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Déjà une semaine que j’ai participé à mon premier Ironman 70.3. J’ai encore dû mal à réaliser que « OUI OUI ANNE TU L’AS FAIT » (c’est bien connu, on se parle tous à la 3ième personne :P) mais, le défi a bien été relevé. Il est vrai que je n’en avais pas parlé en détails sur le blog, car pour une fois, c’est sur l’élan de Matthieu que j’ai décidé de participer à ce triathlon. Bien que j’adore ce sport (que je trouve hyper fun, même sous la pluie, clin d’œil à Gerardmer), la sphère du « triathlon » long me faisait peur.

Pour info, un Ironman 70.3 (half ironman) c’est un triathlon « long » de : 1,9km de nage, 90,1km de vélo et pour finir « juste » un semi-marathon (21,1km). Si on parle d’un « Ironman 70.3 », c’est tout simplement l’addition des miles des 3 sports : 1,2miles de natation, 56 miles de velo et 13,1miles.
Un full Ironman c’est, le double : 3,8km de nage, 180km de vélo et un marathon. Ce qui donne en miles un Ironman de 140.6 miles.

Déjà que participé à un semi-marathon peut être éprouvant, imaginez la combinaison de « tout ça », sans repos. Cependant, Matthieu m’a sorti l’argument imparable : « tu es doublement marathonienne, ce n’est pas un half ironman qui va te faire peur… non ? ». NOOON. Alors début août, je vous l’annonçais ICI, on entamait notre préparation sur environ 3 mois.

J-2 et J-1 avant le triathlon :
Belle aventure ! D’autant plus vers Miami. Nous sommes partis d’ailleurs jeudi pour arriver 2 jours avant la course prévu dimanche à 7h. Dans l’avion, nous avons pu croiser d’autres participants et même une athlète professionnelle. Comme quoi, nous étions une bonne communauté de français à se lancer ce défi. D’ailleurs, lors du retrait du pack vendredi matin (nous sommes allés dès l’ouverture du village à 10h, décalage horaire aidant, nous étions réveillés assez tôt), on en a croisé davantage, mais aussi de toutes les nationalités. Le village était hyper bien organisé. J’ai forcément fait ma photo souvenir à côté du logo Ironman 70.3. Ce n’est pas tous les jours que l’on participe à ce genre de course (Surtout une première fois). On signe plein de décharges (du genre si tu te noies, ce n’est pas la faute de l’organisation, si tu tombes en vélo, encore moins MAIS on te portera assistance quand même).


Le retrait du pack est plus long que sur une course à pied, puisque l’on retire le triple : dossard, autocollants avec notre numéro de dossard pour le vélo et le casque, bracelet puce pour votre jambe, bonnet de bain avec votre numéro ET couleurs de SAS (j’ai de la chance, je tombe sur Silver ☺ !!), et bien sûr le t-shirt de la course, le dossard running et la petite cerise sur le gâteau un beau sac de sport « ironman »

Après forcément, on a décidé de faire un petit tour dans la boutique officielle Ironman et c’est là où j’ai reperé mon fameux t-shirt de souvenirs « ananas/ironman ». On visite d’autres stands et on craque pour quelques équipements au design originaux autant pour la natation que pour le vélo. Je vous montrerai tout ça en vidéo mais vous avez déjà pu avoir un aperçu sur Snapchat : AnneDubndidu.

On évite quand même de trop piétiner. On récupère les vélos loués pour la course. Non, nous n’avons pas emporté nos vélos français : trop couteux et un peu risqué (casse, perte…) Je récupère un joli vélo Trek exactement comme le mien en France en terme de design et il est parfaitement bien règlé pour moi. Le loueur visse mes pédales. Je suis prête à retourner à l’hôtel avec (en vélo !!). Matthieu a plus de mal avec son vélo (trop petit, mal réglé). Finalement, on rentre déposer nos vélos à l’hôtel, on en profite pour faire un petit tour dans Downtown Miami et par revenir à Miami Beach via les nombreux ponts entre petites îles aux noms bien sympathique : Hibiscus Island !

