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Hi,

J’espère que vous allez bien en ce joli dimanche ensoleillé ! C’est un peu avec difficulté et le coeur gros que j’écris cet article puisque, comme vous l’avez lu ici ou là, mon troisième marathon ne s’est pas passé comme prévu. Mais aujourd’hui, en publiant mon compte-rendu, ça me permet de mettre un point final sur l’aventure du marathon de Barcelone tout en faisant le bilan, en essayant de comprendre ce qui n’a pas fonctionné et forcément en vous le partageant.

De plus, j’espère que cet article vous sera un jour utile si jamais vous êtes confrontés là même situation. J’espère également répondre à quelques retours plutôt que j’ai eu sur ma course, vous rassurer, vous donner des nouvelles car j’ai été un peu absente, volontairement. ça m’a fait un coup !

Malgré les mésaventures que je vais vous raconter, ma passion pour la course à pied et mon envie de courir des marathons restent intactes. J’ai hâte en fait de pouvoir « prendre ma revanche » sur cette distance. J’ai hâte de pouvoir me reprendre en main et corriger les erreurs que j’ai pu commettre. Personne n’est parfait. moi la première. Cette course le prouve encore mais je suis fière de l’avoir faite. J’apprends encore sur moi, sur ce sport. ça reste magique, dans la douleur et les larmes lol, mais MAGIQUE

Suivez-moi 🙂

J-2 et J-1:

Le vendredi matin très tôt, Christelle, qui m’accompagne, et moi embarquons direction Barcelone où nous attend déjà Anne-Laure (surprise !!!). Je retrouve mon trio favori pour un weekend placé sous le signe du sport, du soleil et des copines.

Dès que nous avons déposé nos bagages dans notre petit appartement Abritel, qui se trouve littéralement à 5min à pied du départ/arrivée/retrait des dossards, on fonce pour que je puisse récupérer le mien et être tranquille avant dimanche. Je tiens encore à tirer mon chapeau à Anne-Laure qui nous a dégoté cet appartement qui idéalement placé.

Le retrait des dossards est hyper bien organisé, tout est prêt dans le petit sac… il faut juste traverser littéralement TOUT le salon running pour obtenir son t-shirt. Mais c’est pas grave, c’est le jeu et puis je dois avouer, j’aime bien voir les stands et les marques runnings d’autres pays. On en profite bien avant de filer bruncher et profiter un peu de la ville.

Petite note: Pour Barcelone, on parle du « Zurich Marathon de Barcelone », Zurich ne fait pas référence à la ville mais donc à la compagnie d’assurance qui le sponsorise. C’est comme le « fitbit » semi de Paris par exemple.

Le samedi nous repassons pour prendre le métro devant le salon… Il y a une queue PHENOMENALE. Donc si jamais vous faites le marathon de Barcelone, venez le retirer tôt le vendredi ou TARD le samedi pour éviter la foule. Bon vous vous en doutez, le soir-même c’est RIZ. Diner franchement pas glamour mais entre copines 😛

Dossard retiré, jolie panoplie ;P Oui je me suis promenée tout vendredi avec mon ballon !

Jour-J:

Je me lève à 5h pour petit-déjeuner … mon plat de riz. Je croise Anne-Laure qui a l’air aussi stressé que moi lol. Non je plaisante. À Paris, j’étais hyper nerveuse (premier marathon), à Brighton, j’étais nerveuse mais beaucoup moins (deuxième marathon). À Barcelone, je n’avais que de l’excitation et l’envie d’y aller, pas de stress. Aussitôt mon assiette terminée, je…me recouche lol. Je ne m’endors pas profondément, je sieste jusqu’à 7h mais ça fait du bien.

Je file à la salle de bain pour me badigeonner de crème Nok anti-frottements. J’hésite entre deux brassières. Même si j’ai testé les deux à l’entrainement, je ne suis plus à l’aise dans celle que j’avais prévue. J’opte pour mon plan B. Je finis de m’habiller. Il fait super beau dehors, le temps devrait légèrement se couvrir mais ouf il ne fera pas aussi chaud que lors de notre arrivée vendredi. Je rassemble mes ravitaillements, programme ma montre, mon téléphone et 8h approche déjà.

