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Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je suis contente de vous retrouver aujourd’hui pour aborder une thématique que vous m’aviez pas mal demandée depuis deux semaines, depuis ma blessure au Marathon de Barcelone. Déjà donc 15 jours sans courir ni pratiquer un sport de manière intensive.

J’ai encore plusieurs semaines à rythme doux, mais je fais avec. Je ne dis pas que le moral est au beau fixe mais je ne suis pas en dépression parce que je ne peux pas courir. Je me souviens de ma première (et unique autre d’ailleurs)blessure, j’étais bien plus démoralisée à l’époque. Néanmoins, sans elle, jamais je n’aurais découvert le fitness ou le RPM éhé.

C’est pourquoi pour cette blessure, je me demande ce que je vais découvrir. Je le vis comme une nouvelle aventure. Cela étant dit, je crois qu’au fil de mes années de sport (déjà 5 ans de running), j’ai aussi appris à me préparer mentalement. Lorsque nous préparons une course, on ne s’entraine pas que physiquement mais aussi moralement. J’ai préparé 3 marathons en période hivernale, je peux vous assurer qu’il en faut de la motivation pour sortir courir la nuit, tôt le matin, sous la pluie, réaliser des sorties longues de 2h30 par 2 degrés… Enfin à Versailles c’était plutôt -5 lol.

Entrainements, préparation de course, ça forge un mental. Ce mental je ne l’avais pas du tout lorsque je me suis blessée quelques mois après mes débuts. Aujourd’hui, j’imagine l’avoir car je suis plutôt sereine. Voui vouiii j’ai bien écrit ça 😛 . On va essayer de décortiquer tout ça

  1. Comprendre et identifier sa blessure?

Quelque soit votre niveau, les années que vous avez de sport derrière vous, votre corps peut « dysfonctionner » pour X ou Y raisons au moment le moins opportun. Ce qui peut générer des conflits, des dérèglements créant des douleurs… elles-mêmes, sans attention de votre part, menées à une blessure.

En running, les blessures sont plutôt sournoises, à mon goût, car elles s’installent progressivement mais sûrement si vous n’intervenez pas rapidement. Par intervention j’entends :

  • Stopper le sport responsable des douleurs
  • Repos + sur-élévation du membre douloureux + glace
  • Consultation d’un spécialiste

Plus une douleur est identifiée et prise en charge de manière précoce, moins elle risque de se transformer en blessure. Je différencie ainsi 2 stades : la douleur de la blessure. Les premières douleurs annoncent une prochaine blessure si vous continuez votre entrainement sans prise en charge de celles-ci. C’est pourquoi IL FAUT VOUS ECOUTER car prévenir vaut mieux que guérir (vous connaissez la chanson). Bien entendu, on se dit souvent que cette douleur va disparaître, qu’une petite pause de 3 jours va l’apaiser.

Mais aujourd’hui, je ne suis pas là pour détailler les moyens de prévenir une blessure, je vous renvoie à ce post bien détaillé :

Comment prévenir, gérer et récupérer d’une blessure >>

Cela étant dit, parfois, la blessure arrive très brutalement, souvent sur une course ou un effort plutôt violent (fractionné). C’est ce qui m’est arrivé et c’est d’autant plus déstabilisant moralement car on ne s’y attendait pas mais quoi qu’il en soit, j’interviens toujours de la même manière.

Dans le cas d’un douleur :

  • Rdv chez mon ostéopathe : j’ai appris à me connaître et écouter les signaux de mon corps. Souvent mes douleurs sont liés à des blocages dans mon squelette et/ou à mes semelles. Mon ostéopathe me connaît bien. Une voire deux séances suffisent pour me remettre en place. Elle vérifie toujours si les semelles que je porte sont responsables de ce blocage ou si c’est juste ma pratique qui « me bloque.
    • Note sur les semelles: n’oubliez pas que votre corps évolue, votre manière de courir également. La durée de vie de vos semelles varie en fonction de votre pratique. Je n’ai jamais pu garder des semelles plus de 14 mois, et j’ai toujours dû faire 1 à 2 ajustements sur celles-ci. N’oubliez pas que vos semelles ne sont pas figées. Si vous ressentez des douleurs, parfois il suffit d’un petit tour chez votre podologue afin qu’il les ajuste. Vous évoluez, vos semelles doivent suivre également. Ces ajustements sont gratuits et votre podologue prend souvent ces rendez-vous rapidement. N’hésitez pas à lui passer un coup de fil 😉
    •  N’hésitez pas à relire mon article sur les semelles orthopédiques et la podologie >>>

