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Hi,

J’espère que vous allez  bien ? Aujourd’hui j’avais envie d’aborder un thème un peu différent: la lecture. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous avez dû remarquer qu’à chaque début d’année, je tentais de m’engager « à lire ». Une bonne résolution qui honnêtement retombait très vite à plat. Pourtant, j’y mettais de la bonne volonté, je choisissais des livres à lire, je les entamais puis les abandonnais. Je ne dis pas que je ne lisais pas du tout. Au contraire, j’ai lu pas mal d’ouvrages sur le féminisme qui ont renforcé mon éducation et mon engagement. Néanmoins, je refermais chaque essai avec beaucoup de colère. Non pas contre le contenu ou l’autrice, mais bien contre cette situation, cette société…

Bref, ce n’est pas le sujet. Quand j’étais petite et adolescente, j’adorais lire. J’étais capable de dévorer un livre en une nuit. J’allais chaque semaine à la médiathèque pour emprunter le maximum de livre autorisé. Même au collège, je continuais à lire sans cesse. J’avais le CDI ET la médiathèque. Puis, le lycée, les lectures obligatoires, la préparation d’un concours, les téléphones portables, les écrans, les études, les réseaux sociaux… j’ai totalement perdu cette habitude, cette passion. Je n’avais plus l’envie de lire « en loisir » alors que je me tuais à aller au bout des lectures obligatoires qui, souvent, étaient un enfer. Oui je n’ai pas pris énormément de plaisir à lire certains classiques. J’ai adoré découvrir certains philosophes, certains auteurs (je m’en rends compte que j’ai lu très peu d’autrice au cours mon cursus) Mais je ne lisais plus de « bonbon ». Rien de péjoratif là-dedans, j’entends juste par-là de romans qui attisaient ma curiosité, ma créativité et me poussaient, dans mon intériorité, à m’inventer un monde d’émotions et de visages, purement fictif.

Rien, réseaux sociaux, smartphone, séries, n’a pu remplacer ces sentiments uniques que peut procurer la lecture. J’en avais totalement conscience et c’est pour cela que je m’acharnais à vouloir renouer avec cette passion.

Depuis 2015 et la fin de mes études, je n’y suis jamais réellement parvenue. Parfois l’été, je lisais plus mais rien d’enthousiasmant. Je me couchais tard, je bossais tard, je ne lâchais pas mon téléphone, je scrollais sans fin (team Pinterest!), je binge-watchais des series. Le peu de livres que j’ouvrais, je ne parvenais qu’à lire 3-4 pages par soir avant de m’endormir. J’oubliais même parfois ce que j’avais lu quelques jours auparavant. Je poursuivais ma lecture en étant totalement perdue puis, inévitablement, j’abandonnais lâchement l’ouvrage dans un coin de table de nuit. J’ai même tenté de rejoindre un club de lecture, de suivre des « booktubeuses » afin de retrouver des titres qui me plaisaient et une communauté motivante pour enchainer les ouvrages.

Rien y faisait, je n’arrivais pas à trouver du temps ou accorder assez d’attention. Je reprenais toujours mon téléphone ou me couchais toujours trop tard, sans parler du manque d’intérêt pour le livre en lui-même (je parle bien sûr de mon intérêt pas de la qualité du livre). De temps en temps, j’avais un coup de coeur… puis hop je retrouvais mes mauvaises habitudes. Pendant le confinement v1, j’ai franchement pensé que j’allais lire à nouveau. Mais l’envie n’était pas là. Regarder une série tout en travaillant, c’était tellement mieux. Il est évident que les écrans, le smartphone sont devenus des obstacles à la lecture. C’est tellement facile. On se perd, on navigue sans fin, on saute d’un compte insta à un autre, d’un tweet à un board Pinterest, hop ça fait déjà 1h que nous sommes sensé.es dormir

Je crois que nous avons tous une longue liste de raisons justifiant cette mise de côté de la lecture. J’en ai 2 autres qui m’ont pas mal complexée :