Le samedi, nous passons rapidement sur le village Ironman pour déposer nos vélos dans le parc à vélo. C’était obligatoire de le faire la veille. Je suis un peu inquiète de laisser le vélo en plein soleil : et si mes pneus se dégonflaient à cause de la chaleur… ? Mais pas le choix. Le matin-même nous les avons testés, je suis vraiment bien dessus et même si le vélo n’est pas ma partie favorite, je le sens bien ☺. En terme d’alimentation, il faut savoir que Matthieu et moi faisons très attention depuis jeudi… on mange beaucoup de féculents et on essaie au maximum de se reposer tout en s’habituant au climat : chaud et humide. Malheureusement, ce n’est pas évident lorsque l’on quitte Paris sous 10-15 petit degrés et la pluie (ok un autre type d’humidité LOL).

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Le soir-même, je prépare ma coiffure de guerrière ☺ mais surtout mon sac et les ravitaillements que je vais utiliser durant le velo et la course à pied. L’organisation, sur le vélo, ne donnera que des bouteilles d’eau et du Gatorade (boisson énergisante), sur la course, elle prévoit en plus des glaçons, des gels et quelques fruits (banane, orange…) Comme je l’explique dans ce post, je fonctionne qu’au bio et au naturel, donc il a fallu que j’importe mes ravitaillements de France lol. J’avais peur à la douane, mais c’est passé. On file au dodo très tôt car dimanche, le réveil sonne à 5h !

Jour-J : Ironman 70.3 Miami
Le réveil n’est pas vraiment difficile, merci au décalage horaire, mais le stress me noue l’estomac. J’ai dû mal à déjeuner (riz salé et banane, exactement ce que je fais pour un marathon), je me force. Je m’habille, il fait bon dehors, ça me rassure, car je sais que la journée va être longue ET chaude. J’embarque mon sac de triathlon préparé la veille. Matthieu et moi passons par la case toilette (super détail glamour mais quand tu vas faire du sport non stop pendant une demi-journée, il faut prévoir).

On arrive au parc à vélo, qui est LA zone de transition (natation > vélo, vélo > course) pour installer le reste de notre équipement. Je fais vérifier mes pneus et je scotch sur le cadre de mon vélo les 3 ravitaillements que je prévois de consommer durant…90km : une compote, deux barres de céréales. J’insère mes 2 gourdes dans le porte-bidon, dans une d’entre elle, je me suis préparée une mélange riche en minéraux… car il faut savoir qu’aux USA ils s’amusent à retirer TOUS les minéraux des eaux, même pétillante. On perd énormément de minéraux par la transpiration (d’autant plus à Miami). J’installe mes chaussettes, ma serviette, mes chaussures de vélo, mes baskets. Dans mes baskets je cache une compote, 2 pâtes de fruit à nouveau et aussi une paire de booster. Je les cache car avec la chaleur et le soleil, ils risquent de fondre durant le vélo.

Tout est prêt en moins de 10min. Je vérifie tout pendant 20min ahaha. Le stress monte. J’abandonne mes effets personnels et récupère uniquement ce dont j’ai besoin pour la natation (bonnet, lunette). J’ai bien accroché ma puce à ma cheville. On quitte la zone et il fait encore nuit. L’ambiance est vraiment étrange. On est tous hyper excités, mais un peu anxieux à la fois.

Je repasse par les toilettes …. Sans m’évanouir par l’odeur LOL. Et on file direction le ponton là où les athlètes pro s’élancent dès 7h25. L’attente va être longue car mon SAS ne part qu’à 8h11. Bon, il ne fait pas froid comme à Disney et on assiste à un lever de soleil magnifique sur la baie de Miami.

NATATION :
Le soleil commence déjà à chauffer et on constate que l’eau de la baie est plutôt agitée. Contrairement à tous les triathlons que j’ai pu faire auparavant, c’est la première fois que je nage SANS combinaison. Vous allez me dire, c’est un détail, bah tant mieux tu seras plus à l’aise. Bah non en fait, la combinaison permet une meilleure flottabilité et glisse dans l’eau. C’est un plus. Sauf qu’impossible de la porter à Miami, l’eau est à 28 degrés, c’est interdit et honnêtement, il ne valait mieux pas. Seuls les locaux possèdent des combinaisons « légères » : sans manche qui doivent un peu aider, plus que la trifonction que je porte lol.
Je précise cela car, c’est un petit stress que j’avais, bien que j’adore nager dans la mer, en eau libre, ça, ça ne me faisait pas peur du tout, au contraire. OK j’avoue, j’ai pensé que des alligators pourraient venir me faire coucou de temps en temps pendant la nage.