Souvent le rendez-vous chez mon ostéopathe suivi (ou pas) d’un rendez-vous chez mon podologue suffit. En fait en 4 ans… j’ai très peu vu mon médecin du sport (à Montpellier en plus, je vis à Paris).  Pourquoi ? Car grâce au corps médical avec lequel j’ai su m’entourer, je peux identifier très tôt l’origine des douleurs. En effet le protocole: REPOS/SUR ELEVATION/GLACE ne traite que les symptômes de votre douleur, pas les causes. C’est pourquoi si vous reprenez sans les avoir identifier, vous risquez de renouer avec ces douleurs, voire finalement, vous blesser.

Alors pensez-y et n’hésitez pas à questionner vos amis sportifs s’ils ne peuvent pas partager avec vous leurs bonnes adresses podologue/ostéopathe/médecin du sport. CAR OUI, même si votre médecin généraliste est adorable et vous suit depuis des années, il n’est pas 100% compétent dans le cadre d’une blessure « sportive ». Forcément, on ne pense à ça lorsque l’on court, qu’on est en pleine santé. C’est uniquement lorsque la blessure nous tombe sur le nez qu’on cherche de toute urgence quelqu’un. Essayez d’anticiper.

De plus, consulter un ostéopathe de temps en temps ne fait pas de mal, même si vous ne souffrez d’aucune douleurs évidente 🙂

Dans le cas d’une blessure identifiée (du genre c’est trop tard lol comme pour Barcelone):

  • Directement chez mon médecin du sport. On chipote, on ne pense pas que ça va aller mieux dans 2 jours, on ne cherche pas sa blessure sur des forums. Le médecin du sport sera le plus compétent pour identifier votre blessure et vous expliquer comment la soigner 🙂
    • Note: bon parfois, ce n’est pas si évident que ça. J’ai dû passer plusieurs examens pour que mon médecin puisse identifier ma blessure mais je n’ai pas perdu de temps puisque : blessure le dimanche 12, médecin le lundi 13, radio/scintigraphie etc, mercredi 15 mars, j’étais fixée sur ce que j’avais = pas de temps perdu pour bien me soigner et récupérer.

N’ayez pas peur du médecin, vous serrez tellement soulagées après 🙂 ! Une blessure rapidement prise en charge et comprise vous permettra de récupérer d’autant plus vite. Vous pourrez enfiler vos baskets bien plus tôt  et plus sereinement par la suite.

2. Une fois connue, comment affronter sa blessure ?

En fait, c’est peut-être la période la plus intéressante et certainement la plus délicate. Le flou entre la blessure et le « traitement » est plutôt stressant car on ne sait littéralement que faire. Mais une fois que ça y est on sait exactement ce dont quoi nous souffrons, comment nous soigner ET comment récupérer…Il faut laisser place à la guérison.

C’est là où le manque du sport, de la course à pied et tout le bien-être que cette pratique nous apportait peut nous manquer. C’est également à ce moment que l’on peut constater si la relation que l’on entretient avec ces sports est saine ou non. Faire une crise de larmes et de nerfs parce que l’on ne peut plus courir est mauvais signe. Je me souviens que pour ma première blessure, je pleurais beaucoup. J’étais vraiment beaucoup déprimée et frustrée. J’éprouvais un réel manque pour ce sport au point d’être hyper nerveuse et énervée.

Actuellement, oui je suis frustrée. Courir me manque mais… pas tant que ça, je crois que c’est plus le bonheurs de m’évader par la course à pied qui me manque. Courir pour s’oublier un peu, courir pour se sentir bien. Pas l’acte en lui-même. Heureusement, je peux pratiquer d’autres sports pour se faire, bien que je le reconnaisse, les sensations de course sont uniques, inimitables. Mais je ferme les yeux, je m’imagine en courant, je respire et je profite aussi de ce calme que je m’accorde.