Les filles sont prêtes, on est toute excitées. On s’est bien organisées : les ravito, les coucou, les moments où nous allons courir ensemble, le brunch d’après-course, la pédicure bien mérité, la sieste à la plage…. On quitte l’appartement. J’intègre mon SAS gris à 8h15. Le départ était à 8h30. On peut encore papoter avec Christelle et Anne-Laure. On rigole. L’ambiance est déjà au rendez-vous, le ciel est bleu, il fait frais. Je commence à me concentrer un peu mais, je me sens bien, je n’ai pas de boule au ventre ni de stress. Je veux me lancer, je veux appliquer tout ce que j’ai emmagasiné à l’entrainement. Pour moi cette course, c’est la fête, c’est la fin d’une première phase de 2017, entourée de mes amies sous le soleil.

8h30 c’est le départ officiel. Mon Sas doit passer la ligne de départ à 8h45, on remonte doucement la grande avenue vers la place d’Espagne, si majestueuse. Point de départ… et notre point d’arrivée. Je perds un peu de vue les filles mais c’est déjà le moment de partir. Je visse mes écouteurs sur mes oreilles, avant de lancer la musique je m’imprègne de cette ambiance de folie. Le public est au rendez-vous, la musique. Le speaker nous booste tout en traduisant en anglais, en français et en espagnol ses paroles.

8h45, on s’élance… c’est parti pour une longue matinée pour moi.

Départ-18ième kilomètre :

Je n’ai pas étudié le parcours du marathon de Barcelone. Je n’ai pas choisi Barcelone parce que j’y avais une histoire ou quoique ce soit. J’ai choisi Barcelone parce que c’était le sud, parce que l’on m’avait assuré qu’il y avait une superbe ambiance, le soleil, un dossard pas trop cher et que, même si le parcours pouvait être exigeant sur certains passages, il était génial. Rajoutez de superbes amies, une destination visite+shopping = un weekend comme je les aime.

Alors effectivement, on grimpe un peu, mais on descend aussi. Je ne vois pas trop les kilomètres passés. Je respecte le rythme que je me suis fixée. Ma montre perd pas mal le GPS au début… mais wooow toute la ville vibre au fil des kilomètres. J’admire le Camp Nou dont mon copain m’a souvent parlé… la Sagrada Familia. Je choisis toujours de me mettre à l’ombre autant que possible. J’ai quand même un mauvais souvenirs des courses un peu trop chaudes lol. Je m’hydrate continuellement, je bois, je me mouille le corps, le visage.

Les ravitaillements solides ne sont distribués qu’à partir du 15ième kilomètre. Mais j’ai prévu les miens (pâtes de fruits). Puis j’ai la chance d’avoir Anne-Laure et Christelle sur le parcours à qui j’ai confié d’autres ravitaillements supplémentaires. Les gens nous encouragent alors qu’il est encore si tôt. Honnêtement, je n’ai jamais eu une telle ambiance sur une course… !

VENGA VENGA

FUERZA !!

J’aimerais savoir parler mieux espagnol mais wahouuu. On se sent pousser des ailes. Entre 18 et 22 nous faisons un aller-retour sur une avenue (faux-plat montant puis retour sur faux-plat descendant). C’est mon premier « rendez-vous » avec Anne-Laure (coucou!!), elle doit juste me donner une Pom’pote. Je la trouve avant qu’elle me voit, attraper la pom’pote et file pour la revoir au 22ième kilomètre. Je crois qu’elle est plus nerveuse que moi éhé.

18ième kilomètre – 30:

Le temps se gâte sur cette portion, j’ai toujours mes lunettes de soleil et je crains pendant quelques minutes qu’elles vont bientôt me gêner pour le reste du marathon. Je passe le semi en 1h51 comme prévu. Puis… je passe le 22ième kilomètre mais ne trouve pas Anne-Laure… Gloobs, je commence à paniquer. Zut j’ai dû la rater. Je réfléchis en me demandant comment j’ai pu ne pas l’avoir alors que j’étais du bon côté.

Comme pour mes autres marathons, je ne vois pas les kilomètres passer. Il fait beau, je suis les autres, le flux des coureurs. J’ai repéré un monsieur que je suis depuis le début, je le perds parfois mais je le retrouve de visu. Finalement je tombe sur Anne-Laure qui est prête.

Devinez quelle chanson ma playlist lance ? Justin Bieber, Sorry.. Tu comprendras éhé :). Suis toujours dans le bon rythme malgré le ciel tout gris. Elle m’annonce que tout va bien, moi aussi tout va bien. Je suis heureuse de la voir, c’est « ma » première étape avant de commencer « le dur » passer le 30ième. Je fais toujours bien attention à manger, à m’hydrater même si la chaleur nous épargne.