En parlant de nage, je rejoins mon SAS, nous sommes des femmes de 18 à 29 ans, toutes en bonnets silver. L’ambiance est sympa, totalement différente de la France où j’ai l’impression parfois d’être jugée « coucou elle c’est pas une pro du tri…et alors ? ». Là c’est sympa. On rentre sur le ponton 8 min avant, puis 4min avant le départ de notre vague, nous sommes invitées à rentrer dans l’eau : enfin à plonger littéralement lol. Je ne prends donc pas le départ avec Matthieu. Je positionne bien mes lunettes, je porte mes lentilles en-dessous et je me mets au milieu de mon groupe, pour laisser passer les plus rapides. 8h11 pile, c’est parti pour 1,9km de nage. Je prends dès le début mon rythme mais il y a pas mal de courant et comme d’habitude, on se nage un peu toutes dessus, d’autant plus lorsqu’avec d’autres nageuses, on rattrape les nageurs de la vague précédentes. Beaucoup ne font pas de crawl mais de la brasse, donc comme quoi vous pouvez tout à faire participer à un ironman sans savoir nager le crawl.

Je n’ai pas de difficulté non plus pour m’orienter entre toutes les bouées (il y en a pas mal). Les jaunes nous invitent à continuer tout droit et les rouges à prendre le virage vers la droite. On forme une sorte de cercle dans la baie. Il y a du courant mais, la première partie de nage se passe bien. J’utilise à peine mes jambes que je veux préserver pour le vélo. Mais arrivée à mi-parcours lorsque nous retraversons la baie, ça commence à bien s’agiter et on croise même quelques algues. Je dois un peu plus forcer et je sens que je ralentis à cause du courant. Jusqu’à l’arrivée, ça va vraiment être difficile, l’eau n’est pas DU TOUT calme, et la cerise sur le gâteau, je commence à avoir des frottements piles sous les aisselles. Heureusement, c’est la fin, mais jusqu’au bout le courant n’est pas facile à gérer. On m’aide pour sortir de l’eau, car l’escalier est glissant et le retour à la position verticale n’est pas non plus agréable. Je reprends vite mes esprits et je suis déçue quand je vois le temps que j’ai mis à ma montre 54min. Ce n’est pas ce qu’on avait prévu à l’entrainement, mais tant pis, j’aurais dû mieux calculer l’impact de l’absence de combi et le courant en mer (comparé à Gerardmer).

Transition 1 :
En courant vers le parc à vélo, je retire mon bonnet, mes lunettes et j’essaie d’inspecter mes dessous de bras qui couinent. Rien de grave… pour l’instant. Je me sèche j’enfile rapidement mon équipement tout en mangeant ma première compote : chaussettes, chaussures, casque, lunette de soleil, porte-dossard, je le glisse dans le dos. Puis, j’hésite… remettre de la crème sous mes aisselles pour éviter que les frottements s’aggravent ? Finalement, je cherche dans le fond de mon sac… pas préparé, ma crème, je me sèche bien et j’en mets, tant que j’y suis à perdre du temps, je me remets de la crème solaire. ET je m’en vais enfin au bout de 5min… !

