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Hi,

J’espère que vous allez bien ? Après un nouveau commentaire me demandant si j’étais enceinte sur un de mes posts instagram la semaine dernière, je me suis dit qu’il était temps que je m’attaque à ce sujet épineux. A dire vrai, depuis que j’ai passé la barre symbolique des 25 ans, que j’ai terminé, mes études, que je me suis installée avec Matthieu, mon petit ami depuis de nombreuses années, il ne se passe pas une semaine sans que le sujet, les sous-entendus, la question, ne tombent:

Es-tu enceinte ? Tu nous caches pas quelque chose ? Tu attends un heureux évènement toi ? C’est pour quand ? enceinte ? Emoji femme enceinte ? T’es enceinte ou t’as trop mangé ?

Aujourd’hui, j’aimerais simplement vous expliquer pourquoi il nous faut arrêter de poser cette question ou soulever ces sous-entendus auprès des femmes qui nous entourent ou que nous connaissons, même sous couvert d’humour. Je le fais en video mais aussi directement dans l’article comme toujours 😉

Personnellement, j’ai déjà formulé à plusieurs reprises mon souhait de ne pas avoir d’enfant. Je n’ai jamais ressenti le besoin de me justifier mais je reconnais l’avoir peut-être formulé maladroitement. Je crois profondément qu’il n’y a pas UNE unique manière pour les femmes de s’épanouir, il y en a autant que nous le souhaitons et cela n’implique pas forcément de devenir mère. Nous avons le choix depuis presque 50 ans et ce choix est notre droit à toutes.

Cependant, la société nous met encore une pression folle, et par société j’entends aussi nous entre femmes, notre regard, nos paroles sur nous-mêmes sont parfois les plus sévères. Comme si devenir mère était LE rite de passage à passer dès que nos ovaires sont archi-mûrs, il faut combler le vide de notre utérus. Ding ding ma chérie, passer les 25 ans, l’horloge tourne. Il faut devenir mère, la maternité est une expérience unique, incontournable. Tu ne deviens pas mère tu as raté ta vie. Je grossis le trait, mais si vous saviez tout ce que j’entends dès que j’explique que je ne souhaite pas devenir mère. C’est un choix personnel, j’ai encore dû mal à comprendre comment on peut se permettre d’autant remettre en cause et débattre cette décision, privée et intime. On parle d’avoir un enfant, de s’engager sur la vie, bien plus loin qu’un mariage, qu’une maison alors qu’on en discute comme si c’était la dernière chaussure à la mode. Ce n’est pas un sujet léger ou anodin.

Mais, il est essentiel de comprendre que nos utérus, pendant des siècles, ne nous appartenaient pas. Ils devaient reproduire la lignée de nos maris qui « nous possédaient » comme bien matériel. Maintenant que nous sommes des femmes libres, c’est la société qui se charge de nous rappeler à l’ordre, à ce pourquoi on aurait été mis sur terre car c’est notre instinct maternel, c’est la nature, si tu ne deviens pas mère, qui es-tu ? tu n’es pas entière, tu ne te réalises pas… tu n’es pas une vraie femme…tu finiras seule, aigrie, mal-aimée. Là par contre je ne caricature même pas.

Je résume beaucoup ma réflexion, mais je vous invite à découvrir les deux références ci-dessous qui s’attaquent au sujet :

Je n’ai pas écrit cet article pour débattre d’un sujet bien plus large: la maternité.  Je suis néanmoins très heureuse que la parole des mères se délie notamment sur la charge maternelle, la réalité des mères ou pire, les maltraitances gynécologiques. Non. À dire vrai, le thème est plus léger, plus facile mais permettrait à nous toutes de vivre mieux avec nos utérus, nos ovaires et nos envies, OU NON, d’enfant. Je viens enfin à mon sous-titre:

Pourquoi il faut arrêter de poser cette question (ou tout ce qui a trait)…Es-tu enceinte ?

 

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En novembre dernier, j’ai partagé ce post instagram ci-dessus après un énième débat dans mes commentaires pour savoir si j’étais enceinte ou pas sur une autre photo, le lendemain d’un triathlon XL au passage… Au-delà du fait de me dépersonnaliser totalement, aucun recul n’était pris sur l’impact qu’une telle question pouvait avoir sur moi car oui ce n’est pas une réflexion anodine.

On peut penser, souhaiter, avoir l’intime conviction, espérer pour une amie, une femme mais on ne doit pas l’exprimer. Vous savez pourquoi ? car souvent ce sont vos propres désirs, aussi gentils soient-ils, ils oblitèrent totalement la situation dans laquelle la femme qui vous fait face et qui reçoit votre commentaire ou votre réflexion, se trouve. Je m’explique.

