CR Semi-Marathon de Séville 2020: Comment J’ai Battu Mon Record ?

Hi,

J’espère que vous allez bien ? Aujourd’hui j’entame les comptes rendus de 2020 avec celui du semi-marathon de Séville. En octobre dernier, Matthieu et moi avions envie d’aller un peu au sud retrouver le soleil en plein mois de janvier tout en se motivant à préparer une course sur route.

Je n’ai pas fait à proprement parler de semi-marathon « sec » sur route depuis 2017 environ. J’en ai couru dans le cadre de Ironman 70.3 forcément. Cependant, depuis quasiment 3 ans, je me suis désintéressée de cette distance. J’ai fait des marathons, semi et 10km sont totalement aux abonnés absents alors que, il fût un temps, c’était mes courses favorites.

Après, on ne peut pas tout faire, j’ai privilégié les longues distances et les triathlons qui sont difficiles à conjuguer avec une préparation plus courte et rapide. C’est avec ça en tête que Matthieu et moi avions pris nos dossards. Enfin (pour une fois), Matthieu s’est occupé de tout : avion, hôtel, dossard. Je n’ai rien fait.

Dans la vidéo, je vous partage un petit vlog touristique de Séville et une grosse partie bien entendu sur le semi-marathon 🙂

Alors, avant de vous parler de la course en elle-même, je préfère vous re situer tout ça. Matthieu s’est blessé sur le marathon de Berlin … blessure qu’il n’a pas soigné, jusqu’à rendre impossible pour lui la pratique de la course à pied. Résultat, dès début décembre, il m’a dit qu’il ne fera pas la course à fond mais qu’il viendrait me « pacer » (m’accompagner et m’imposer un rythme afin de chercher un record). Au final, quelques semaines plus tard, il a déclaré forfait.

Personnellement, j’avais décidé, après la Saintelyon (souvenez-vous), de lever le pied sur le running (sans mauvais jeu de mot) durant TOUT le mois de décembre. J’ai préféré m’éclater à faire du vélo avec Matthieu que me forcer à courir seule. J’étais un peu fatiguée aussi. Résultat, je me suis dit que j’allais faire une préparation « express » de 4 semaines entre fin décembre et fin janvier.

Sauf, que je dois vous avouer que l’envie de courir et de préparer ce semi-marathon n’est jamais venue. J’ai fait 2 ou 3 petits trucs, une sortie longue de 16km, un micro fractionné en mode « bon allez, au moins tu en auras fait un ! ». J’ai BASHÉ comme dirait Matthieu. L’envie n’y était pas. Je n’avais pas envie de forcé alors que nous étions à peine en début d’année. De fait, on partait à Séville en mode, on va profiter, je vais faire une sortie longue route avec le dossard, ce sera ça de pris pour ma préparation trail. Tant pis pour le record.

Maintenant que je vous ai situé tout ça. Nous revoici le 25 janvier à retirer notre dossard sous la pluie de Séville. Honnêtement ça fait très longtemps que je n’avais pas eu autant de « goodies » avec un dossard : t-shirt, casquette, échantillon lessives, savon, salade de quinoa, canette de coca, soupe au poulet… et j’en passe. On est reparti avec des sacs bien lourds. Bon c’était clairement trop et ça génère beaucoup de gâchis, mais je sais que ça fait encore plaisir à beaucoup de personnes. On a fait des dons de la nourriture que nous ne consommions pas. J’ai conservé les échantillons de lessive et de savon pour les utiliser.

Comme toujours le salon, avait plein de petits stands originaux et colorés mais nous sommes vite repartis car Matthieu voulait aller nager, à défaut de courir.

Je dois dire que nous n’avons rien fait dans les règles car nous avons passé l’après-midi à arpenter les rues de Seville. Nous avons visité le fameux palais Alcazar et ses jardins (de long en large et en travers…) J’avais HYPER mal aux pieds en fin de journée avant que nous allions dans un petit restaurant végétarien où j’ai mangé TOUT sauf des féculents.

Le soir-même, j’ai préparé rapido mes affaires en m’apercevant que je n’avais pas pris mes chaussettes habituelles pour un semi-marathon, que je n’avais pas rechargé ma gelée royale Meltonic… je n’avais que la fin d’un de mes derniers entrainements vélos soit environ 1 gel ½ lol

Mais… mais je me suis couchée tôt : à 22h30 je dormais. Paradoxalement, le matin, je n’étais vraiment pas motivée. J’ai même dit à Matthieu que si ça ne tenait qu’à moi, je resterai au lit car j’avais VRAIMENT la flem. Bon, j’étais levée, habillée, le dossard était accroché, il annonçait une météo pas si exécrable que ça. Matthieu avait loué à l’hôtel un petit vélo pour m’accompagner. Il y avait zéro pression. La veille on avait un peu rigolé quand il me disait que je pouvais faire un sub 1h40… ou viser 1h42 ou 43. Il avait même calculé mon allure et encouragé à la tenir au maximum, puis tant pis pour la fin du semi-marathon. “Vérifie ta montre toutes les 2 minutes” MERCI DES CONSEILS lol

