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Hi,

J’espère que vous allez bien ? J’ai eu dû mal à écrire cet article contrairement à la video. Il y a un an, je vous expliquais un peu mon parcours par rapport à la contraception et notamment pourquoi j’avais décidé d’arrêter la pilule >>. Depuis, je recevais pas mal de questions sur mes règles, comment je gérais… l’ingérable en sport mais aussi, des interrogations plus intimes, plus difficiles à aborder: comment je fais si le préservatif craque ? ai-je dû prendre la pilule demain ? ai-je subi des « accidents » ?

Il me semble que c’est un sujet ENCORE plus tabou que les règles ou la contraception, c’est le fameux « et si » qui nous laisse si seule et face à nous-même, à notre nature de femme, malgré un partenaire qui nous soutient.

Disclaimer avant de débuter cet article: je ne suis ni médecin, ni sage-femme, je ne suis pas habilitée à vous conseiller médicalement. Je ne fais que partager avec vous ma propre expérience. Rien ne remplace une consultation avec un praticien. 

Je vous laisse avec la video ou mon post ci-dessous:

Effectivement, l’unique « barrière » pour ne pas tomber enceinte dans mon couple repose sur le fameux préservatif. C’est assez stressant et c’était LA raison pour laquelle je continuais à prendre la pilule, au-delà du côté masculin « c’est tellement mieux SANS ». Personnellement, je préfère « avec » car je ne supporte pas de sentir du sperme s’écouler de mon vagin pendant plusieurs heures après, y compris malgré une toilette/rafraichissement intime d’après l’acte (hop j’ai mis les pieds dans le plat).

C’est totalement subjectif. Le retour au préservatif m’a aussi permis de ne plus avoir aucune mycose. Déjà mon passage à la coupe menstruelle m’avait bien aidé, mais là, je n’ai plus RIEN depuis des années. Il est interessant de savoir que le sperme déséquilibre le flore vaginale et peut donc causer des mycoses. Je n’aime pas dire que « j’ai de la chance », mais Matthieu, mon compagnon, n’a rien opposé au fait de « revenir au préservatif ». Pour moi, c’est aussi une manière de partager cette tâche de contraception.

Nous ne devrions pas être seulES à l’assumer. Je crois que, malheureusement, peu d’hommes comprennent et assument réellement cette charge. Ils pensent plaisir quand on pense: « et si ? » Au-delà du risque de tomber enceinte, il ne faut pas non plus négliger les maladies sexuellement transmissibles et le papillomavirus dont les hommes sont porteurs « sains » ou asymptomatiques. J’ai cette sensation qu’ils l’ignorent totalement et ne prennent que peu conscience du sexe « sans préservatif ». Bien entendu, au coeur d’une relation longue, il suffit de quelques tests pour écarter ces derniers doutes et si autre contraceptif il y a, de profiter du sexe dans préservatif.

Mais comme je le disais, le préservatif est NOTRE contraceptif. J’écris notre car nous partageons cette responsabilité à deux et mon choix d’arrêter la pilule, m’a finalement permis de sensibiliser Matthieu à ce stress, ces angoisses et ce poids que je tire chaque mois.

99% du temps, tout va bien en fait. Nous n’avons jamais eu de soucis car 99% du temps le préservatif est fiable. Il demeure donc ces 1% que je ne souhaite forcément à personne de subir, mais il arrive.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est bien parce qu’on aborde trop peu ce sujet. On le chuchote quand c’est trop tard, quand on est dans la détresse, la panique à bord. Oui j’ai dû prendre à 3 reprises depuis que je suis en couple avec Matthieu la pilule du lendemain (3 fois sur 12 ans, statistiquement ça va). Ces 3 fois ont eu lieu depuis que j’ai arrêté mon contraceptif, donc sur les 5-6 dernières années.

Je ne trouve pas ce chiffre énorme, mais sur les 3 fois, j’ai subi une expérience différente avec la fameuse pilule du lendemain, un contraceptif d’urgence.

Petit point sur la pilule du lendemain:

Elle agit principalement en retardant l’ovulation afin d’éviter une grossesse non désirée en cas de rapport non ou mal protégé. Ce n’est en aucun cas une pilule abortive : elle ne peut donc pas déclencher d’avortement puisqu’elle n’est plus efficace si la fécondation a déjà eu lieu. Elle est délivrée sous forme d’un comprimé unique, qui doit être pris au plus tôt après le rapport avec un verre d’eau. Il existe deux types de pilule du lendemain :

  • au lévonorgestrel (Levonorgestrel Biogaran, NorLevo) : à prendre jusqu’à 72 heures (3 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé.
  • à l’ulipristal acétate (EllaOne): à prendre jusqu’à 120 heures (5 jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé. Elle est communément appelée « la pilule du surlendemain ».