Affronter sa blessure, c’est faire preuve de patience et d’écoute pour ce corps qui nous supporte. C’est notre meilleur ami. Nous sommes des enfants très chanceux et gâtés de pouvoir à ce point le pousser et l’emporter dans nos challenges. Il ne faut pas l’abimer. Aujourd’hui, je le chouchoute, je l’écoute, on remet doucement mais sûrement les pendules à l’heure. On peut s’imaginer cette période « sans course » de vide, de néant. Or, ce n’est pas parce que vous ne courez, que vous ne pratiquez pas le sport que vous aimez, qu’il ne se passe rien dans votre vie. Votre identité ne se définit pas par votre course.

C’est essentiel de prendre ce temps pour vous re situer par rapport à vous, à ce que vous aimez.

Trop longtemps j’ai repoussé mes envies de reprendre le piano, me mettre à la méditation, lire davantage. J’ai l’occasion de reprendre de zéro. Finalement, profitez de ce temps et ne voyez pas cette blessure comme une trahison de votre corps. Bien sûr que je voyais mon corps comme un traitre il y a 2 semaines. Aujourd’hui, je le contemple et me demande comment je vais pouvoir me faire pardonner. Il faut du temps. Une blessure porte bien son nom. Faites la paix, évacuez les sentiments négatifs qui ralentiront votre récupération. Soyez davantage positives et patientes avec vous-même 🙂 C’est difficile mais, des courses, des printemps, des journées ensoleillées, il y en aura encore, votre corps, vous en avez qu’un.

N’affrontez pas votre blessure, acceptez-la.

Je porte: Top, Brassière et Leggings Nike, Basket Flyknit 

3. La blessure pousse à se remettre en question

Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Qu’est-ce que j’ai mal fait ? Qu’est-ce que j’ai raté ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ? Pourquoi ça ?

Vous croyez que je me suis pas posée ces questions ? Le temps était plutôt long entre le 30ième et le 42ième kilomètre hihi, j’ai pu exorciser ces questions le dimanche même de ma blessure.

Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? rien. Vous comme moi, n’avons rien fait de mal contre l’Univers. Promis les causes sont ailleurs 🙂

Qu’est-ce que j’ai mal fait ? Je pensais réellement être à l’écoute de mon corps, mais comme l’a souligné mon médecin, je suis en pleine forme, tous les voyants sont au vert mais je n’ai pas écouté mon environnement et ma charge de stress/travail. Attention, je ne me plains pas mais j’ai absorbé beaucoup de stress et de contrariétés que je pensais réellement ne pas m’atteindre. Je pensais extérioriser tout cela par le sport. Ce n’était pas le cas. Depuis plusieurs années, j’ai des rapports hyper conflictuels avec « mon père ». Ces rapports ont atteint un summum entre janvier et février. Je pensais que par habitude cela ne pouvait pas m’atteindre, mais c’est usant. Usant lorsqu’à 25 ans on se lance dans l’entrepreneuriat,que ce n’est pas tous les jours la vie en rose, même avec mon petit ami depuis plusieurs années. Du stress de par les transports, les voyages. Une nouvelle fois je ne me plains pas, j’identifie le pourquoi du comment. Pour rappel, je suis une grande angoissée en avion. Même si je ne le sens pas sur le moment, c’est hyper fatigant nerveusement à encaisser. Plus… d’autres contrariétés matérielles et professionnelles… Je suis humaine et je n’ai pas su le voir assez tôt que j’étais « fatiguée » moralement. Je n’ai pas su écouter car mon ostéopathe me le disait à plusieurs reprises. J’avais souvent la mâchoire légèrement bloquée car je ne faisais que la serrer inconsciemment et surtout la nuit, signe de stress que l’on garde bien profondément pour soi.

