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Hi,

J’espère que vous allez bien? Ce post va se publier alors que je serai en train, certainement, de faire une nuit blanche avant le marathon de Los Angeles. J’avais envie de vous écrire un article un peu différent à quelques heures du départ. En un an, ma vision de la performance, de la course à pied a bien changé. J’aime toujours autant pratiquer ce sport, me dépasser mais les choses ont un peu changé depuis ma fracture. En fait, je n’imaginais pas qu’elles changeraient autant avant de vraiment me lancer dans la préparation de mon quatrième marathon.

J’ai pu reprendre la course à pied en août l’an dernier soit… il y a bientôt 7 mois. C’est beaucoup et très peu à la fois. On rêve souvent de belles success stories à la « des béquilles au marathon » (même si j’espère justement vous partager une histoire comme ça) mais, je souhaite aussi être honnête avec vous. J’ai eu la chance de pouvoir reprendre et retrouver rapidement un  bon niveau.  Néanmoins, ce ne fût franchement pas évident.

En août lorsque j’ai repris, j’étais vraiment écoeurée. C’était douloureux de courir, je n’avais vraiment pas de bonnes sensations. J’avais des douleurs fantômes qui me faisaient douter à chaque pas, à chaque kilomètre gagné. J’avais l’impression de me blesser à chaque sortie. Il a fallu que mon médecin m’explique gentiment que … « tout se passait » dans ma tête. Pendant des semaines, j’avais attendu de pouvoir courir à nouveau et maintenant que je le pouvais, je n’en avais franchement plus envie. « ça faisait trop mal », pas juste physiquement, moralement aussi. C’est nerveusement fatigant de toujours se demander si « on se blesse encore… ou pas ? » et surtout si j’allais pouvoir « recourir comme avant ». Entendez mes performances bien sûr.

Lorsque j’ai commencé à vous parler de course à pied ici, sur mes réseaux sociaux, je n’avais aucune idée de où me mèneraient mes baskets Nike de l’époque. J’en ai enchainé des paires, des dossards et des médailles. Ce qui me guidait, c’était réellement le bonheur, le bien-être, la fierté, la confiance, l’auto-satisfaction que je puisais au fil des kilomètres. Et là, je ne retrouvais plus ça. J’ai mis des semaines d’ailleurs avant de renouer avec le plaisir de juste courir. Le plaisir d’enfiler ses baskets, de sortir, d’écouter sa musique, de sentir l’air sur son visage, ses cheveux qui se balancent…

C’était devenue une hantise. Après mon corps qui m’avait laissé au marathon de Barcelone, c’était la motivation qui manquait. Et j’ai eu dû mal à vous en parler car je sais à quel point je suis moi-même, pour beaucoup, aussi votre propre source de motivation. Si moi je l’ai fait, pourquoi pas vous ? Cependant, là j’avais du mal. Heureusement, je me suis forcée, j’ai appliqué mes propres conseils, j’ai mis les mains de cambouis et je l’ai fait, mais pas totalement. Vous vous en doutez, je ne pense qu’à ça, je n’ai pensé qu’à çå depuis ma blessure:

le marathon !

Je me suis inscrite en août dernier, c’est vous dire comme je me projetais loin. C’est cette distance qui m’avait tenue en échec et donc c’est sur cette distance que je dois retourner pour me ressentir entière. Sauf que non, on ne peut pas claquer des doigts pour que tout revienne comme avant. C’est pourtant ce que j’imaginais, j’aurais aimé que ce soit vrai que cette blessure plus profonde que les autres ne m’affectent pas autant, de me « traumatise » pas. Yes j’ai lâché le gros mot… Je ne voulais pas en faire « tout un foin » mais j’ai réalisé que j’avais été affectée bien plus que physiquement. C’est au plus profond que j’ai vacillé.

