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Hi,

J’espère que vous allez bien ? Je suis contente de vous retrouver aujourd’hui pour parler de contraception. Ça faisait longtemps que je préparais cet article, notamment depuis mon partage de mes podcasts féministes favoris (souvenez-vous >>). Je sais que je suis assez irrégulière ces derniers temps en terme de publication et…. ça ne va pas trop s’arranger en mai. En outre du Dubndidu Atelier qui me prend pas mal de temps….un autre projet m’accapare aussi ! Je vous expliquerai pourquoi mais je fais ce que je peux, promis 🙂

Bref, si j’ai eu l’idée d’aborder ce sujet, c’est bien parce que j’ai découvert puis écouté chaque épisode du podcast: Ma Contraception et moi.  On l’oublie vite, pourtant, la pilule, et plus globalement tous les moyens de contraception, ont été des éléments fondamentaux dans la libération de la femme. Pourtant, j’ai pendant plusieurs années « subi » ma pilule et je crois que nous sommes encore trop de femmes à « mal vivre » notre contraception. Comme pour les règles, j’ai aussi cette impression que c’est un sujet tabou. C’est pourquoi, j’ai eu envie de prendre la parole, vous parlez de ma propre expérience afin de vous montrer que nous sommes toutes différentes mais qu’il est essentiel d’être pro-active dans le choix de sa contraception 😉 !

Mon expérience ne fera peut-être pas écho à toutes mais ce partage a vraiment pour but de vous faire réfléchir sur votre rapport à votre contraceptif.

Je vous en parle forcément en video mais aussi directement à l’écrit juste après 🙂

De ma première pilule…

J’ai commencé à prendre la pilule vers 16-17ans en même temps que j’entamais une vie sexuelle plus active. C’était un peu…obligatoire dans ma tête. Au-delà des MST ou du SIDA, j’avais une grande peur de tomber enceinte (je voyais les téléréalités sur les très jeunes mères aux USA). Je me disais qu’avec préservatif  + pilule, rien ne pouvait m’arriver et ça me rassurait beaucoup. Je n’ai jamais apprécié prendre cette pilule: pas de libido (ironie de la chose à 16-17ans), migraine, rétention d’eau, spotting. Pourtant, ma maman m’a emmené rapidement chez un gynécologue qui m’a rétorqué quand je lui ai dit que je n’avais pas trop de libido, qu’il fallait aller consulter un sexologue. Bah voyons.

J’ai heureusement trouvé un gynécologue à Aix-en-Provence (la ville où j’étudiais), bien plus compréhensif et à mon écoute, qui a su me prescrire une pilule… qui passait mieux. Mais, honnêtement, étant en couple depuis longtemps, après une prise de sang pour vérifier que ni Matthieu ni moi ne souffrions de MST ou du SIDA, nous avons arrêté le préservatif.

Résultat, je DEVAIS prendre la pilule en tous les cas pour « notre » confort. Quand je repense à mon rapport à la pilule, je la prenais vraiment par obligation pour nous arranger tous les deux. Je n’étais pas actrice ni à l’aise car même si mon gyneco à Aix m’avait prescrit une pilule plus adaptée, je ne me sentais pas non plus très bien avec. Sauf que ça faisait déjà 4 ans que j’étais sous traitements hormonaux, soit déjà un grand bout de ma vie de « femme », je crois qu’à l’époque, mes petits soucis de santé, mes migraines, mes jambes lourdes, mes fatigues étaient des symptômes normaux d’étudiante. Attention, je parle bien sûr pour mon cas, nous sommes toutes différentes mais à force de changer tous les 5-6mois, j’étais un peu désespérée car je me disais qu’en tant que femme libre et indépendante, cela passait par la pilule ! Je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais pas LA pilule qui allait me libérer de cette inquiétude de tomber enceinte… sans y perdre ma santé.

À côté de tous ces petits aléas, ces changements, j’ai commencé à avoir beaucoup d’acné, malgré la pilule…puis malgré une pilule spéciale anti-acnés (coucou Diane35). Ni ma dermato, ni mon gyneco ne trouvaient de solution et à ce moment-là, je ne me sentais pas prête à passer par Roaccunate (un traitement lourd contre l’acné), d’autant plus que je partais étudier à l’étranger.

… Au stérilet cuivre

Finalement, avant de partir 1 an aux Etats-Unis, je suis passée sous le …sterilet cuivre 🙂 Fini les hormones et là…c’était mieux, c’était même un peu la révélation. J’ai retrouvé mon corps, j’ai retrouvé mes règles (plus abondantes que sous pilule, mais rien de trop énorme ou d’insupportable)… mais j’ai surtout subi une acné encore plus « invasive » que jamais.