  • « Qualité » / Reconnaissance du livre: je suis issue d’un cursus Sciences Po où dans les couloirs on débattait des derniers essais politiques, philosophiques bref… Le roman de Marc Levy « ce n’est pas de littérature » »c’est pour les bonnes femmes » « c’est des romans de gare ». Je ne caricature même pas. C’était la honte de lire ce genre de roman. LE roman avec un grand R c’est du Victor Hugo, du Balzac et que sais-je encore, mais pas du Amélie Nothomb. Résultat, je crois avoir intériorisé ce complexe. J’étais terrifiée à l’idée de lire un roman qui ne « m’apprend rien » dans le sens, qui ne soit pas « reconnu », qui ne soit pas « valable » pour la littérature la vraie, la grande, les HAUTES et belles lettres. C’était une perte de temps et d’esprit de se lancer dans ces lectures. Bien sûr on peut prendre énormément à lire ces classiques, à lire des essais sur le droit, la théologie, la sociologie. C’est passionnant mais ces ouvrages ne font pas vibrer les mêmes cordes en nous. Ils appellent à notre raisonnement, notre intelligence, notre recul. C’est rationnel. À une époque, j’analysais le texte tout en le lisant pour m’assurer que je puisse « exploiter  » ces idées en cours, en dissertation, en recherche. Où est le plaisir ? Lisais-je vraiment pour assouvir la petite fille qui avait besoin de se créer un monde à part ? Bien sûr que non et je l’ai laissé longtemps sur sa faim car j’ai gardé cet état d’esprit, y compris sur mon auto-éducation au féminisme. Rien qui m’ouvrait une porte imaginaire et me transportait, m’émouvait. J’ai mis énormément de temps à me libérer de cette auto-limite. Je ne jugeais pas les livres, ni les lectures d’autres mais je me bloquais moi-même.
  • Vitesse de lecture et quantité : Ce qui m’empêchait aussi de reprendre la lecture était ma vitesse. Au bout de 2-4 pages, j’avais du mal à conserver ma concentration, soit je retournais sur le téléphone, soit je piquais du nez. Je vous laisse calculer combien de temps il me fallait pour finir 1 ouvrage. Quand on suit des clubs de lecture ou des booktubeuses, ou juste des amies qui te sortent leur énorme pile de livres « du mois », alors que toi, tu te noies dans 200 pages. Je ne rejette pas du tout la faute sur elle et j’ai envie de dire, c’est comme le sport : chacun son niveau, chacun son itinéraire. Néanmoins, j’étais découragée et honteuse. Comment, étudiante je pouvais AVALER plusieurs livres en une journée et en être incapable alors que je choisissais ces ouvrages qui étaient sensés enfin me plaire, me donner envie. Ce que j’en retiens aujourd’hui: peu importe votre vitesse de lecture ET la quantité, tant que vous lisez et que vous faites plaisir, on s’en fiche du reste.

Enfin, je crois que nous traversons tous des périodes plus ou moins propices à la lecture. Il est vrai que pour reprendre, j’ai dû un peu me forcer. Je compare un peu à la reprise du sport: c’est dur, il faut (re) aménager son temps, trouver du temps, ne pas être trop fatigué.e, être motivé.e et surtout trouver le livre qui nous fait envie (et le livre d’après qui prolongera le plaisir)

Revenons sur ce qui bloque : le temps ! Je ne sais pas vous, mais je lis le soir en me couchant. Je ne lis pas dans le transport car je n’en ai plus. Quand j’en avais ou que j’en ai, je préfère les livres audio. Je ne vais pas vous redonner mon avis dessus mais j’aime toujours autant (vous pouvez lire mon article à ce sujet par-là >) Néanmoins, ça reste différent de lire… par soi-même. C’est mieux que rien, je crois que ça m’a consolé pendant plusieurs années de mon impossibilité de vraiment lire pour toutes les raisons que j’ai évoqué.

Au-delà des écrans et de la décision d’enfin aller se coucher, c’est bien l’heure qui tourne qui va vite nous empêcher de lire. Tout comme courir, il faut un temps pour « re » rentrer dans son livre puis passer dans cette phase de plaisir à chaque mot. Il faut pouvoir se concentrer sans interruption. Ce n’est pas évident si vous avez un.e chéri.e à côté qui a d’autres idées OU envie de vous montrer cette video sur son smartphone (que vous avez déjà vu ce midi mais que vous allez faire genre de découvrir pour lui faire plaisir). Je plaisante bien sûr.