Vélo
Je grimpe sur le vélo en sortant de la zone. Je ne suis pas très en confiance, j’ai terriblement peur de crever. Même si j’ai tout l’équipement ET que je crois savoir à peu près comment faire, je ne veux surtout pas que ça arrive LOL. J’ai dû mal à déclencher ma montre qui décide de ne pas afficher le bon programme (vitesse, km parcouru, temps) mais un joli camembert en % (90km =100%). Super… J’ai la flem de la remettre à zero, surtout que je m’en aperçois lorsque nous passons le 10ième miles. Il y a un panneau tous les 5 miles. Honnêtement, je ne vois pas vraiment le temps passé pour les 15 premiers miles. On se dirige vers l’extérieur de Miami sur la route des Everglades. Il y a un petit vent de ¾ par hyper agréable mais je profite du paysage car je ne connais pas du tout cette partie de Miami. Tout est hyper bien organisé et balisé. À chaque croisement, les sherifs ou la police locale est là. Il y a finalement pas mal de monde pour nous encourager ponctuellement et, même si on perturbe LARGEMENT la circulation, tous les conducteurs nous encouragent… Il faut préciser qu’ils ont fermé une bretelle entière de l’autoroute que nous prenons avant de sortir sur une 2×2 voies, dont 2 voies (les plus centrales) fermés avec des plots tous les 2-3m (imaginez le nombre de plot sur 90km).


Dès que nous sommes sur la route vers les Everglades, le vent est en plein de face, c’est la GALÈRE totale. Mais je suis bien contente que ma montre ne m’affiche pas ma vitesse moyenne, je suis intimement persuadée que ça doit être une catastrophe.

Honnêtement, je ne m’ennuie pas, c’est un vrai cirque pour moi avec le vent de pouvoir boire et de manger enfin dé scotcher puis ouvrir pour enfin MANGER mes ravitaillements. J’essaie de boire très souvent, même si je n’ai pas hyper chaud et ce grâce au vent. Mais je préfère anticiper, j’ai la trouille d’attraper une crampe à cause du manque d’hydratation. J’ai d’ailleurs bouche et les lèvres hyper pâteuses, pleines de sel de la natation. Je pensais m’être bien rincée avec le gobelet d’eau que l’on m’a donné à la sortie mais non. Mes lèvres me brûlent malgré l’eau que je bois.

J’espère croiser Matthieu prochainement, enfin… qu’il me dépasse bientôt, mais non. Je passe le premier ravitaillement en eau (yes j’arrache comme il faut la bouteille sans tuer le bénévole ni un autre cycliste). Je bois et je jette la bouteille dans la zone demandée. Oui car, il est strictement INTERDIT de jeter nos emballages hors de ces zones sinon on risque une pénalité de temps. Donc je me suis trimballée avec mon emballage de compote pendant 20miles avant de pouvoir le jeter dans la zone suivante. Bon, je trouve ça bien et très conscient de l’environnement, mais sur le moment, ce n’était pas le plus pratique.

À quoi je pense pendant cette première moitié de course ? À convertir les miles qui défilent en kilomètre et à faire des calculs « positifs ». Ok donc à 10 miles en fait il me reste 16 miles avant de faire demi-tour… c’est RIEN. Lol Enfin rien, les 6-8 derniers miles sont particulièrement difficiles avant de faire demi-tour dans les Everglades car le vent est EN PLEINE face, moi qui avait déjà la sensation d’être un escargot, j’ai l’impression de ne pas voir le bout. MAIS enfin la station de ravitaillement de mi-parcours est là et la zone de pénalité ahaha, j’attrape ma bouteille, largue mes emballages, bois et c’est reparti.

Là, c’est la fiesta : j’avance vite (enfin j’ai la sensation), plus de vent, je n’ai pas encore vu Matthieu. Que du positif ! Je ne suis pas si à la ramasse que ça, même si on me double, je double AUSSI. Je mets 5miles à dé scotcher/ouvrir ma dernière barre de céréales. Je finis ma première gourde (1L) pleine de minéraux. Je me sens encore bien. OK je m’inquiète un peu car je n’ai pas vu Matthieu. Je peux tout à fait être lente ET qu’il ait eu des soucis.

Le vent dans le bon sens me fait sentir la chaleur, mes bras commencent à cuire et passé le 40ième miles, je commence aussi à avoir des fourmis dans les pieds. Zéro news des frottements aux aisselles, tout va pour le mieux. Je passe le dernier ravitaillement et MIRACLE Matthieu me dépasse enfin en m’encourageant. YES je ne suis pas si à la ramasse que ça en vélo.