J’étais hyper complexée, je me sentais sale, je le vivais vraiment mal. Aux Etats-Unis, je vivais avec le soleil, donc ça « passait » à peu près, mais quand je suis rentrée en France, j’ai décidé de passer sous Roaccutane. J’ai dû me faire retirer mon sterilet dont j’étais plutôt contente pour sa fonction première: m’éviter une grossesse non désirée. Oui j’avais mes règles, plutôt abondante, j’avais quelques symptômes prémenstruels mais ce n’était rien comparé à ce que je subissais sous pilule. Sauf que pour prendre Roaccutane, je devais reprendre la pilule. Le retrait a été compliqué je dirais….malgré cela, si je devais reprendre un contraceptif, je m’orienterai vers cette solution, sans hormone et assez « naturel ».

À la pilule à nouveau :

Je ne vais pas revenir sur mon traitement Roaccutane (j’en ai parlé il y a longtemps ici)  mais pour lutter contre mon acné, j’ai du faire retirer mon sterilet et passer sous pilule à nouveau afin de prendre ce médicament. Là, ça a été très compliqué pour moi de revenir sur un traitement hormonal, mais ça m’a permis de découvrir le coupe menstruelle (dont je vous parle ici). J’avais lu un peu partout que coupe ET sterilet ne faisaient pas bon ménage (ce qui est faux!)

De plus, je voulais vraiment me débarrasser de mon acné. J’étais en master 2, j’allais rentrer sur le monde du travail, je ne voulais plus avoir ces boutons, je voulais avoir la tête de l’emploi quitte donc à reprendre cette pilule. Une fois le traitement terminé, j’ai continué cette pilule même si… les migraines étaient revenues, les jambes lourdes, la rétention d’eau ET même une prise de poids. Chose que je n’avais jamais eu quand j’étais plus jeune. Mais, j’ai « accepté » la chose.

À l’arrêt total de tout contraceptif :

Puis, à force de lire plusieurs articles sur l’arrêt total des traitements hormonaux (les risques cardio-vasculaire…) A cette époque, il y a 4 ans, certaines pilules de nouvelles générations étaient diabolisées et de plus en plus de femmes partageaient l’importance de mieux se « connecter » à son corps, son cycle… sans hormone. Après mes lectures, mes échanges avec d’autres femmes, je me suis lancée. J’ai terminé mes plaquettes puis je n’en ai pas racheté. J’ai gentiment expliqué à Matthieu que nous allions reprendre le préservatif car je ne supportais plus ce traitement. J’avais des angoisses, des nausées rien qu’à l’idée de prendre ce cachet le soir.

J’avais beaucoup de petits épisodes de déprime. Je vivais à Paris, pas de gyneco à aller voir facilement. J’ai donc arrêté de manière totalement indépendante… genre YOLO, j’ai laissé faire dame nature. Honnêtement, j’ai plusieurs fois pensé que j’avais fait une connerie. La pilule est confortable: on sait quand on a nos règles, on peut même les décaler. Quand on fait beaucoup de sport, quand on participe à des compétitions, c’est très pratique.

J’ai eu un gros retour d’acnés, j’avais mes règles n’importe quand, j’ai même eu une longue période où j’avais mes règles toutes les 2 semaines. J’étais très fatiguée, je subissais ce corps que je voulais pourtant réveiller et mieux comprendre. Puis petit à petit, les choses sont rentrées dans l’ordre. ça prend du temps de se remettre « au naturel », de retrouver un cycle « naturel » avec son propre cycle hormonal. Tout en sachant que je prenais la pilule depuis…des années. J’avais l’impression que je n’avais même jamais vécu de cycle « naturel ».

J’ai retrouvé un cycle régulier, ma peau est redevenue nette. J’avais tout de même consulté ma dermatologue qui m’avait assuré d’être juste patiente. Je suis heureuse de l’avoir été (bien 1 an avant que tout rentre dans l’ordre) car depuis 4 ans, je n’ai plus pris aucun contraceptif. On fonctionne qu’avec le préservatif et moi, j’ai mes règles …réglées sur les phases de la lune. Ceci n’est même pas une blague. Mon premier jour de règle tombe sur le jour de la nouvelle lune, à +/- un jour près. Je trouve ça assez dingue depuis que je l’ai remarqué. ça me permet de calculer très simplement mon cycle. Je suis heureuse d’avoir « tenu » durant les mois où le corps retrouve ses marques hormonales (à lui !) car maintenant, je me sens tellement mieux (plus de migraine, pas de jambes lourdes, fini la rétention d’eau, perte de poids).

Le seul bémol ? Les syndromes prémenstruels

Tout comme la contraception OU les règles, les syndromes prémenstruels sont peu ou pas expliquées aux plus concernées : les femmes. C’est normal d’avoir une chute d’énergie avec les règles, d’être plus sensible, déprimée, fatiguée, douloureuse. En fait, ces syndromes sont particuliers à chaque femme. Personnellement, je manque de motivation, je suis fatiguée ET très énervée, voire sensible. Je suis facilement émue, j’ai souvent peu confiance en moi (ouf ça ne dure que 2 ou3 jours). Avant, je n’avais pas bien identifié ces journées comme liées à un réaction chimique dans mon corps : chute d’hormone = règles = syndromes prémenstruels. Maintenant, je fais avec.