Je conçois totalement que pour beaucoup de femmes, devenir mère est ou serait un pur bonheur. Ce n’est pas mon cas et ce n’est peut-être pas le cas de la personne en face… ou c’est peut-être le cas mais pour X raison, c’est impossible. Mais vous ne pouvez pas le savoir car vous venez d’envahir sans trop y faire attention son intimité car là on parle d’ovaire, d’ovule, d’embryon, d’uterus, d »enfant pour la vie, ce n’est pas léger comme question.

Pas enceinte, juste une jolie salopette en lin qui se porte taille large (encore plus confortable en plus)

Imaginez ces situations:

  • Cette femme est stérile et ne pourra donc jamais avoir d’enfant.
  • Cette femme essaie de tomber enceinte depuis des années mais n’y parvient pas
  • Cette femme vient de subir une énième fausse-couche (car oui ça arrive bien plus que l’on y imagine)
  • Cette femme est effectivement enceinte mais rencontre des problèmes médicaux
  • Cette femme n’est pas enceinte, elle a peut-être des règles douloureuses, des problèmes graves de santé, un ventre enflé après un bon repas.

Même si « on vous a déjà » fait cette réflexion en rigolant, faites ce premier pas et apprenons à être bienveillantes entre femmes et compréhensives. Nos envies ne sont peut-être pas celles des autres, ou elles le sont mais vous êtes juste en train d’enfoncer le couteau dans une plaie très douloureuse qui ne se refermera peut-être jamais et qui, surtout, ne vous regarde nullement.

Arrêtons également de participer à cette société qui ne peut s’empêcher d’objectifier tous les corps des femmes et à scruter nos défauts, scruter nos poils, scruter notre cellulite, scruter nos ventres, nos bourrelets et ces grossesses présumées. Arrêtons de nous brutaliser avec ces questions car oui, je peux vous assurer que lorsque c’est aussi récurent, ça devient juste moralement épuisant. Car spoiler, je ne suis pas enceinte et je n’ai aucun projet bébé.

Pourtant, je continue de poster mes photos, y compris celles où je suis ballonnée car je n’ai pas envie que vous vous imaginiez que je me trimballe h24 avec mes abdos saillant. La réalité est que je mange, j’ai mes règles, je suis ballonnée, j’ai envie de faire pipi, caca quand je prends certaines photos que je poste sur mes réseaux sociaux. Cependant, je n’ai pas envie de participer à cette société de la femme parfaite, j’ai envie que vous voyez un corps qui change au fil de la journée, au fil de mon cycle menstruelle car..c’est NORMAL. Je continuerai car rien que le fait d’avoir des commentaires sur une grossesse 2 jours après avoir fait un trail de 100km, un marathon, un ironman (VERIDIQUE !), démontre à quel point la vision de nos corps de femme est déconnectée de la réalité. C’est une fiction le ventre plat H24. C’est normal d’avoir un bas ventre enflé, c’est normal d’avoir l’estomac gonflé après un repas, c’est normal les bourrelets quand on est assise…Il faut être sincère et normaliser tout cela et non s’imaginer qu’on cache un bébé alors qu’on a juste kiffé les pancakes ce matin ou qu’on a des règles hyper douloureuses.

En tant que femme, l’ironie de la chose, c’est que NOUS le savons, NOUS le voyons bien sur nous-mêmes. Pourtant, nous sommes les premières à être si sévères, si scrutatrices. Je n’ai jamais entendu une femme demandée de but en blanc à un homme « oulah toi tes spermatozoïdes n’ont pas l’air très fertiles » « toi tu as mis une femme enceinte récemment non ? tu rayonnes, ton teint montre que tu es un bon étalon 😉 ».

Sérieux…bah non les hommes, on les laisse globalement tranquille. Faisons de même pour nous et commençons par nous-mêmes. Sans un échange préalable, bannissons de notre vocabulaire ces questions brutales. On peut penser ce que l’on souhaite, mais attentonds, si la personne souhaite en parler, qu’elle décide par elle-même de le faire. Arrêtons aussi le bodyshaming, il y a rien de mal à avoir un joli ventre gourmand. Nous ne pouvons plus rire de ça, j’insiste car nous participons à perpétuer cette pression sociale sur nos corps.

Faisons ce premier pas pour arrêter et éduquons avec patience les femmes qui nous entourent pour répandre enfin une réelle bienveillance sur nos corps… et nos utérus. J’espère que mon article ne sera pas mal pris, j’ai vraiment essayé de mesurer et peser chaque mot car je sais que le sujet demeure délicat. J’adorais lire vos retours et peut-être vos propres expériences si jamais, comme moi, vous avez été ou vous êtes confrontés à la récurrence des ces questions ou allusions 😉 afin que  partager d’autres vécus. Merci

@ très vite

 

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