Hi,

J’espĂšre que vous allez bien ? Je suis heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un nouveau compte-rendu de course…ou plutĂŽt de trail. Le 30 aoĂ»t dernier, j’ai participĂ© Ă l’OCC ! Avant de vous raconter cette superbe journĂ©e Ă nouveau sur les sentiers autour du Mont-Blanc, il faut que je vous re situe ce cĂ©lĂšbre au trail.
C’est en fait la toute petite soeur de l’UTMB, l’Ultra Trail du Mont Blanc. L’un des trails les plus connus et populaires, en France, si ce n’est dans le monde ! Mais non je n’ai pas couru l’ultra (pas encore LOL). Si je devais essayer de comparer avec l’univers du running, je dis bien essayer, l’UTMB est un peu l’Ă©quivalent du Marathon de Paris/Salon du Running ou encore le Marathon de NYC pour le trail: trĂšs connu, trĂšs demandĂ©. Je sais que l’univers du trail est finalement peu connu, mais je pense qu’avec cette comparaison vous pouvez prendre conscience de la taille, de l’ampleur de l’Ă©vĂšnement. Tout comme par exemple l’inscription Ă Marseille-Cassis, ou le Marathon de NYC: les places sont rares et difficiles Ă obtenir. En outre d’un tirage au sort, il vous faudra auparavant obtenir sur d’autres trails qualificatifs un certain nombre de points requis en fonction de la course que vous souhaitez faire (vous pouvez les retrouver ici). L’UTMB s’organise sur une semaine avec un salon, mais surtout des courses de diffĂ©rentes distances: YCC, OCC, TDS, CCC.. Vous pouvez consulter toutes les infos sur leur site >>
L’an dernier, j’ai eu la chance de supporter Matthieu qui participait Ă l’OCC (souvenez-vous >>). Je rĂȘvais de passer de l’autre cĂŽtĂ© de la barriĂšre. Cette annĂ©e c’Ă©tait mon tour de participer Ă ce trail qui faisait « juste » 56km pour 3500m de dĂ©nivelĂ© positif. OCC est le diminutif pour OrsiĂšres (village de dĂ©part), Champex et Chamonix (ville d’arrivĂ©e).
Et aujourd’hui, aprĂšs cette longue introduction, j’avais envie de vous partager mon (long) compte-rendu. NĂ©anmoins, si vous avez la flem de lire mon CR, sachez que je vous raconte TOUT aussi en video đ
J-1: Chamonix
J’arrive Ă Chamonix le mardi soir. Ma course a lieu le jeudi (oui oui, durant toute la semaine, il y a quasi un dĂ©part quotidiennement). Je quitte Montpellier, sous 30 degrĂ©s pour retrouver la vallĂ©e du Mont-Blanc, un peu plus fraĂźche, enfin presque. Le mercredi, je m’autorise une mini grasse matinĂ©e avant de prĂ©parer mes affaires pour aller retirer mon dossard avec Matthieu.
Il est important de savoir que sur de plus en plus de trails, l’organisation exige des coureurs du matĂ©riel obligatoire afin d’anticiper tout changement violent de mĂ©tĂ©o (ce qui arrive plus souvent que l’on ne peut l’imaginer en montagne) ou incident/blessures. A moment du retrait, il faut le prĂ©senter…sinon pas de dossard, pas de dĂ©part. J’avais dĂ©jĂ Ă©pluchĂ© en dĂ©tails la liste avant de partir. Il ne me manquait que la bande d’Ă©lastoplast que je suis allĂ©e acheter bonbon avec de nombreux autres coureurs Ă la pharmacie de Chamonix >_< lol.
