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marvejols mende semi marathon 2014 compte rendu de course à pieds

Même si 7 jours après, j’ai encore du mal à réaliser que ça y est nous l’avons fait, je partage enfin avec vous mon petit compte-rendu suite au fameux défi dont je vous parlais dans cet article. Cette course c’était mon rêve sportif de l’année. Je voulais la faire pour tourner la page, écrire le mot fin sur mes études, sur ma vie d’étudiante, je voulais quelque chose de fort à faire pour marquer le coup, quelque chose qui me pousse dans mes retranchements et qui demande un effort un peu différent que ceux auxquels je suis habituée.

Cette course nous l’avons préparée sur environ 8-10 semaines, car Matthieu, mon petit ami, a bien entendu fait partie de l’aventure. Nous avons suivi un programme assez intense et particulier (à relire ici>>), qui après coup, s’est révélé parfaitement adapté à l’épreuve car nous avons souffert mais bien moins que ce que nous avions pu imaginer.

Pour rappel, ce semi-marathon (qui n’était que mon 3eme en fait) un faux semi-marathon, puisque la distance officielle est de 22,4km, soit un petit kilomètre à faire en plus (mais on le sent !). En outre de ce petit détail, c’est comme je vous le disais le dénivelé, il n’y a aucun moment du plat, vous ne faites face qu’à du faux-plat montant, des montées ou des descentes abruptes. Ainsi l’altitude minimum est de 647m jusqu’à atteindre les 1020m au Col de Goudard (9/10km). Si on parle un peu technique cela représente un dénivelé total de +642m / -560m. En fait, l’ascension des 2 grands cols et les descentes extrêmes qui les suivent en font l’un des semi-marathons les plus difficiles de France, si ce n’est LE plus difficile. 

C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’attire pas 30 000 coureurs, ce n’est pas une course comme les autres mais elle vaut l’entrainement et les efforts fournis, je peux vous le dire 😉

Le Marvejols-Mende est aussi le premier Semi-Marathon auquel je participais dans une plus petite ville, dans une plus petite région. Ce n’est pas péjoratif au contraire, c’est juste pour souligner l’échelle et donc l’ambiance qui sont différentes. Cette course est connue et reconnue au niveau international, elle attire des athlètes de très haut niveau et de tout horizon, mais elle a su rester à taille humaine et l’atmosphère est pour le coup beaucoup plus amicale et décontracte.

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L’organisation de la course: 

Samedi, nous sommes allés retirer nos dossards et les petits goodies dont un t-shirt Li-Ning aux couleurs de la course. Comme quoi, on n’est pas obligés de payer 45 euros pour avoir un t-shirt de qualité (clin d’oeil au Semi de Paris où nous avions eu des t-shirts en coton éhé) et une organisation irréprochable.

Nous nous sommes un peu renseignés sur le parcours de la course en elle-même afin de savoir si OUI ou NON nous prenions la ceinture de petites bouteilles Kalenji et finalement, après avoir discuté avec les doyens de la course (dont un qui a fait TOUTES les éditions, imaginez son âge donc.. 41.. enfin 42 fois maintenant), nous n’avons pris aucun ravitaillement avec nous, pariant sur ceux de l’organisation (et nous avons bien fait !)

Nous avons dormis dans ma famille à Mende même, mais sachez que l’organisation fournit des logements aussi 😉  Bref, comme nous dormions à Mende, le matin-même nous avons dû prendre une navette pour aller à Marvejols, le village où le départ avait lieu. J’avais un peu des doutes en me disant que ça allait être un bordel monstre… mais finalement, c’était impeccable. Nous avons pris l’une des dernières à 7h30 (départ à 9h), nous sommes arrivés à Marvejols vers 8h/8h10. Nous avons un peu flâné car le village était vraiment mignon avant de nous rendre sur la ligne d’arrivée.

L’ambiance était vraiment bonne enfant, on croisait des coureurs qui prenaient encore leur petit dej à des terrasses de café, qui plaisantaient. C’était très différent du semi-marathon de Paris, c’était beaucoup plus détendu… voire joyeux. On sentait aussi que beaucoup de coureurs se donnaient rendez-vous ici chaque année, se retrouvaient. Ça faisait plaisir à voir et à entendre.