Qu’est-ce que j’ai raté? Justement, je le cherche, j’ai identifié les causes « émotionnelles », avec mon médecin nous continuons de chercher peut-être des causes également physiques (carence? fatigue? hormones ?) Mais il est certain, que physiquement, mon corps était prêt pour ce marathon (pas de douleurs en amont). Il est cependant évident que j’ai raté d’autres petits détails qu’il est essentiel que je trouve afin de récupérer et de ne pas retomber dans les travers de cette fracture.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ? Pourquoi ça ?
Au final on s’en fiche, cela devait arriver. Tant pis pour le pourquoi. C’est comme ça, on ne peut pas revenir en arrière. D’ailleurs, j’apprécie mon entourage qui évite de me faire la leçon. Inutile de vous flageller : « si j’avais ci…ou ça »… C’est trop tard. Il faut AVANCER. Jamais je ne viendrai d’ailleurs balancer à une runneuse blessée « ah bah c’est ta faute, fallait pas courir, fallait par faire ça, fallait t’arrêter ».

Nous sommes tous des passionnés. C’est en faisait des erreurs que l’on apprend à être meilleur. À trop écouter mon physique, j’ai oublié le moral. C’est surtout cela que je retiens et que je vais devoir changer. Je m’y occupe déjà. L’erreur serait de se morfondre, de ne pas accepter la situation, de persister et ne pas évoluer.

Alors, analysez-vous. Réalisez une petit introspection de vous-même. Faites un bilan à l’écrit ou un soir en solo. C’est difficile mais vous verrez; il n’y a jamais de problème, uniquement des solutions lorsque l’on est blessé. On ne peut que revenir plus fort et meilleur après cette période.

4. La blessure nous révèle la patience et l’écoute de soi 

et… nous force à nous découvrir autrement.

Bien sûr que c’est frustrant. C’est le printemps actuellement, on vient de changer d’heure, le soleil est de retour, les journées sont enfin longues. Je n’ai qu’une envie SORTIR courir, faire du sport pour en profiter. Embrasser toutes ces couleurs et ces parfums du printemps.

Mais j’apprends la patience. Je compte les jours, les semaines. Je l’ai même noté. Le médecin m’a déjà annoncé quand je pourrais TOUT reprendre. Je dois être patiente. Alors au lieu de prendre mon mal en patience, j’ai décidé de profiter de ce temps qui se libérait pour faire d’autres choses. Je ne suis pas que Anne la sportive. Il y a quelques années, cette expression ne me définissait pas du tout. Pourquoi devrait-elle me résumer aujourd’hui ? Si la course à pied est une passion et non une drogue, c’est, je crois, parce que mon bien-être n’est plus intrinsèquement lié à elle. Je suis « bien » dans ma vie, dans ma peau, plus uniquement grâce et par le sport. Elle m’a permis cependant de trouver mon équilibre qui demeure sans elle. J’ai hâte de renouer avec elle mais, je ne suis pas « perdue » sans. Je dois prendre le temps de m’écouter davantage  et d’évoluer doucement mais sûrement 🙂

Bon, c’est la première fois que j’écris un article très orienté « mental » et moral. J’aime beaucoup écrire et m’exprimer sur le sujet, bien qu’aujourd’hui, je dois reconnaître que c’était hyper personnel, fondé sur mon expérience.

J’espère néanmoins que suivre mon flux de pensées pourra vous-même vous aider un jour ou actuellement avec votre propre blessure car bien entendu que c’est très frustrant de ne plus pouvoir pratiquer le sport que l’on aime, mais ce n’est pas la fin du monde. Profiter de ce temps pour vous et rappelez-vous pourquoi vous aviez débuté ce sport: pour votre bien-être justement. Je sais à quel point une blessure peut être déstabilisant et déprimant (je suis encore en béquilles éhé) mais, il faut apprendre à s’écouter et relativiser 😉
N’hésitez pas à me faire part de votre propre « approche » des blessures et à me raconter comment votre moral se porte 🙂

à très vite et bon dimanche

NOTE: Je rappelle que je ne suis PAS médecin, ni ostéopathe, ni podologue, ni kiné. De fait, je ne peux pas vous conseiller personnellement sur votre blessure et je ne pourrai QUE VOUS REDIRIGER vers votre médecin/ le corps médical. Je rappelle que chaque CORPS est unique, la tendinite exactement au même endroit que votre cousine n’est pas identique à la vôtre, ne sera certainement pas soignée de la même manière. Alors, prenez soin de vous. Il est inutile de glaner à droite ou à gauche des conseils, ALLEZ CONSULTER et de préférence directement un spécialiste du sport (médecin du sport, ostéopathe/kiné du sport) 

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