Sifflet, couverture de survie, leggings, veste, poche Ă eau, gobelet… Ok Tout est bien rangĂ© dans mon sac d’hydratation, je file dans la petite fil des retraits. Tout est hyper fluide et quadrilingue: anglais, espagnol, italien..français bien sĂ»r. Je donne mes infos, je rĂ©cupĂšre un formulaire m’engageant Ă toujours garder sur moi mon Ă©quipement, Ă©quipement que je place dans un grand bac gris comme ceux dans les aĂ©roports. Je rejoins un bĂ©nĂ©vole qui vĂ©rifie tout. Il valide, je signe et ZOU, je peux filer rĂ©cupĂ©rer mon dossard, la puce Ă attacher Ă mon sac… mais aussi un petit t-shirt, 2 sacs plastiques miniatures, un gros sac pour l’after-party…enfin pour aprĂšs quoi. Bien entendu, on me glisse un petit bracelet « OCC » qui me rend toute fiĂšre lol. Pas besoin d’une mĂ©daille, juste un bracelet, ça me suffit.
Je plaisante. Je file faire ma petite photo de dossard avec le Mont-Blanc et Chamonix en arriĂšre plan. Le soleil brille, il fait encore trĂšs chaud mais la mĂ©tĂ©o va rapidement se dĂ©grader dans l’aprĂšs-midi: orage, pluie..plus que 15 degrĂ©s. Ăa me dĂ©sespĂšre d’imaginer d’autres coureurs actuellement en course sous ce temps…puis forcĂ©ment, je pense Ă l’Ă©tat de sentiers et Ă la mĂ©tĂ©o de demain. Et comme, le stress joue bien son effet sur moi, mes intestins sont en vrac tout l’aprĂšs-midi. Je vous passe les dĂ©tails mais le soir quand, Matthieu me rejoint, je suis pas au top.
Je dĂ©cide de me coucher tĂŽt… bon je n’ai pas le choix car demain le dĂ©part est Ă 6h. OrsiĂšres se situe Ă 1h de route de Chamonix et il faut aussi rĂ©cupĂ©rer Mathieu, Upperwestguys, qui nous accompagne pour vivre cette course.

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Jour-J : DĂ©part de l’OCC Ă OrsiĂšres, Suisse
Je dors trĂšs trĂšs mal. Vous savez, je me rĂ©veille comme si je n’avais fait que de multiples siestes sans jamais vraiment trouver un vrai bon sommeil. J’ai la nausĂ©e et je n’arrive pas Ă petit-dejeuner correctement. Je l’emporte avec moi en espĂ©rant retrouver l’appĂ©tit sur la route. Oui. Bon. Ce n’Ă©tait pas une excellente idĂ©e entre les lacets, le coussin que j’ai pris pour me rendormir et le bidou toujours pas au top.
Nous arrivons Ă OrsiĂšres. Il fait gris, il fait bon. Je suis loin du froid et de la pluie que Matthieu avait eu l’an dernier. J’ai prĂ©vu des petits « arm warmers » pour le dĂ©part. Pas envie d’aller aux toilettes. J’arrive Ă manger un peu de chocolat et une demi banane avant de filer rejoindre la place centrale du village pour le dĂ©part. L’excitation m’envahit enfin, j’oublie la nausĂ©e, le bidou qui boude. J’ai hĂąte de m’Ă©lancer. L’ambiance est gĂ©niale, la musique s’Ă©lĂšve pour nous rĂ©veiller avant de lancer le dĂ©part Ă 8h15 et des poussiĂšres.
J’ai essayĂ© de me placer au milieu des autres coureurs pour partir avec d’autres au mĂȘme rythme. La sortie du village est hyper motivante: plein d’Ă©coliers sont rĂ©unis, d’habitants, des banderoles aux couleurs du drapeau suisse habillent les rues. Je savais que l’atmosphĂšre des courses de l’UTMB Ă©taient uniques, mais lĂ je suis servie. Je me laisse porter littĂ©ralement. Le soleil joue Ă cache-cache avec la brume, les nuages flirtent trĂšs bas avec les montagnes. C’est magnifique.