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La course en elle-même:

Le départ :

8h50, nous voilà dans notre sas de départ… enfin il n’y a pas vraiment de SAS, uniquement un petit SAS préférentiel pour les athlètes qui partent à vive allure et qu’on retrouvera frais comme pas possible à l’arrivée. L’ambiance est chaleureuse malgré le froid un peu piquant d’une matinée d’été en altitude. Les coureurs rigolent, d’autres sont encore entrain de déjeuner sur la place du village. On guète les coureurs déguisés puisque l’organisation offre un prix au meilleur déguisement. On croisera durant les 22,4km pas mal d’entre eux : gendarme et prisonnier attachés et forcés de courir ensemble, une équipe de clown bien maquillés ET avec le nez rouge (courageux), un jeune homme en mode Barbie Girl option PINK.

8h59, on se rapproche, 9h on part ! Nous sommes un peu coincés dans la foule car la route est étroite et nous nous sommes pas assez avancés, nous sommes avec des coureurs un peu plus lents que nous. Résultat, le premier kilomètre est un peu brouillon le temps de remonter la foule et trouver le groupe à notre rythme.

Le parcours

Une fois cela fait, on remarque à peine le faux-plat que je redoutais pourtant. Nous nous sentons bien, nos jambes sont légères, il fait frais, le soleil brille sans être trop chaud, les gens discutent encore un peu, font des blagues, y vont de leurs conseils, on rigole, on sourit car on sait tous ce qui nous attend dans quelques kilomètres.

Malgré l’heure matinale, tous les villageois sont sortis et nous applaudissent ! On sort de Marvejols, encore un peu de faux-plat nous atteignons déjà le 5e km… un virage et l’enfer commence : l’ascension du premier col : le Col de Goudard, qui nous fera monter à plus de 1000m d’altitude (plus on monte en altitude, plus on perd aussi en performance..) en moins de 4km.

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Et pour vous dire le macadam du virage est tagué et nous l’annonce clairement « L’enfer commence ici« . D’ailleurs, c’est toute une littérature que l’on peut lire du début du parcours jusqu’à la fin au sol : Joyeux Anniversaire Riri (x10 donc cher Riri si tu n’as pas VU ce message je ne sais pas moi mais zut à la fin il était PARTOUT), Je t’aime Sophie, Vas-y Jean-Paul, Go Go Go, des messages en Russe, en Anglais, Dernier Effort !!, Contrôle Anti-Dopage, Vas-y !  En avant le Club D’athlétisme de Mende

J’ai adoré, je n’avais jamais eu ça lors d’une course, je ne l’avais vu qu’à la télévision durant le Tour de France. Et bien sur le Marvejols-Mende, vous pouvez passer 22,4 km à lire ce que les amis/familles/spectateurs ont écrit comme message pour leurs amis coureurs à même la route ou tout simplement pour encourager les coureurs en général

L’ascension des cols a été très demandeuse en énergie, pas uniquement physiquement mais aussi mentalement. Si le cardio était relativement stable, c’était bien cette sensation interminable de la montée qui était angoissante : zut quand est-ce qu’on arrive en haut ? Où est le bouuut ? Bizarrement, les jambes tiraient un peu, mais c’était plus le mental qui m’a fait souffrir. On allait SI lentement (entre 7 et 8min/km au plus dur contre 4.30 et 5min auparavant) que parfois on aurait pu marcher, ça allait aussi vite. Beaucoup de coureurs d’ailleurs marchent au lieu de courir dans les montées les plus abruptes.

Heureusement, les spectateurs nous encouragent, les ravitaillements sont parfaitement orchestrés et tombent au parfait moment de la course, exactement là où on avait le plus besoin. J’attrape à chaque fois un petit morceau d’orange coupé et une petite bouteille d’eau (une gorgée, j’humilie ma nuque, un peu mon visage) et c’est reparti.

Le meilleur moment, le plus beau en fait, c’est quand nous avons atteint le premier col, j’ai senti un soulagement indescriptible, j’ai tout de suite retrouvé le sourire malgré les derniers kilomètres. La vue sur la vallée était splendide, le soleil brillait, mes jambes redevenaient légères, je pouvais repartir à l’ascension de l’autre col. J’avais presque oublié la douleur des derniers kilomètres.