28ième kilomètre. Je suis toujours dans le rythme mais j’ai une douleur qui s’installe en haut de la cuisse droite. C’est assez fulgurant. Je ralentis le rythme mais je n’ai jamais ressenti une douleur aussi intense, aussi rapidement et aussi localisée lors d’une course. J’ai eu des petites douleurs passagères, des crampes mais je dois reconnaître que je suis surprise et rapidement inquiète. Je continue mais la gêne s’intensifie. Je dois marcher quelques secondes, pour finalement m’arrêter avec Anne-Laure. Pour moi, c’est le début infernal de la blessure, même si je ne le comprends pas tout de suite

Je demande à Anne-Laure de prévenir Christelle car à nouveau nous faisons une sorte d’épingle, elle peut nous voir depuis le 30ième de l’autre côté de l’avenue. C’était mon second rendez-vous 30= Christelle. Je lui demande de lui dire que je suis blessée. Je ne suis pas sur à 100% mais ça ne va pas. Je reprends le rythme, je serre les dents jusqu’au 30ième où je laisse la douleur et la panique m’envahir. Rien ne va. Je suis obligée de m’arrêter. On essaie de repartir plusieurs fois avec mes semelles sans mes semelles. Finalement, je préfère qu’Anne-Laure fasse ce que nous avions convenu. Je ne voulais pas qu’elle me voit, qu’elle voit ce qui peut arriver de pire sur un marathon, elle prépare celui de Paris dans quelques semaines.

Je me mets à pleurer mais je dis à Christelle que je veux finir. Je me fais masser par une kiné française qui ne sait pas trop ce que j’ai, mais qui me dit de continuer. J’avais parcouru 30km en 2h41, en respectant quasiment mon allure objective.

30ième kilomètre – arrivée:

Entre 30 et 33, j’alterne course et marche avec Christelle à mes côtés. Mon chrono s’envole littéralement, j’ai les yeux qui fixent ma montre. Je me mets à pleurer sans cesse, à m’engueuler et me demander mais POURQUOI.

De 33 à 41km, nous allons marcher…marcher doucement. Je vais trébucher, je vais m’assoir, je vais pleurer.  Christelle, d’une patience d’or, d’une fermeté, m’aide, m’assiste, me soutient. Je n’ai jamais eu ce sentiment de détresse sur une course. Je n’avais jamais vu non plus tous ces marathoniens dans le dur, ces fins de course où les stands de ravitaillements sont dévastés… On sent que tout le monde attend qu’on finisse pour rouvrir les routes. Je regarde mes pieds, je désespère de voir les kilomètres s’égrainer si doucement. J’essaie de comprendre pourquoi MAIS POURQUOI. La douleur est de plus en plus intense mais je tiens bon. Pas de mur ni quoique ce soit, j’ai totalement conscience de ce que je fais, de ce qui m’arrive. Je répète que c’est un échec, que j’ai dû commettre des erreurs. Je cherche à comprendre. 12km à pieds, en boitant c’est long. Heureusement qu’il y a Christelle.

Les gens nous encouragent, nous poussent, nous motivent, nous boostent mais comment voir ce soutien alors que je suis au fond du seau littéralement. Passé le 38ième kilomètres, j’essaie d’accélérer un peu ma marche. On fait ce que l’on peut. Finalement, Christelle se fait évacuer à 300m de la ligne d’arrivée. Je finis en courant/boitant. Je passe la ligne d’arrivée, je demande de l’aide car je ne tiens pas debout « ayudame » mais personne ne m’aide. Finalement un participant espagnol, me prend en charge et me fait remonter vers les médailles et la zone d’assistance où je peux retrouver Christelle et Anne-Laure. Je déteste cette médaille.

Je finis ce marathon en 5h17, il m’a fallu quasiment 2h40 pour faire les 12km qui me manquaient, soit autant que pour faire les 30 premiers en courant. 

Ce sont des choses qui arrivent. C’était la première fois pour moi, peut-être pas la dernière, on ne sait jamais même si je ferai tout pour cela ne se reproduise plus car la suite a été compliquée. C’est dur pour moi d’écrire cet article car c’est encore tout frais. Je crois qu’en une semaine, j’ai réussi à me retrouver et faire le bilan de cet épisode c’est pourquoi je dois faire le point sur la question suivante:

Quelle est la bonne réaction à avoir face à une blessure pendant une course?
Honnêtement et c’est l’entraineure qui parle: l’abandon. En poursuivant votre effort, vous risquez d’aggraver votre blessure. Sauf que dimanche, ce n’est pas la coach qui courait mais bien la coureuse passionnée qui s’est entrainée plusieurs semaines pour ce marathon, qui en a chié aux fractionnés, qui voulait chercher un record car elle se sentait enfin à l’aise pour, qui a fait tant attention…

Bref, quand tout s’est littéralement écroulé au 30ième kilomètre, j’ai été vulgaire, je me suis insultée, j’ai gueulé, j’ai pleuré, j’ai serré les dents et j’ai dit à Christelle qui me rejoignait et Anne-Laure qui me laissait que j’allais finir point barre. Je n’ai pas rencontré de mur, c’est bien mon corps qui me trahissait. J’étais blessée, subitement. C’était incompréhensible. Courir était impossible, marcher difficile mais j’ai voulu finir malgré tous les signaux qui me disaient STOP.