On commence à revenir doucement vers Miami, j’avais oublié qu’il y avait quelques montées pour accéder à l’autoroute (totalement fou de rouler 1/ aux USA 2/ sur l’autoroute fermée pour nous). Je vois au loin les buildings de la baie où on doit retourner, tellement LOIN. Les 10 derniers miles me paraissent un peu longs, alors j’appuie sur le champignon et retrouve les repères que je m’étais fixée à l’aller :

– Tiens quand tu reverras cette affiche tu sauras qu’il ne reste plus tant que ça.
– Quand tu passeras devant cette maison, pense à donner du mou aux jambes, c’est la fin

C’est avec ces petits objectifs que j’arrive à positiver et finalement à ne pas voir que je suis sur un parcours de 90km de vélo. Petits objectifs, gros défi. Les rues et les blocks s’enchainent, on arrive dans Miami, je fais tourner les jambes, je réveille mes pieds, mes bras. Et enfin, la zone de transition se présente, le public est de plus en plus nombreux, tant mieux car depuis 30min, c’est littéralement la vague de chaleur brûlante depuis que nous sommes dans Miami…

Transition 2 :
Je décroche mes pédales en un peu en avance, j’avais peur d’avoir tellement les pieds endoloris de ne pas en être capable. Finalement, tout va bien, mes jambes sont là, un peu tendues, mais j’arrive à courir à ma place, je pose le vélo. Je boucle en 3h23 les 90km. Là, je sens la brûlure sous mes bras…. Je remets de la crème tout en mangeant ma compote, en enfilant mes boosters, mes baskets en jetant en vrac mon équipement vélo. Je repars aussi vite qu’on peut le faire après avoir faire 90km de vélo avec des aisselles en feu= pire qu’une mamie. Je croise les doigts pour que la crème fasse son effet rapidement.

Course à pied :
Mes mollets sont en béton, dès que je commence à courir, je me sens très lourde, comme si je sortais de table. Il fait très chaud, la chaleur me tombe dessus, comme si j’avais mis la tête sous un énorme sèche cheveux. C’est dur, ma montre affiche une vitesse… j’irai plus vite en marchant LOL. Je décide de manger ma pâte de fruit dès le 2ième kilomètre.
Ce qui me rassure, c’est que tout le monde souffre et affiche une petite grimace. Je me sentais tellement mieux sur le vélo.

Comme pour le vélo, je me lance dans des calcules savants pour me motiver. Ça m’occupe l’esprit, mais la chaleur tape énormément. J’ai les épaules qui cuisent littéralement et les lèvres… déjà brûlées. J’ai oublié de remettre de la crème solaire… Le parcours de running se révèle plutôt compliqué. Heureusement le public nous encourage avec les fameuses phrases d’encouragement à l’américain : « Va plus vite, j’en ai marre de rester debout » « Tape sur l’affiche si tu as fait pipi dans l’eau ce matin ! » (non j’ai pas eu le temps)
En parlant de pipi, je me rends compte que si je me sens mal c’est bien parce que j’ai envie d’aller aux toilettes. Je passe le stand où il y a 3 cabines en me disant que ça va le faire, j’en ai pas besoin. Ça, c’est avant de voir le PONT que l’on doit traverser. Une montée juste énorme 0_0 en plein soleil, sans une pointe de vent. Il fait plus de 30 degrés, sans parler l’humidité, je regarde mes pieds et croise une première fois Matthieu.
ALLEZ
ALLEZ quoi, je n’ai pas fait tout ça pour ne pas finir en course à pied, MON SPORT.


Je gère ma montée, j’accélère sur la descente et me dépêche de rejoindre le ravitaillement passé le 5ième kilomètre et là, je vais aux toilettes. J’ai tenu ma respiration dans cette cabine/serre et effectivement, j’ai dû trop boire sur le vélo. Je ressors, soulagée mais à un point. Je me sens tellement légère, je repars, je refais le pont, je retourne vers le village. La chaleur tape si fort, au début je refusais les glaçons que l’on me proposait, j’avais peur d’un choc thermique et/ou d’avoir mal au ventre (l’eau glacée, malgré la chaleur n’est vraiment pas conseillée).

Tant pis, je bois entre 2 et 3 gobelets par ravitaillement, je m’en verse 2 sur le corps, le cou, les jambes. Je n’ai jamais eu aussi chaud et autant transpirée. Le parcours de running fait 10,5km, il faut le faire 2 fois. Donc ce pont et sa montée, je vais me le faire 4 fois. L’enfer.

