Hello les amis,

En juillet dernier, Matthieu et moi nous nous sommes mariés. I know.Rien que de l’écrire, ou de le dire, ça me parait comme irréel. Peut-être qu’il faudra que j’écrive un article ici au sujet de l’organisation car je n’ai fait que des videos sur Instagram.
Avant le blog, c’est ma relation la plus longue. J’ai créé ce blog en 2009 et j’ai rencontrée Matthieu en 2008. Mais vu le titre, il y a eu un couac dans le rouage à un moment donné. En 2017. C’est un sujet qu’il n’aime pas abordé, je crois que moi non plus. Je n’apprécie pas qu’on m’y ramène, surtout que ça fait plus de 9 ans que ce couac a eu lieu. On nous laisse pas le mettre de côté, y compris quand j’ai annoncé notre mariage. Il y avait forcément, encore, quelqu’un pour commenter « je me souviens de votre rupture ». Oui bon. Quand je fais du vélo, je me souviens du paysage, pas du nid de poule que j’ai pris au km30.
Mais peut-être qu’il faudra vous en parler si… si un jour votre couple entre en eau trouble, se tape ce fameux nid de poule.
Car oui, sans mystère, ce couac c’est juste une séparation. Je crois qu’à l’époque, beaucoup de monde se sont imaginés des choses alors qu’en fait, Matthieu et moi nous nous sommes séparés pendant plusieurs mois. La décision venait de moi, je ne la regrette pas car dans notre couple, à cette époque, il y avait tellement de choses qui ne tournait plus rond. Il fallait du recul, il fallait du temps, il fallait des interrogations pour s’assurer que si on continuait ensemble, on le faisait pour les bonnes raisons.
Je ne peux pas parler pour Matthieu, même si je me doute que pour lui aussi cette période a été compliquée.
Pour moi, qui ai pris la décision, j’avais eu une fracture de fatigue pendant tout le printemps, je venais à peine de me remettre sur pieds. Je me sentais terriblement seule malgré son soutien. Nous venions de déménager et retourner dans le sud de la France. Même si j’avais eu en horreur Paris, au moment de quitter la ville, j’étais prise de plein de regrets. Il faut dire qu’à l’époque, j’étais harcelée en ligne, pas mal emmerdée aussi physiquement par certainement personnes et certains crews.
J’étais épuisée et, j’ai commencé à tout questionner. Le confort dans lequel mon couple s’est installé m’a paniqué car j’avais la sensation que Matthieu prenait tout, y compris moi, pour acquis. C’est flou de se remémorer ce genre de décision. Ce qui est encore plus fou est que notre couple avait survécu à tant de choses avant: les études, la distance, le passage à l’âge adulte. Justement, il me semble qu’on voguait tous les deux sur ce navire qu’était notre couple mais en pilote automatique. Enfin. Je prenais les décisions et je ne sais pas si à l’époque ça nous rendait heureux, vraiment.
C’était aussi l’âge des questionnements : est-ce qu’un jour on va se marier ? est-ce qu’un jour on va avoir des enfants ? est-ce qu’on ne s’est pas mis en couple trop jeune?
Est-ce que je me posais vraiment ces questions ou est-ce que ce sont des questions que les autres me poussaient à me demander ? Je ne me souviens plus. Ce qui est certain c’est que j’étais encore très immature dans mon amour. C’est quelque chose que je n’ai réalisé que très récemment. L’amour adolescent est bien différent de l’amour mature d’adulte avec une maturité émotionnelle, une gestion de la communication et des envies de l’autre, dans le respect de l’autre. Je ne sais pas si j’ai été ou si nous avons été toxique l’un envers l’autre mais cette séparation m’a fait réaliser que MOI j’ai été une partenaire instable, toxique parfois, par manque de maturité mais surtout d’une vraie thérapie.

Au final, cette séparation m’a fait du bien pour sortir la tête du guidon et reconnaître que si le bateau tanguait, ce n’était pas tant la faute de Matthieu (bien sûr il y avait des fautes) mais c’était aussi moi. Moi qui avait beaucoup de colère contre moi-même, moi qui souffrais de TCA, moi qui était encore une femme paumée. La seule personne qui pouvait m’aider ce n’était pas en étant en couple et en faisant souffrir quelqu’un d’autre car je n’avais pas les armes « mentales » ou psychologiques pour « me gérer »
C’est dur de reconnaître que j’étais la faute car, a posteriori, ce que je reprochais à Matthieu lors de ma décision, était bien superficiel par rapport à ce que JE ME reprochais à l’époque mais que je n’ai réalisé qu’en étant seule, face à moi-même.