Dimanche matin, il faisait beau… derrière un épais brouillard ! On n’y voyait pas à 10m, ça donnait une atmosphère assez unique dans Séville. Je décide d’aller en trottinant sur la ligne de départ en guise d’échauffement. Matthieu est sur un vélo tout mignon aux pneus à moitié dégonflés. Il m’accompagne jusqu’à l’entrée des SAS, un bisou et zou je remonte doucement les barrières pour trouver l’entrée du mien: 5…4…3…Sub 1h50, Sub 1h45… Olalala Matthieu m’a inscrite dans un SAS sub 1h40. Je rejoins tout de même le SAS 2 et lui envoie vite un texto mi en colère mi paniquée. Personnellement, je n’apprécie pas être gênée par des participants qui se sur évaluent. Et là, bim, je ne suis clairement pas au niveau et je n’ai pas du tout envie de les ralentir. Je me place tout au fond du SAS près des 1h45 en me disant que je les embêterai moins.

Le brouillard se transforme en crachin. Je suis entourée par des coureurs en micro short et petit débardeur. Je me sens comme un imposteur. J’ai mon iphone, mes écouteurs, un bon pull… bon ok je suis en short et j’ai des baskets rose trop classes. Les espagnoles sont tellement cool, ils t’encouragent, s’encouragent. Je sais déjà que, même si je suis là juste en mode “sortie longue”, l’ambiance va être géniale.

Le départ est donné. Je pars tranquillement en me fixant une allure avec laquelle je suis à l’aise. Je peux bien respirer et mes jambes sont légères. Je constate à ma surprise qu’elles répondent bien, mon coeur ne s’emballe pas, je double même quelques participants mais globalement, je suis au même rythme que mon SAS. Je me laisse porter. Bien entendu, je ne me suis pas bien placée dans mon SAS, Matthieu ne m’a pas vue au départ et on ne se verra quasiment PAS durant tout le semi-marathon (LOL)

Je jète des coups d’oeil à la montre qui m’annonce que je suis à -5min/km environ. Je me dis que je peux un peu accélérer. Je me teste, ça va, je rattrape et dépasse le meneur d’allure 1h45. Je suis surprise mais ça me donne confiance alors je conserve ce rythme qui ne me met toujours pas dans le rouge.

Le parcours est globalement plat, quelques faux plats pour les ponts… On se rend de l’autre côté de la rive à Triana où d’un coup, le crachin s’arrête et le soleil d’un coup surgit. Tout va toujours bien, alors je repousse un peu mes limites, j’accélère encore et étrangement, tout est au vert. Je ne sais pas trop l’expliquer mais j’ai l’impression de “voler”, pas de douleurs, pas de gêne, les jambes avancent.

Même si j’écoute ma musique, j’entends l’atmosphère particulière que mette les coureurs eux-mêmes. On hurle dans les tunnels, sur les rives, on se tapote l’épaule. Il y a beaucoup de spectateurs pour nous encourager… alors que le brouillard a encore dû mal à se lever. Les immeubles laissent deviner quelques rayons de soleil, puis d’autres nous ramènent dans la grisaille.

 

Les ravitos sont uniquement en eau. Je mange juste 3 fois un peu de miel pour me booster avant de boire de l’eau. Mais je ne ressens pas de coup de mou et je continue à graduellement accélérer.

Au 12eme km je croise ENFIN Matthieu, il me baragouine des trucs que je n’entends pas. Je n’ose pas imaginer ce qui me dit car je gère bien ma course, je suis rentrée dedans, je vérifie la montre et je maintiens l’allure. Je ne veux pas qu’il me dise que je peux faire X temps. Je ne me suis pas mis de pression, on verra dans quelques kilomètres.

On termine la dernière boucle et on s’engage dans les derniers kilomètres dans le coeur historique de Séville où l’ambiance est folle. Les locaux sont venus nous encourager et ça fait hyper plaisir. J’accélère encore, tout va toujours bien. Je me dis qu’à 18km peut-être que ça va commencer à bloquer, que mes jambes manquant d’entrainement vont me dire ADIOS TU N’AVAIS QU’À FAIRE PLUS DE SORTIES LONGUES

Bah…j’accélère encore et à partir de 18km, j’appuie carrément sur le champignon. J’ai vu le ballon du meneur d’allure d’1h40 à une dizaine de mètre devant moi. Je veux le rattraper, je veux me mettre dans sa foulée. Les rues se resserrent, la foule sur nous aussi et les jambes continuent à me porter plus vite : 4min40″. C’est foufou alors, je me dis tant qu’à faire, rattrape le ce ballon il reste que 3km.

