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Hello,

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais voulu être mère. Tout comme une femme peut avoir ce sentiment ancré en elle, cette certitude qu’un jour elle le sera, moi, j’ai toujours su que je n’aurai jamais cette envie. Je n’ai aucun doute là-dessus malgré les années, les réflexions anodines, les allusions lourdes.

Ma mère se moquait souvent de cette affirmation. Je crois que je me souviens plus de ce qu’elle me disait : « Viens, on te fait signer un papier aujourd’hui et on verra dans 10 ans » que de mes opinions d’adolescente rebelle. Je ne me suis jamais vue fonder une famille, je me suis plus projetée dans les voyages et dans les aventures que je voulais vivre, seule… ou en couple, pas plus. Bien entendu, je ne dis pas que l’on ne peut pas partir à l’aventure ET devenir mère, mais dans mes visions, mon approche de ma vie, il n’a jamais été question de faire de la place à des enfants.

Ce n’est donc pas par défi, je n’ai jamais rien signé ni écrit car je n’ai pas à lui prouver que je ne changerai pas d’avis. Ni à personne car j’ai le droit de changer d’avis, même si, plus les années passent, plus mon choix est définitif, et par la force de la nature le deviendra.  (Tictoc l’horloge biologique comme qui dirait !)

Je vais avoir 30 ans cette année. J’aime ma vie, vraiment.. et je sais encore quelle direction je veux lui donner. Elle ne se dirige pas vers un bébé. J’ai envie d’explorer et quand j’écris explorer, je ne veux pas forcément dire partir en voyage (surtout en ce moment), je pense à explorer des activités, des sports, continuer à apprendre, à m’éduquer, à partager… à militer, à écrire. A vivre pour moi. J’ai longtemps cru que c’était égoïste. Maintenant, je trouve juste que c’est normal, que c’est mon droit. Je n’ai pas à me justifier de ne pas vouloir d’enfant. Cela ne fait pas de moi une mauvaise personne.

Il y a quelques années, j’avais écrit mot pour mot sur ce blog que « je n’aimais pas les enfants ». Cette phrase avait choqué. On ne peut pas … dire ça, on ne peut pas ne pas aimer les enfants. C’est absurde. À dire vrai, je ne ressens rien. Je ressens de l’admiration pour les femmes qui deviennent mères. Je comprends l’amour, l’abnégation mais moi, j’en suis incapable. J’apprécie transmettre, je crois même que ce besoin de transmettre fait partie de moi, mais pas sous la forme de la maternité. Je n’ai jamais été une grande fan du babysitting…et même si j’adore mes cousins-cousines, je les adore surtout depuis qu’iels sont grands. Je n’ai jamais joué à papa-maman, je jouais plus à la femme d’entreprise ou à l’écrivaine (oui on peut être écrivaine et maman, mais pas moi)

On m’a aussi dit que cette décision était immature, que je changerais d’avis (en me faisant des clins d’oeil). Je crois qu’au contraire, mon choix est le plus mature que j’ai pris et…très jeune. Je pense qu’il faut une grande clairvoyance pour « savoir ». Savoir que je ne suis pas faite pour ça, que ce n’est pas quelque chose qui me rendra heureuse, que ce n’est pas comme ça que je vois ma vie. Savoir, malgré la pression de la société, la pression des proches, la pression « malgré elles » des amies, des autres mères de notre entourage: « tu verras 😉 ».

Sauf que ce choix n’est pas 100% le mien dans les faits, surtout en étant hétérosexuelle et en couple. Attention, bien sûr qu’un enfant n’a pas besoin d’un papa… ou d’une maman pour être heureux et épanoui, ce n’est pas la question ici 😉 Mais en étant en couple, mon choix a un impact sur mon compagnon. Je ne vais pas écrire pour lui car ça reste son choix à lui.

C’est nébuleux et troublant car je crois qu’il ne sait pas car il ne s’est jamais posé la question. Est-ce que des hommes savent qu’ils seront papa ? Est-ce que les hommes savent s’ils ne seront jamais papa ? Cherchent-ils la parfaite maman ? Ce n’est pas une discussion taboue. Je ne ferai pas d’enfant pour qu’il reste avec moi si lui en veut. Je ne lui demanderai pas non plus ce sacrifice… tout comme j’espère qu’il ne me le demandera pas. C’est tabou cette angle de la question, pourtant dans le choix de notre vie commune, elle se pose à nous deux et se posera encore tant que l’un de nous « ne sait pas »

Car justement, je crois qu’il nous faudrait tous nous interroger sur nos certitudes d’avoir des enfants. Je passe beaucoup de temps à me demander « pourquoi je n’en veux pas » ? Alors qu’au final, mon choix aura très peu d’impact sur ma vie, sur ma personnalité, sur mon entourage….  Ne pas vouloir d’enfant n’est pas un renoncement à quelque chose intrinsèque. Je ne crois pas en ces pulsions de devenir mère à tout prix. J’imagine, pour certaines femmes, que cela se passe comme ça… surtout parce qu’elles savaient déjà qu’elles ont toujours souhaité l’être. Je ne pense pas qu’être mère est naturel, cela s’apprend et parfois, très durement.

A l’inverse, vouloir des enfants a un impact, si ce n’est un tsunami sur notre vie que l’on sous-estime. Ironie de la chose, je me renseigne tellement sur mon absence de désir d’enfant, peut-être plus que des femmes qui veulent des enfants sans jamais avoir questionné cette envie. Pourquoi en voulez-vous ? Souvent quand j’expliquais mon choix, on me rétorquait des raisons tellement absurdes : tu vas mourir seule ! Qui sera là pour s’occuper de toi quand tu seras vieille ? Tu ne transmettras rien ! tu vas rater l’expérience de vie de la femme !!

Mon dieu. Et si il y avait plein d’expériences différentes qu’attendent la …les femmes sans passer par la case maternité ?

Enfin, je ne souhaite pas opposer les femmes entre vouloir ou ne pas vouloir des enfants, mère non mère. Au contraire, je nous vois toutes soeurs et nous nous soutenons dans nos décisions. Tout comme je porte la poussette d’une femme dans les escaliers, l’aide à tenir son bébé lorsqu’elle va aux toilettes dans le TGV, la perspective d’être une bonne tante sans devenir mère ni mamie me rassure totalement. Je ne suis pas un ogre, mais j’aime ma vie sans enfant et pour toujours. J’imagine aussi transmettre sous d’autres formes ici, être la grande soeur si besoin. Mon itinéraire, me rappelle que je n’ai jamais voulu être mère. Je fais la paix avec cette voix qui me hurle de plus en plus fort, que je ne voudrais jamais être mère. Je ne me torture plus de « et si ils avaient raison? ». Je n’ai plus à me torturer de questions « parce que ». Je fais la paix doucement 🙂 je resterai une soeur, c’est bien suffisant.

@ très vite

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