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Mais… mais on croit toujours que les descentes vont nous permettre de récupérer, or, quand on perd 400m d’altitude en 4km, ces descentes étaient tout sauf reposantes. Il fallait absolument que nous contrôlions notre allure pour ne pas se laisser trop partir ni s’épuiser, ou encore se faire mal au genou. Certes, nous avons pu nous « reposer » un peu mais c’était aussi pas mal demandeur

La descente s’arrête doucement et on repart sur du faux-plat ni vu ni connu vers le 15eme km, le deuxième col et son ascension arrive. Honnêtement, je croyais que c’était le premier col qui allait le plus nous faire souffrir, mais ce fût la deuxième partie de la course de 10 à 18km (descente+faux-plat+ascension du dernier col de Chabrits) qui a été le plus dur et le plus long. J’avais encore cette angoisse de montée interminable, on ne pouvait pas aller plus vite mais tout ce que je voyais c’était ces lacets de route et ces gens au-dessus de moi qui montaient… encore et encore ! Je crois que ce n’est pas les jambes qui souffrent, tout se passe dans votre tête, on a envie de dire juste STOP car c’est ridicule après tout cette montée en lacet, mais finalement on tient et on arrive au sommet : ravitaillement au coeur d’un tout petit village, derniers encouragements et c’est la descente finale vers Mende.

Splendide elle aussi, on domine la ville qui s’approche doucement et que l’on sent en effervescence, prête à nous accueillir à l’arrivée.

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L’arrivée

L’autre difficulté du Marvejols-Mende c’est le dernier kilomètre.. car c’est une belle montée vers l’arrivée dans le coeur de Mende, face à la cathédrale. Si certes nous descendons gentiment avant, ce petit kilomètre est juste horrible, on a déjà tout donné, et on nous en demande encore.

Heureusement, beaucoup de monde nous encourage, nous arrose même (et ça fait du biennnn), ils applaudissent et j’ai même entendu mon prénom alors si tu te reconnais chère lectrice MERCI. Ces derniers encouragements étaient nécessaires car j’étais au bout, je voulais vite arriver (tellement vite qu’on est vraiment allés vite au niveau de notre chrono finalement).

Je n’en revenais pas de la foule ! Je n’ai jamais vu autant de monde. Même au beau milieu de nul part sur le parcours, on croisait des personnes qui nous encourageaient, qui avaient sorti la chaise, le parasol ! Tout le monde était d’excellente humeur malgré la difficulté de la course. On sent que tout le département est derrière cette course et se sent impliqué. J’ai vraiment senti une ambiance unique comparé à toutes les autres courses auxquelles j’ai participé, une véritable âme l’habitait.

La médaille et puis tout le reste:

Nous avons eu une VRAIE médaille au sens stricte, elle est magnifique, elle représente à merveille la Lozère et l’esprit du Marvejols-Mende. Je suis très fière de l’avoir réalisé. J’ai même aussi eu droit à une rose, toutes les participantes en avaient une. À l’arrivée, nous recevions également 1L de Quezac et un dernier ravitaillement juste à côté de l’arrivée sans sponso, sans chichi. D’autres festivités étaient organisées en parallèle de la course : pasta party la veille, aligot party ensuite…

Résultat: Nous bouclons la course en temps officiel en 2h20 min, je finis 81eme de ma catégorie (Senior Femme) et je suis plus qu’heureuse de ce temps, car notre rythme a été finalement plutôt soutenu au vu du parcours…Comme je vous l’expliquais, nous ne visions aucun chrono, le parcours de la course nous faisait un peu peur et nous étions vraiment là pour finir cette course. Maintenant que nous l’avons fait, je me dis que ce n’était pas si dur… et je crois que l’année prochaine, nous allons reprendre à nouveau rendez-vous avec ce bout de Lozère et cette course indomptable 😉

Notons, quand même que nous étions parmi les plus jeunes à participer, la plupart des coureurs avaient entre 40-50 ans. Comme quoi, je ne crois pas que ça soit tellement le physique qui joue, tout se passe dans la tête !

Pour conclure, c’est la première fois (bon peut-être pas quand même m’enfin…) que je suis aussi fière de moi, si ce n’est de nous. C’est une belle course, une belle réussite pour nous. Je n’ai pas pleuré cette fois-ci, mais pour moi ce Marvejols-Mende est rempli de significations et d’émotions. Zut quoi nous avons terminé cette redoutable épreuve, nous avons certes soufferts, mais j’ai senti que nous avions largement les capacités, que nous étions à la hauteur de celle-ci. ON L’A FAIT, on a relevé notre défi !

Encore merci pour tous vos petits mots/tweets/commentaires d’encouragement <3 !!

à très vite pour de prochains défis !

N’hésitez pas à lire le compte-rendu de Matthieu, mon petit ami, directement sur son blog 😉 >>

PS: Il vous reste encore quelques heures pour participer au concours Uriage 🙂 >>

 

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