J’appuie sur le champignon, je le rattrape puis je le double. Là, les cuisses commencent à tirer mais il reste moins de 1km, tout est encore au vert, alors je donne un dernier coup d’accélération sur les 800 derniers mètres qui nous font traverser la grandiose Plaza España. Les organisateurs sont des coquins, on doit passer sous 3-4 arches différentes avant de passer sous la bonne, celle de la ligne d’arrivée lol.

Mais j’ai tenu l’allure. Je passe la ligne d’arrivée dans le rouge mais pas autant que je l’aurais imaginé. J’ai arrêté ma montre qui m’annonce 21,39km et 1h38min52. Pouloulou j’ai dû mal à le croire. Je récupère ma médaille, une banane, une couverture de survie, je refuse la bière de fin de course par contre. J’appelle Matthieu qui m’attend exactement là où il m’avait laissé ce matin. Le brouillard est revenu.

Je le retrouve et je lui dis que je n’en reviens pas. Et je vous le dis à vous, même deux semaines après. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais tout allait bien, je me sentais bien, je me suis fait confiance tout en m’écoutant, en écoutant mes sensations pour progressivement accélérer pour chercher ce record ! Mon meilleur temps sur semi était de 1h45 AVEC entrainement.

Imaginez ma surprise. Je suis encore toute excitée et agréablement surprise de mes capacités. J’ai commencé à croire ce que certaines personnes commentaient à mon égard ici ou là : que j’étais LENTE, une randonneuse en trail, pas digne de coacher car pas rapide. Au final, mon corps me sort ce record de nul part.

Bien entendu, je ne vous dis pas que n’importe qui peut sortir un record comme ça, car je ne suis pas arrivée totalement sans préparation. Oui je n’ai fait aucun forme de fractionné depuis des mois, oui je n’ai pas vraiment fait de sorties longues MAIS, je fais beaucoup de vélo, des sorties entre 2 et 3h30 en ce moment, je fais du fractionné en natation et énormément d’endurance fondamentale (en course à pied, comme à vélo). Je crois que la recette magique pour ce record sans “souffrance”, inattendu et de fait, si beau, est l’entrainement croisé, l’endurance fondamentale (aller lentement pour aller vite) le plaisir et l’absence de “pression”.

J’ai pris le départ à reculons, mais j’ai réalisé ma course avec rationalité, je courais pour moi, en m’écoutant moi, en prenant du plaisir pour moi, en jouant avec mes capacités et je suis heureuse de m’avoir fait confiance. C’est aussi un peu grâce à Matthieu qui a cru en moi. Je suis même allée plus loin lol car moi-même, jamais je me serais mise dans le SAS -1h40 !

Cette année 2020, malgré cette météo chelou, a donc très bien commencé. Je conclurai l’article en vous conseillant vivement ce semi-marathon, il est très bien organisé, avec une belle ambiance, un parcours plat MAIS motivant, parfait pour prendre du plaisir ET faire une belle performance 😉

@ très vite

PS: Le carnet de voyage sur Séville arrive demain !

Ne vous arrêtez pas là !

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6 réflexions sur “CR Semi-Marathon de Séville 2020: Comment J’ai Battu Mon Record ?”

  1. Wahou ! Encore bravo Anne pour cette course de folie ! Comme quoi l’entrainement croisé et l’endurance fondamentale ça paie, et c’est ultra encourageant pour des gens comme moi qui sont plutôt team tortue 😉

  2. Félicitations pour ton temps et ton record perso!!
    Personnellement je pense que l’entrainement croisé paye plus que de faire un entrainement basé uniquement course à pied, surtout pour des distances qui commencent à compter.
    Je fais beaucoup de trail mi-longs (30/60km) et je tiens beaucoup mieux la distance quand ma prépa englobe crouse à pied, piscine, renfo et randonnée active. Et cela permet de ne pas tomber dans une monotonie à l’entrainement.

    1. Totalement d’accord. Je crois que l’entrainement croisé est même le plus pertinent dès qu’on allonge les sorties. Il faut se faire confiance 😉

  3. Bravo pour ce record! Tu peux être fière. Pour une tortue tu assures. Certains commentaires sont assez degueulasses et auraient pu te décourager.
    Tu écris dans ton CR que tu n’as pas fait de fractionné mais ceux effectués en natation comptent.
    C’est rassurant de voir qu’il n’y a pas UNE méthode. Qu’il faut s’écouter.
    Encore bravo

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