Je glisse des glaçons dans ma trifonction, dans mes boosters, partout où je peux tellement j’ai chaud (dans ma brassière aussi). Il y a des ravitaillements tous les 1,5miles et malgré ça, j’ai soif avant. Heureusement, avec ma coiffure, j’attire les encouragements et les compliments. Oui je trouve la force de dire merci en anglais comme en espagnol. Une autre participante m’encourage « VAMOS ». Du fait de la communauté hispanique, on parle autant espagnol qu’anglais, mais tant mieux. Les bénévoles sont des lycéens hyper motivées. J’ai une lycéenne qui m’a gentiment versée de l’eau glacée dans le dos.. Le nirvana. Ahaha Ils mettent une petite ambiance. La musique manque vraiment. Il y en a au niveau du village, mais c’est loin.

Plus je cours, plus mes mollets se détendent mais plus le mental prend le dessus. 21,1km c’est long quand on court doucement. Ils sont loin les 1h45 de Copenhague. Puis, passé le 18ième km à force de faire mes calculs savants, je me rends compte que si je me dépêche je peux largement finir en -7h. Alors là, j’attrape une orange, un gobelet plein de glace et j’accélère, JE VEUX ARRIVER. J’ai chaud, j’ai mal à la tête et finalement je vois le petit rond point avant d’atteindre la ligne.

Je croise Matthieu qui a fini et qui me hurle un truc que je comprends pas. Allezz on y va, tapis rouge, je passe la ligne et j’entends mon nom par le commentateur qui a toujours la pêche depuis ce matin 5h LOL.

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Arrivée et fin =D !
On m’attrape vite à l’arrivée pour me donner mon ENORME médaille et une bouteille d’eau bien bien fraîche. Il n’y a que de beaux sourires. Je retrouve rapidement Matthieu alors que je suis entrain de piquer des glaçons dans le bac des bouteilles pour le glisser dans mes booster. J’ai les jambes lourdes, mais pas de grimpe comme à l’arrivée d’un marathon. Je me traine jusqu’à la pelouse proche où je me laisse gentiment tomber à l’ombre, j’ai très mal à la tête, aux lèvres, sous les bras mais je suis heureuse. Je pleure et rigole…Matthieu et moi retournons doucement vers le parc à vélo. On essaie de faire tant bien que mal nos photos de finishers

COUCOU Je tiens debout juste pour la photo.

Je pleurniche pour aller récupérer mes affaires. Je ne réalise pas en fait que c’est fini, ni mon corps d’ailleurs vu comme mes mollets sont bétonnés. Je balance gentiment à Matthieu : Non mais plus jamais une fois, mais pas deux, JAMAIS. J’envoie un texto à ma maman qui a suivi mon live et m’a déjà félicitée. Là je commence à pleurer, je rassure mes réseaux sociaux, referme le tout et savoure affalée contre mon vélo, sur un sol brûlant, mais cette médaille valait tellement le coup. Quelle journée !

Je range mes affaires en vrac, marche en canard avec le vélo pour le rendre au loueur que je remercie mille fois pour la qualité de la préparation. J’ai pas crevé !! On rentre à l’hôtel, douche et là j’enfile enfin mon t-shirt ANANAS-IRONMAN et je réalise que c’est fait. Résultat : 6h49 pour boucler mon premier ironman 70.3

Mon Premier ? car oui il y en aura d’autres c’est évident, j’ai adoré. Comme pour le marathon, c’est indescriptible ce que l’on ressent à la ligne d’arrivée. Notre corps et notre mental sont vraiment capables de belles choses lorsque l’on se lance des challenges. Il y a un 5 ans, je disais que jamais je ne courais de Marathon. Ne vous mettez pas de limites, sortez de voter zone de confort, comme moi, je suis sûre que vous allez vivre des expériences uniques qui vous changeront.

Merci à tous pour vos encouragements et pour votre soutien. Je rélève ces challenges pour moi, mais au final aussi un peu pour vous, pour vous montrer que vous aussi, vous pouvez le faire. Tout est possible 😉

A très vite

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