Les miens ne sont pas douloureux, quelques mois j’ai des règles plus douloureuses que d’autres (crampes…. jusqu’à bien pire, mais comme c’est hyper aléatoire et ne souffrant pas d’endométriose, je fais avec car je préfère faire avec que reprendre une pilule) Cependant, il est important de noter qu’un cycle naturel implique forcément ces aléas…Quand on en  a conscience, on le vit bien mieux… sauf pour les douleurs. C’est pourquoi, un choix de contraceptif ne doit pas seulement inclure juste le confort de votre partenaire ou votre peur de la grossesse (j’en fais totalement partie cela dit)  mais aussi et tout simplement votre santé à vous.

Sans mauvais jeu de mot, ce n’est pas une pilule magique d’arrêter son contraceptif, mais clairement, pour moi, c’est ce qui a fonctionné. J’aime voir mon corps évolué au fil de mon cycle, je me sens plus à l’aise avec « ma féminité » que je me suis réapproprié. Bien entendu, pas besoin d’arrêter la pilule pour cela, mais oui, moi ça m’a aidé. Je ne reviendrai pas en arrière et j’ai même peur de me dire qu’un jour, il faudrait que je reprenne un contraceptif…j’aurais un peu peur de rompre l’équilibre que j’ai su trouver.  En tout cas, l’association sans contraceptif + préservatif, fonctionne très bien pour moi, pour nous. Ce fût fastidieux mais finalement simple de juste retrouver mon corps sans hormone « artificielle ».

En fait, si je souhaitais vous partager mon parcours, ce n’était pas pour vous révéler mon intimité mais juste pour vous montrer que certains symptômes ne sont pas normaux, que c’est normal de devoir changer de contraceptif, d’en essayer d’autres types.Ce qui convient à votre meilleure amie, ne vous conviendra peut-être pas.

 Soyez maîtresse de votre contraception. Ne subissez pas pour faire plaisir à la personne qui partage votre vie. Il existe de nombreuses solutions pour assurer votre protection (MST et grossesse), renseignez-vous, discutez-bien avec des personnes informées, forger votre opinion puis choisissez ce qui vous correspond.

Ce qui m’en vient à vous parler du podcast qui m’a donné envie de vous dévoiler autant mon propre parcours autour de la contraception….

 Ma Contraception et moi / Mademoizelle (à retrouver ici >>)

Je suis tombée un peu par hasard sur ce podcast qui est un en fait un mini « webserie/podcast ». Il n’y aura pas de rendez-vous hebdomadaire comme une émission, tous les épisodes sont déjà en ligne. Chacun d’eux abordent UN type de contraception (préjugés, info complète, pourquoi cela peut vous convenir OU PAS), mais d’autres épisodes sont aussi des partages d’expérience sans tabou: échec de contraception, grossesse non désirée. Tous ces thèmes sont abordés encadrés par un médecin ET un gynécologue afin d’avoir un avis médical/objectif également.

C’est vraiment interessant d’enfin entendre parler de contraception aussi librement pour être la mieux informée possible et surtout de savoir QUE VOUS AVEZ LE CHOIX. Ne subissez pas vos rendez-vous gynécologiques, ne subissez pas votre pilule, ce n’est pas normal de vivre avec autant d’effets secondaires alors qu’ils existent tant d’autres possibilités 😉 Je sais que lorsqu’on est jeune, lorsque l’on débute sa vie sexuelle, on est vite intimidée, mais c’est notre corps et notre quotidien.

Pour finir, mon choix d’arrêter les hormones pour ma contraception n’est pas une voie unique. Elle me convient à moi actuellement mais elle peut ne pas vous convenir. L’essentiel pour votre santé, votre quotidien ET votre équilibre, est de trouver ce qui vous correspond 🙂 ! De même, n’oublions pas que le rôle d’un contraceptif est de vous empêcher d’avoir une grossesse non désirée et NON de vous protéger contre les MST, seul le préservatif le peut 😉

Sur le même thème et pour vous montrer que nous avons tous des profils différents, je vous invite aussi à lire l’article de Victoria (Mango and Salt) sur sa propre expérience (notamment son endométriose et comment justement la reprise de la pilule l’a aidée face à cette maladie encore peu connue). Vous aurez ainsi différents sons de cloche autour de la pilule qu’il ne faut pas si vite diaboliser comme ce qu’il a pu être fait depuis 2012 (de moins en moins de femmes la prennent)

Voilà, j’espère vous avoir aidé un peu dans votre vie de femme 😉

@ très vite

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