Résultat, je connais l’heure à laquelle je veux m’endormir: 00h dernier délai. Je vais donc aménager mon temps pour y parvenir. J’ai réalisé qu’entre la décision de me coucher et la réalisation peut parfois s’écouler 1h durant laquelle je peux : ranger la cuisine, promener Pippa, lancer une machine, plier du linge, lancer un lave-vaisselle, ranger ma chambre, des vêtements, sortir une poubelle, me laver, m’étaler de la crème lol… Bref, il m’arrive de me retrouver adns le lit à 23h58 et de me dire qu’il est inutile de prendre mon livre. Je vais donc scroller bêtement mon téléphone, programmer mon réveil et paniquer en voyant 0h30 et en ressortant des abimes d’Instagram.

J’ai trouvé de simples solutions: mieux m’organiser et quitter bien plus tôt la télévision afin d’avoir vraiment 20-30min de lecture quoique je doive faire avant. Hors de question de reprendre le téléphone une fois que j’ai pris la décision de me coucher. J’avoue au début c’était difficile. Côté organisation, ça allait, même si Matthieu était parfois surpris de m’entendre dire « je vais me coucher » assez tôt. C’est plus côté concentration. L’une d’entre vous m’a dit que c’était une question d’habitude et qu’il fallait y retourner progressivement. C’est exactement ce qui s’est passé. 5min de lecture…10..20.. Si vous lisez régulièrement, vous allez trouver ridicule, pourtant, à force d’avoir mon attention sur plusieurs choses à la fois, j’ai perdu ce centrage sur un objet. À mon sens, le yoga m’a beaucoup aidé à rapidement lâcher-prise sur ces envies de prendre mon téléphone. Je ne rate rien sur ces applications, je ne rate rien à la tv grâce au replay, grâce à la VOD.

C’est donc un mélange entre discipline et plaisir.

Oui il faut s’aménager ce temps au coucher mais c’est pour prendre plaisir à lire. Côté livre, je pense que c’est suggestif à chacun mais dès que la lecture nous tient, on se réjouit de rouvrir son ouvrage le lendemain soir.

Pour moi, c’est par le roman fiction historique (c’est un style que j’adore). Je suis fan de toutes les séries autour des Tudor, dont The Tudor (Starz). Fin août je me suis abonnée à la chaine (enfin 3 mois gratuits lol) afin de suivre « The Spanish Princess ». Toutes ces series sont tirées des romans de Philippa Gregory. J’en ai acheté un (La Derniere Reine), un peu au hasard et je l’ai dévoré. En 3 jours, c’était fini et j’ai enchainé sur une autre recommandation…même si j’ai moins aimé, j’ai continué. J’ai adoré la série Normal People, je me suis donc attaquée aux ouvrages de Sally Rooney (Conversations entre amis puis de Normal People en anglais). FAN FAN, j’ai même retrouvé ce drôle de sentiment de deuil après avoir fini Normal People (le livre pas la serie). Puis, pour retrouver cet univers, j’ai bêtement tapé dans google « que lire après Normal People » et hop, j’ai fait le plein de recommandation, j’ai comparé les références et hop. J’ai une longue liste de livres à lire qui m’attend. Je viens de terminer le Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin et « Voyage avec un âne dans les Cevennes » de Stevenson (grosse déception). Je continue sur ma lancée avec beaucoup de bonheur car j’ai renoué avec ces émotions et ce monde imaginaire qui m’est propre.

Quel livre choisir pour se relancer dans la lecture ?

Je n’aurais pas de conseils lecture à vous donner (même si je crois que, quelque soit vos goûts, vous ne vous tromperez pas avec Valérie Perrin) mais écoutez-vous, lisez ce qui vous plait. Surtout, ne vous forcez pas à terminer un ouvrage qui ne vous passionne pas plus que ça. Bon ok j’ai terminé Voyage avec un âne dans les Cevennes car jusqu’au bout, j’ai espéré un revirement de situation, mais je sais que je ne me forcerai plus à l’avenir. Il y a tellement d’autres romans à découvrir 😉

Je ne sais pas si lire mon expérience vous aidera. Peut-être que ce second confinement (soyons optimistes), vous permettra de relancer vos envies lectures. Si vous aussi vous avez du mal à lire… ou si vous aviez du mal à lire, n’hésitez pas à partager votre expérience et vos conseils en commentaire. Je suis comme toujours preneuse de vos suggestions lecture aussi. Je ne suis pas critique littéraire (je suis même assez maladroite et spoil souvent), néanmoins, j’essaierai de vous partager sur instagram ou ici mes coups de coeur 😉

@ très vite

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