Mais je dois vous parler de ma stratĂ©gie de course. Est-ce une stratĂ©gie ? Non. Mais parfois on se demande comment on peut faire au dĂ©part d’un trail de 56km pour trouver la motivation, la force tout au long. En fait, je me projete uniquement sur les prochains ravitaillements. Ainsi, dans ma tĂȘte je ne faisais pas 56km tout un bloc mais: 10km OrsiĂšres > Champex Lac, puis 16km dont grosse montĂ©e qui pique mais superbe descente au ravito de Trient, Ă nouveau grosse montĂ©e mais seulement 10km avant le ravito de Vallorcine et surtout derniĂšre qui pique autant, enfin tranquille tu vas te refaire sur 8km, dernier coucou-hibou gros ravito Ă ArgentiĂšres avant de kiffer (presque) sur 13km (oui ok avec une montĂ©e mais au mental) jusqu’Ă Chamonix.
VoilĂ ce qui se passe dans ma tĂȘte dĂšs ce premier 10km ;). Je pense au lac, au premier ravitaillement.
Je vous mets le profil de l’OCC pour visualiser ce dĂ©coupage:


0 – > 10kmÂ
HonnĂȘtement, ça va, je cours quasiment sur la totalitĂ© de ces 10km. J’adore ce « silence ». Nous sommes encore trĂšs rassemblĂ©s, trĂšs frais, trĂšs souriant tous. Il ne fait ni beau ni moche, ni froid, ni chaud. C’est idĂ©al en fait. J’adore ces dĂ©buts de trail car il y a beaucoup moins de boulet de canon qui te souffle en passant, moins de stress, plus de tranquille emile vous voyez đ ! Je trouve mon rythme.
Matthieu et Mathieu me surprennent Ă plusieurs reprises. On s’Ă©tait dit: rdv au lac de Champex pour le ravitaillement. Finalement, je les verrais 2 fois avant ce rendez-vous. J’avoue ça perturbe un peu dans mon dĂ©coupage de course. Ouais je ne usis pas hyper flexible mais j’apprĂ©cie qu’ils soient lĂ pour me soutenir et m’encourager.
Mais ils ne sont pas seuls. Chaque village Suisse que nous traversons est dĂ©corĂ© ! Les habitants nous boostent, les cloches sont de sortie (les Ă©coliers aussi). Je me ravitaille en eau Ă Champex. Malheureusement, comme sur le marathon du Mont Blanc, j’ai dĂ» mal Ă m’alimenter, rien ne me fait envie dans mon camel đ Je ne sais pas trop pourquoi ça me fait le coup Ă chaque fois. Je me force Ă manger une pompote avant d’enfin les croiser au lac. La vue est superbe, les nuages sont trĂšs bas, accrochĂ©s aux montagnes, se reflĂštant dans le lac. Il fait sombre, ça me fait un peu penser Ă L’Ecosse mais je n’ai pas vraiment le temps de comparer on attaque la suite qui va piquer.
10km -> 26km
On descend un peu aprĂšs le lac. ArrivĂ©e au pied du col aux alentours de 13/14km, je me sens bien et je n’apprĂ©hende pas. 2 gros cols… voilĂ donc le premier. Pas de mensonge, moi dans les montĂ©es je marche, parfois vite, parfois pas vite du tout et sans bĂątons parce que je l’avoue aussi, je ne m’y fais pas. Je me rassure en me disant qu’autour de moi, je ne suis pas la seule lol. Cette fois, mĂȘme si je suis plus Ă©coeurĂ©e qu’autre chose, je me force Ă manger une pĂąte de fruit et une barre de cĂ©rĂ©ales.
HonnĂȘtement, il ne faut pas complexer en trail, moi la premiĂšre, on fait Ă son rythme. L’altitude me gĂȘne moins que sur le Marathon du Mont Blanc. On serpente tous Ă un bon rythme vers le sommet: les vaches, le soleil.. On sort de la couverture nuageuse. On domine la vallĂ©e. J’en profite pour faire quelques photos, quelques vidĂ©os. Je ne suis pas la seule ;). La descente est plutĂŽt agrĂ©able elle aussi. J’essaie d’ĂȘtre hyper concentrĂ©e car je n’ai VRAIMENT envie ni de tomber ni de me faire mal (j’ai aussi un ironman 1 mois aprĂšs lol). Je suis plus lente que ce que je pourrais faire mais on n’est mĂȘme pas Ă mi-parcours.
