’est peut-être un peu trop pour votre os ce jour-là. Alors je me suis écoutée, j’ai grappillé des kilomètres, j’en grappille encore à chaque sortie mais je sais que je suis en train de revenir plus forte bien plus en forme qu’avant ma blessure. C’est un peu la magie et la récompense de ces semaines de patience ;).

Pour conclure:

Cette blessure… n’est que ma seconde en plus de 6 ans de course à pied. Et oui. Et quelle blessure tant qu’à faire ! Elle m’a permise de mettre en pratique TOUTE ma formation d’entraineur sportif en réathlétisation…et j’ai trouvé cela magique d’être mon propre cobaye. Psychologiquement, cette période a été charnière je crois dans ma vie actuelle. Je ne regrette pas ces semaines de galère, car elles m’ont permis d’apprendre sur moi, sur ce que je voulais dans ma vie (ou pas). Alors, je ne vous le souhaite pas, mais OUI une fracture de fatigue est LA hantise du coureur, mais si ça lui arrive, il découvrira quel sportif il est vraiment grâce à ça.

Je pense avoir couvert…toutes les étapes autour de la fracture de fatigue, bien que j’espère que vous n’ayez jamais besoin de lire ce post 😉 Si vous souffrez actuellement d’une blessure, pensez à relire mon article pour y faire face ET continuer le sport >> Enfin, si vous avez des questions ou des commentaires,  n’hésitez pas à les poster 😉

@ très vite et bon dimanche

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