Il y a toujours cette peur qui me cisaille l’estomac et occulte tout le plaisir que je peux prendre. J’ai des hauts avec des courses superbes qui me redonnent confiance en moi (le Raid des Alizés ou la Saintelyon) et d’autres (toute la préparation au marathon lol) qui me rappellent que je ne peux pas mettre totalement cet épisode derrière moi. Il faut que je fasse avec. J’ai essayé « d’extérioriser » un peu cette peur, d’en parler autour de moi mais c’est difficile d’être comprise car soit on me dit que « de toute manière j’en fais trop », soit « c’est dans ta tête, ça va passer tout seul tu verras »

Pour tout vous dire, j’ai mal vécu ma préparation au marathon de Los Angeles. C’était la première fois d’ailleurs que je me décourageais autant, que je lâchais ! Il y a de nombreuses séances que j’ai sautées, que j’ai raccourcies car, l’envie n’était pas là. Pourtant, je fais partie des premières à vous dire de ne rien lâcher, de serrer les dents pour aller au bout de vous-même, pour sortir de votre zone de confort.

Personnellement, je ne trouvais plus le sens à mes fractionnés, je voyais mon rythme …bien plus lent que l’an dernier. Je revivais ma préparation de l’an dernier, si parfaite et moi cette année qui galérais, qui s’inquiétais pour un oui pour un non. Puis j’ai compris.

Je me remettais une pression folle

La pression c’est aussi celle d’être un exemple pour vous et pour moi, avant de m’être déçue, c’était de vous avoir déçu à Barcelone, de ne plus avoir pu être là pour vous, pour personne d’ailleurs lorsque j’étais en béquilles. Comme une grande-soeur qui n’est pas là au bon moment. Pour moi, préparer puis enfin… courir Los Angeles, c’est « revenir » à ma place. Je l’ai réalisé qu’au-delà de moi-même, j’avais aussi ce rôle pour vous, comme pour moi.

De même, j’ai longtemps cru que cette pression du « t’as couru en combien ton 10km ? ah oui et ton semi ? c’est quoi ta VMA ? ah…seulement beh moi je cours plus vite, ah je t’ai battu, ah je t’ai dépassé » me passait au-dessus car j’avais assez de recul. On se fait une carapace, on se protège mais forcément on devient amère. Je n’avais plus envie d’autant partager sur la course à pied car je n’en pouvais plus d’être jugée sur des chiffres, être mise en compétition malgré moi de manière si puérile sur les réseaux sociaux, d’être critiquée à la moindre course.

Je ne veux pas que l’on me suive pour mes records car je n’ai jamais prétendue être une athlète de haut niveau. Je ne le serai jamais. Je n’ai jamais dit non plus que je n’aimais pas progresser, battre mes records. Néanmoins, si j’ai commencé à partager ET à vous donner des conseils sportifs (j’ai même repris mes études éhé) ce n’est pas pour grappiller 1 sec sur un temps au 10km, ni perdre 1kg, ni baigner dans le bonheur…

Si j’ai voulu partager mon expérience sur la course à pied, puis plus largement le sport, mon quotidien c’était pour vous montrer que nous avons tous quelque chose à gagner en faisant du sport. Ce que nous y trouvons est très personnel ET peut changer en fonction de votre humeur, vos envies, vos objectifs, vos rencontres, vos blessures, votre entourage..

Je crois qu’après ma blessure, j’ai changé et ma vision de la course à pied a, elle aussi, évolué. C’est une des raisons pour lesquelles je fais plus de trail, plus de triathlon, plus de yoga. Je ne supporte plus cette course à la performance sur les réseaux sociaux, au toujours plus. C’est malsain. Le sport est pour LA santé, tant physique que mentale. ça me faisait de plus en plus mal au coeur de voir parfois des commentaires passés « j’y arriverai jamais à courir autant que toi, à faire autant de km » mais ce n’est pas le but de mes partages.