Grandir en étant en couple est extrêmement facile ET difficile à la fois. Son partenaire est un reflet déformant. Matthieu et moi avons grandi ensemble, et ce que j’aime dans notre couple, c’est que nous l’avons fait sans jamais vouloir empêcher l’autre de prendre les directions qu’eil souhaitait. C’est peut-être pour ça que ça a été un coup de massue pour lui, sur le moment. Je crois.
Qu’avions-nous mal fait alors qu’on était sur une autoroute de la vie plutôt cool.
C’était moi, c’était moi qui était en train de mal faire et de lui faire du mal. Je ne voulais plus être cette partenaire auto-destructrice. Être seule pendant ces mois m’a apporté cette réflexion. Je n’avais plus de miroir déformant par son amour. Je n’avais que la froide vérité que je pouvais être une vraie connasse.
Matthieu était toujours là, c’était mon meilleur ami alors imaginez, même si on était séparé (il avait pris un appartement après avoir vécu chez ses parents) on se voyait régulièrement pour faire du sport ensemble, pour le travail.
Matthieu est un homme qui a été éduqué avec tellement d’amour, de respect et de patience. Il est peut-être maladroit avec les émotions fortes, il est peut-être un peu dans l’évitement. Au final cet évitement était un mal pour moi car je n’étais jamais confrontée à un non brutal, à un « ma vieille tu dépasses les bornes ».
Cette séparation a été une souffrance, je le sais pour lui, mais moi, qui en est souffert aussi, ça m’a ouvert le rideau sur mon reflet bien laid. Mon amour était pas aussi mature et déraciné de tous les wagons que je tirais. C’est le mal de, j’imagine, beaucoup d’amour qui démarre très jeune. Mûrir ensemble peut se faire sur de très mauvaises bases. Matthieu avait les bonnes, pas moi.
On s’est donc séparé pendant 6 mois.
ça peut paraitre long, court, je ne sais pas.

Au bout de 3 mois, à ruminer, à cogiter, j’ai commencé à lui expliquer ce qui se passait dans ma tête, je me suis surtout excusée en réalisant à quel point j’avais pu être blessante. Est-ce que l’on peut pardonner ? Ce n’était pas à moi de prendre cette décision mais nous avons repris contact ainsi, juste amicalement pour voir ce qu’on allait faire. On parlait beaucoup. On se voyait moins (moins de sport ensemble, on choisissait des horaires pour ne pas se croiser) pour que chacun puisse faire le point. (Même si lui comme moi, je pense, avons essayé la vie de célibataire, quand on sait « ce qu’on avait » je peux vous assurer que les DM instagram opportunistes, d’homme que de femme »… ça ne passe pas, c’est insipide. Je mets un clin d’oeil ici car…. ça fait longtemps, on en a ri mais les femmes qui me consolaient dans mes DM pour ensuite le draguer lui dans ces DM (vice versa pour certains potes à lui), wow je ne savais pas que c’était possible d’être aussi tordu)
J’ai réalisé que je l’aimais énormément, que j’avais gâché beaucoup trop de choses, que je voulais l’aimer encore mais différemment pour son bonheur et le mien. Mais la décision de s’aimer à nouveau, ce n’était pas la mienne. Ce n’est pas jeté notre relation entre 2008 et 2017 à la poubelle, c’est plutôt envisagé la suite pour qu’on soit heureux dans un couple SAIN et MATURE.
Oui c’était donc moi qui disait qu’elle allait changer. Matthieu m’aimait avant, cassée, moi je voulais qu’il puisse m’aimer sans me réparer, que ce soit moi qui me répare, qui me corrige, qui me guérit. On parle bien de thérapie, pas de thérapie de couple.
Effectivement, on aurait pu continuer notre route séparément. Que je suive mes années de thérapie et rencontre une nouvelle personne quand j’étais prête. Peut-être que ça aurait été plus dur ? plus logique ? Je ne sais pas
Je me répète, je ne peux pas parler pour Matthieu.