Abandonner une course est difficile psychologiquement, encore plus courageux finalement que de chercher absolument à la terminer. Je l’ai finie en boitant, en pleurant toutes les larmes de mon corps, en souffrant comme jamais pour un sport qui me passionne et me donne tant de bien-être pourtant. Est-ce que cette médaille… Est-ce que cette arrivée en valait le coup?

Oui malheureusement oui car je suis allée au bout de moi-même pour la chercher. C’est le mental qui a fini. Alors je sais, ce que je vous écris est totalement contradictoire mais au moins, vous le savez si jamais vous devez y faire face. Pesez le pour et le contre, n’écoutez pas l’adrénaline qui vous pousse. Des marathons il y en aura PLEIN d’autres, des dimanches matin à courir aussi. Si vous aggravez votre blessure en voulant finir, vous allez reculer cette échéance. Je suis pourtant une fille prudente et raisonnable pour mon corps, mais là, ces dernières semaines, je ne l’ai pas été et j’ai payé fort le prix. L’abandon n’est ni une honte ni un échec. Terminer est une fierté oui, mais c’est l’égo qui pousse trop. Je suis fière de l’avoir terminé. Je n’ai pas aggravé ma blessure en le faisant, néanmoins, une prochaine fois ma décision sera peut-être différente.

Quid de ma blessure ?
Contrairement à ce que les kinés et médecin locaux m’ont annoncée ce n’était ni une contracture du psoas ni une micro déchirure d’un tendon mais…. une fracture de fatigue du col du fémur. Bon heureusement pour moi, c’est une toute petite fracture de fatigue quasiment invisible après plusieurs examens (scanner, scintigraphie…). Je dois me déplacer en béquilles pendant encore quelques jours et éviter la course à pied et les impacts répétés pendant quelques semaines peut-être plus, peut-être moins. Il faudra que je refasse un examen pour vérifier que mon os s’est bien consolidé avant de pouvoir re courir en toute sécurité.

Est-ce que ça fait mal ? Non à J-7 je n’ai plus du tout mal, je peux marcher normalement mais, le risque si je ne respecte pas les recommandations, c’est que cette fissure se transforme en véritable fracture. Or, vous vous en doutez ce n’est pas une perspective qui m’enchante. Alors REPOS et surtout, on cherche avec mon entourage et mon médecin à mieux comprendre d’où cette fracture est venue puisque je n’ai eu aucun signe avant-coureur.

Comme je le disais dans mon article sur « comment affronter une blessure », elle tombe plutôt bien… elle va me permettre de me remettre en question, de faire le point sur ma pratique, de modifier mes habitudes et surtout de pousser à faire plus de natation et de vélo pour la saison des triathlons qui approche. Oui c’est dur d’être blessée, de ne pas pouvoir courir, mais …. la dernière fois que je me suis blessée, c’était en 2013 !!! 4 ans sans blessure, je touche du bois, c’était plutôt pas mal éhé. Mais je reviendrai dans un autre article sur les détails et comment je gère cette période car je sais que nous sommes nombreux à avoir des bobos, des blessures ;). La vie continue.

Malgré ce qui s’est passé, le marathon de Barcelone était…. wahou. Je vous le recommanderai avec plaisir. Cette course m’apprend énormément sur moi. Je prendrai ma revanche sur ces kilomètres un jour.

En tous les cas, je tenais à vous remercier TOUS pour vos messages, snap, email, commentaires. Votre soutien m’a beaucoup émue, touchée et remontée le moral. Enfin votre soutien encore actuel !! Sans oublier surtout Christelle et Anne-Laure pour quoi j’ai encore du mal à trouver les mots, car je ne souhaite à aucune amie d’être dans la situation dans laquelle je les ai mises <3 <3 MERCI. Et n’oubliez pas, ce n’est pas parce que je vais mettre de côté les baskets de running, je serai toujours là pour vous motiver.

à très vite et bon dimanche

PS: C’est le dernier jour pour participer au concours Gopro sur mon Instagram >>

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