Attention: La pilule du lendemain ne doit pas remplacer une contraception régulière. Il s’agit vraiment d’un contraceptif d’urgence qui peut se prendre à n’importe quel moment du cycle dans plusieurs situations :

  • après un rapport à risque sans moyen de contraception
  • si vous avez pris la pilule avec un décalage horaire
  • si vous avez vomi ou eu la diarrhée après avoir pris la pilule
  • Suite à un oubli de contraceptif
  • Si vous ne prenez pas la pilule et que vous avez eu un accident de préservatif

En terme d’efficacité, plus la pilule du lendemain est prise rapidement après le rapport à risque, plus elle est efficace (95% si prise dans les 24h). Son efficacité chute à 85 % le 2e jour puis à 58 % entre 48 à 72 heures. Enfin, la pilule du lendemain ne protège pas contre les MST.

Mes 3 cas tombent dans un rapport « mal protégé » ou comment le dire simplement: le préservatif a craqué. La faute à ? pas de chance. Ce n’est ni la faute de Matthieu ni la mienne, malheureusement cela a des conséquences : aller le plus vite possible chez le pharmacien.

Enfin, j’aimerais rappeler que c’est mon choix d’arrêter la pilule et tout contraceptif. J’avais déjà essayé le sterilet cuivre quand j’avais 20 ans, pendant 2 ans, et ça avait été horrible (j’en parle ici).

La première fois, j’avais arrêté mon contraceptif depuis quelques mois et je partais le lendemain en Australie pour quelques semaines. Je partais HYPER tôt le lendemain matin (je devrais le préciser). J’ai donc épluché les infos du terminale CDG pour savoir quand ouvrait la pharmacie de l’aéroport et si elle pouvait me délivrer la pilule du lendemain: BINGO. Nous sommes donc partis plus tôt à l’aéroport. Matthieu m’a déposé avec mes bagages et je suis allée directement chez le pharmacien. J’étais dans le rush, je n’étais pas « en panique » car je savais qu’en prenant si vite la pilule je réduirais mes risques de grossesse non désirés.

Sauf que je n’avais pas prévu l’accueil du pharmacien, ses questions, ses leçons de morale, ses yeux inquisiteurs qui m’ont tout de suite remis les pieds sur terre. Bien entendu, je savais que je ne devais pas le prendre à la légère mais je n’aurais jamais cru me sentir honteuse, sale et bête alors que je demandais justement un médicament pour écarter tout problème à venir. J’avais fait la démarche de venir, j’avais fait le plus dur et il en rajoutait une couche, comme si j’étais frivole et que je venais chercher un bonbon. Je suis ressortie blessée, j’avais ce sentiment horrible d’injustice en moi. Matthieu me soutenait mais je me suis sentie terriblement seule, seule à assumer. Je me suis sentie vulnérable et faible.

Heureusement, on oublie vite car je filais en Australie mais, malgré tout, j’avais ce poids, ce stress. J’étais écoeurée.

La 2eme fois, c’était il y a 3-4 ans, lors d’un voyage en Guadeloupe (là je me suis dit, si ça arrive quand je suis à l’étranger, je suis dans la merde, en passant coucou le stress), après avoir cherché le bout manquant du préservatif (super), on est partis en courant à la pharmacie la plus proche (6km aller-retour), pour acheter la pilule du lendemain. J’ai vécu une expérience totalement différente: une femme, douce, gentille, bienveillante qui m’a juste dit « ce n’est pas grave, ça arrive, vous êtes largement dans les temps, c’est bien d’être venue si vite, pas d’inquiétudes, vous pouvez la prendre ici j’ai un verre d’eau si vous voulez, si vous n’avez pas vos règles, un petit test de grossesse » J’ai été beaucoup moins « traumatisée » ou stressée cette fois-là grâce à cette pharmacienne. Même si Matthieu était avec moi cette fois, dans la pharmacie, je me suis quand même présentée toute honteuse en demandant le plus bas possible « la pilule du lendemain »… C’était payé, pas de demande de carte d’identité, pas de jugement.