En tous les cas, je me suis engagée consciencieusement sur ce chemin individuel pour guérir de ce qui me faisait souffrir. Puis, je lui ai laissé des semaines de réflexion. J’en ai souffert, je crois que ça a été les pires moments de ma vie à attendre, à savoir s’il me redonnerait une chance ou pas. Je ne changeais pas pour lui, je changeais pour moi mais je voulais cette version de moi… aussi pour être heureuse avec l’homme de ma vie. Cette version ça prend du temps, ce ne sont pas des semaines… ce sont des années de travail (je crois que ce n’est qu’en 2023 que j’ai senti le bout du tunnel arrivé, mais c’est une autre histoire) donc il fallait accepter se remettre en couple sans que tout soit parfait dès le début. Rien n’est jamais parfait. Néanmoins, tout peut être vite améliorer quand on prend conscience de son comportement.
Fin décembre/début janvier… on s’est remis en couple sans habiter ensemble. On y est allé hyper doucement car on discutait pas que de notre couple mais aussi de ce qu’on voulait pour dans 10 ans …. 20 ans (bébé ? maison ? travail ?) Des conversations qu’on n’a peut-être pas dans le feu du quotidien et qu’on a pris le temps d’avoir pour être sûre de ne pas souffrir davantage ou faire perdre du temps à l’autre.

J’ai épousé mon EX 8 ans plus tard. Mais ce n’était pas un ex toxique, ce n’était pas un ex violent, ce n’était pas une tromperie, ce n’était pas un manque d’amour (au contraire). Même si je ne suis peut-être pas trop rentrée dans chaque détail, je rejète profondément les personnes qui viennent donner des leçons si… d’aventure vous vous remettez avec votre « EX » (attention pas dans toutes les circonstances of course). Quand je l’ai expliqué il y a 8 ans (pour info on me harcelait de DM quand on ne voyait plus Matthieu, on me harcelait quand on le voyait…) on m’a littéralement craché dessus : on remange pas son VOMI, unfollow nia nia... Come on.
Il n’y a que vous seul(e) qui pouviez savoir si ça vaut l’investissement émotionnel de « rénover » au lieu de tout démolir et reconstruire ailleurs. Je ne regrette rien car, sans ce temps que nous avons pris pour réfléchir, justement, je ne sais pas si Matthieu et moi serions ensemble à l’heure actuelle. Je crois profondément que la situation précédente à 2017, nous aurait détruite et aurait détruit, au final, notre relation. Nous avons pu repartir sur de meilleures bases en communiquant et en posant des limites.
Dans un couple, c’est difficile quand l’un change, l’autre doit suivre, on évolue ensemble. Mais parfois, on évolue DEJA sur de mauvaises bases. Il ne faut jamais croire que les couples heureux sont parfaits. Nous avons tous des travers, des parties sombres que l’on explore seule ou tristement à deux. L’amour est un choix mais aussi un sport, un entretien quotidien. C’est une maison qui vit, qui exige de nous une attention quotidienne.
Nous avons pu repartir sur de meilleures bases en communiquant et en posant des limites. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais actuellement, je suis heureuse (je crois que Matthieu aussi). Mon coeur veut éclater d’amour à chaque fois que je le regarde. Je le trouve si doux, si beau, si gentil. Je l’aime tant et je sais combien cet amour vaut de se battre un peu contre soi-même, ses travers qu’on a hérité malgré soi (sans me victimiser tout de même).
La St Valentin approche et je suis heureuse de la passer à ses côtés.
Photos de Fanny Mathilde Manon
Quelle belle finalité ! Beaucoup de bonheur encore et encore pour les dizaines d’années à venir
Je me souviens encore du post instagram où tu annonçais que vous vous étiez remis ensemble, j’avais trouvé ça très émouvant. C’est le cas aussi pour cet article, merci d’avoir partagé ça <3
Prendre des décisions fondées dans la vingtaine pour de mauvaises raisons, cela arrive, c’est l’expérience.
Reconnaître ces mauvaises raison, c’est du discernement.
Travailler sur ces mauvaises raisons, c’est du courage et le début de la maturité.
Et que de tout cela naisse quelque chose de beau, c’est carrément cool.
Chaque couple et chaque personne a son histoire et personne ne peut nous dire comment s’épanouir.
Félicitations en tous cas à tous les deux pour ce bel engagement, je vous souhaite tout le bonheur du monde