Et ce n’est pas non plus pour être La meilleure, La plus rapide que je fais tout çå. Je souhaite vous montrer que FAIRE du sport, COURIR est possible quelque soit votre situation, votre niveau, votre objectif. Il faut arrêter de culpabiliser, arrêter de se mettre une trop grande pression.

De même, ma formation de Yoga m’a aussi faite évoluer.  L’épanouissement, le plaisir et le bonheurs sont venus remplacer le « toujours plus haut, toujours plus loin ». Oui c’est motivant, mais par période uniquement, car nous avons tous le droit de savourer des périodes d’insouciance, de satisfaction des acquis avant de passer à la chasse à de nouveaux rêves.

Déculpabilisez

Ne vous mettez une pression monstre qui peut parfois être contre productif

Regardez, admirez mais centrez-vous aussi sur vos envies

Atteignez des objectifs pour VOUS  uniquement

Ne vous comparez pas, vous êtes aussi méritante qu’une autre quelque soit ce que vous faites, l’essentiel c’est que VOUS LE FAITES.

(Je porte les nouvelles Nike Epic React dont je vous reparlerai, elles ont accompagné la fin de ma prépa ;))

Mais alors quel est mon objectif pour Los Angeles ?

Pour ce marathon, j’ai juste envie de me prouver que je peux courir 42,195km sans me faire du mal, en prenant du plaisir, aimant ce que je fais, comme je le fais. Attention, je ne dis pas que je ne vais pas « être » dans le mal. Passer un certain nombre de kilomètres, c’est clairement le mental qui prendra le dessus et je risque d’avoir mal aux jambes de fatigue. Mais par mal, j’entends vraiment ce qui s’est passé à Barcelone. Je suis prête à sortir de ma zone de confort, clairement mais pas rentrer dans une zone grise de « je le fais coûT que coûT » parce qu’il « faut le faire »

Je ne pense pas que ces 42km m’apporteront une réponse à pourquoi j’ai autant de mal à me replonger dans une prépa, dans une course à la médaille. Mais je suis certaine que je trouverais quelque chose en moi pour fermer cette porte définitivement.

J’écris cet article aussi pour vous montrer qu’une autre pratique de la course à pied est possible. Ces dernières années ont été aussi synonyme d’escalade du toujours plus vite, loin, mieux. Non, le running ce n’est pas à celui qui ira plus le vite, le plus loin. On s’en fiche en fait. Nous courons car nous aimons ce sport, nous aimons le bien-être à l’instant T, la fierté, l’énergie, la bonne humeur qui s’en dégage lorsque nous partons avec une amie ou un proche courir. C’est plutôt ça que je cherche en ce moment et je vous invite à trouver ou retrouver si jamais la motivation vous fait défaut 😉 !

(Petite parenthèse: En parlant de ces nombreuses paires de baskets que j’ai enchainé depuis tant d’année, je vais m’attarder sur celles que j’utilise actuellement: Les Nike React Flyknit, les nouvelles running de la marque. J’avais reçu beaucoup de questions à leur sujet depuis leur sortie. J’ai commencé à les tester seulement sur la fin de ma préparation car elles sont vraiment parfaites pour les sorties longues. Même après des dizaines de kilomètre, j’avais encore l’impression d’être sur des ressorts. Elles offrent vraiment une bonne stabilité tout en restant très légères et dynamiques. Un peu comme les Pegasus, elles vont vraiment à toutes les foulés. On glisse son pied dans ce chausson sans se perdre la tête et zouuu. Et c’est bien l’objectif que je vais avoir dans L.A : le plaisir, le fun avant tout)

N’oubliez pas d’aller lire les 3 articles que j’ai publié sur :

Que dire… je vous ai dévoilé mes doutes, le manque de confiance en moi, mes peurs mais je veux vous rassurer. J »y vais aussi avec beaucoup de sérénité car il y a quelque chose à Los Angeles, il y a quelque chose entre moi, cette ville, mes débuts là-bas. J’ai besoin de cette magie 😉

@ très vite 🙂

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