La 3eme fois, c’était l’été dernier à une semaine de la CCC, pareil un préservatif qui craque. Je n’ai pas paniqué car j’étais en fin de cycle et j’allais avoir mes règles… sauf qu’on ne sait jamais car  les spermatozoïdes sont des warriors, ils peuvent rester en vous et patienter le moment propice. Sans blaguer. Je n’ai pas oublié ma première expérience alors au lieu d’aller à ma pharmacie habituelle, je suis allée à une un peu plus loin. ça n’a pas manqué. On m’a demandé ma carte d’identité (alors que vous pouvez l’obtenir gratuitement, sans ordonnance et sans le consentement des parents en pharmacie, auprès d’une infirmière scolaire ou dans un centre de planification), le pharmacien m’a de nouveau fait la morale, posé des questions sur ma vie sexuelle… Je n’ai pas bronché, j’ai subi car je voulais JUSTE ma pilule du lendemain ET je ne voulais pas me retaper le même cinéma dans la pharmacie d’à côté. J’enrage encore de ne pas lui avoir cloué le bec mais j’ai eu cette sensation qu’il abusait de ma détresse pour faire passer son message. J’en avais besoin, je préférais laisser passer et partir ensuite. C’est à ce moment-là, dans ma voiture, en avalant la petite gélule que j’ai conservé la boite et que je me suis dit que je voulais en parler sur le blog.

La nature est si injuste dans ce petit jeu de l’amour et du sexe.  Bien entendu que la pilule du lendemain n’est pas un BONBON magique, mais pour avoir un préservatif qui craque il faut être deux, or JE suis la seule à assumer la conséquence: pharmacie > pilule du lendemain > boom dans mes hormones > stress jusqu’aux prochaines règles > décalage de mes règles. Enfin, il est essentiel de rappeler qu’il n’y a pas de risque de stérilité et encore moins de nombre « limite » de prise au cours d’une vie !

D’ailleurs, on m’a justement demandé ce que ça me faisait de prendre la pilule du lendemain puisqu’une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté la pilule est bien parce que je ne supportais plus la prise hormonale. Et bien, je préfère ce risque de 1% avec cette solution qui me parait tout de même plus saine sur le long terme car la pilule du lendemain bloque l’ovulation grâce à l’hormone qu’elle contient (lévonorgestrel ou ulipristal). Ce n’est donc pas une bombe atomique de progestérone ou autre. Par contre oui, mes cycles ont été perturbés, moi-même mentalement je l’ai été car cela engendre du stress et de l’anxiété forcément. Ces sentiments, nous ne pouvons pas les partager.

Si je devais reprendre un contraceptif, je pense que je me dirigerais vers le stérilet cuivre mais, je préfère ces accidents, ces contraintes pour mes règles qu revenir en arrière. C’est mon choix et il ne correspond pas à tout le monde.

J’aimerais finir aussi sur une question que l’on m’a posé: si c’était possible, est-ce que j’envisagerais que Matthieu soit en charge du contraceptif, notamment avec les solutions actuelles pour homme. La réponse est non car, je serais, physiquement, la seule à subir les conséquences d’un oubli, d’une erreur de sa part. Même si je l’aime fort, je me sens incapable de me décharger totalement et de lui faire confiance….

Avec cet article, je souhaite juste vous montrer que ça arrive à toutes. Il est essentiel d’être soutenue, de partager « cette charge » et de ne pas vous laisser faire par votre pharmacien. Il y en a des géniaux qui ne jugeront pas, n’émettront aucune parole blessante puis il y a les autres qui outrepassent le conseil de leur profession, c’est bien malheureux. Ce n’est pas grave de devoir prendre la pilule du lendemain… c’est plus grave de ne pas oser la prendre et encourir une IVG, bien plus traumatisante à mon sens.

Vous ne devez pas avoir honte, au contraire, je pense que nous devons être fières de pouvoir disposer ainsi de notre corps et d’être dans un pays qui nous le permet 😉 Enfin, n’oubliez pas, en l’absence de règles, de faire un test de grossesse les 15 jours suivant la prise pour vous assurer de votre état.

J’espère que ce post vous aidera et si jamais j’ai oublié de mentionner quelque chose, ou si vous voulez partager votre témoignage, laissez-moi un petit commentaire

 

EDIT: Vous pouvez également vous faire prescrire la pilule du lendemain auprès de votre généraliste/gyneco/sage-femme afin de la conserver chez vous « au cas où » et éviter cette course chez le pharmacien (ou en cas de déplacement à l’étranger).

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