PLus on descend, plus on entend l’ambiance de Trient et plus, j’ai une drĂŽle d’envie de faire pipi. Vous voyez le truc ? Bah ouais, blam dans la descente la cystite qui se dĂ©clenche đ J’envoie vite un message Ă Matthieu pour lui demander de m’acheter des mĂ©dicaments. Hors de question de m’arrĂȘter, je pense pouvoir gĂ©rer.
Je dĂ©boule dans le village avec cette Eglise ROOOOOSE, genre ROSE. Le soleil brille, il fait bon, je fais un pipi douloureux au ravito, je me ravitaille comme jamais en orange, du genre je m’empiffre. Je recharge mon camel et il faut dĂ©jĂ repartir pour attaquer « dans ma tĂȘte » le dernier gros col. Toujours dans ma tĂȘte LOL je suis dĂ©jĂ pour moi Ă mi-parcours (PRESQUE). Contrairement au Marathon du Mont Blanc, je me sens vraiment bien, en forme. Je rĂ©alise que tout l’entrainement au cours de l’Ă©tĂ© paie, enfin j’espĂšre.
Il est temps de repartir Ă l’assaut du Col de Catogne, Ă la frontiĂšre franco-suisse.

26km Ă 36km:
Bon, je ne vous le cache pas, ça pique GRAVE cette montĂ©e, du genre, ça pique, ça pique, ça pique. Il commence mĂȘme Ă faire un peu froid, un peu sombre, un peu beaucoup de boue. Je remets aussi ma musique car bon, ok j’aime le naturel, la nature tout ça, mais les mecs qui rotent et qui se fĂ©licitent entre eux, ça va 5…10 fois mais au bout d’un moment, je leur parle pas de ma cystite moi. Un peu de musique et zou, on enchaine les lacets. C’est long. Mais heureusement, j’arrive Ă voir les derniers virages avec les autres coureurs. Moi ça me motive, d’autant plus lorsque la vĂ©gĂ©tation se rarĂ©fient, on sait que le sommet approche.
Petite surprise au sommet, bon il fait froid, il y a pas mal de boue MAIS on a un ravito en eau dans une petite Ă©table. Bon j’avoue, moi qui avait de base la nausĂ©e, je me suis sentie mal en rentrant dedans. Trop de nature, trop de vache, je ne m’attarde pas trop non plus. La descente est plutĂŽt technique, j’essaie de bien me ravitailler Ă l’air mais moi qui imaginais que ma cystite s’Ă©tait calmĂ©, elle s’amplifie en descente >_<.
J’essaie de me concentrer sur les cailloux, les racine et surtout NE PAS TOMBER. Comme pour la premiĂšre descente, l’ambiance du prochain ravitaillement nous attire, nous booste Ă ne rien lĂącher. J’avais peur qu’aprĂšs cette montĂ©e, mes cuisses aient posĂ© leur RTT. Au final, je n’ai qu’Ă gĂ©rer ma cystite, elles sont toujours lĂ . Pas de douleurs et surtout PAS de douleurs fantĂŽme. Je peux apprĂ©cier mes envies compulsives de pipi et le paysage avant d’enfin sortir de la forĂȘt et de descendre vers Vallorcine pour apprĂ©cier une bonne soupe. L’ambiance à 1km du village est gĂ©niale. On s’attend pas d’ailleurs Ă voir autant de monde d’un coup. Cloche, musique, cris, ça donne des frissons !!! Mais vite la soupe aux vermicelles m’attend !
Les bĂ©nĂ©voles se moquent un peu de mon minuscule gobelet. Je leur explique qu’on m’a forcĂ©, qu’il fallait qu’il soit Ă©quivalent au gabarit đ Est-ce que je vous ai dit Ă quel point justement TOUS les bĂ©nĂ©voles Ă©taient si gentils ?? Tellement que c’est difficile de quitter les ravitos :S Bon heureusement Matthieu et Mathieu me rappelle Ă l’ordre. Le chrono tourne, les barriĂšres horaires sont loin mais il faut y aller đ ! Matthieu me dit « allez lĂ c’est quasiment plat, tu peux courir non stop » Bah voyons…! Je file.

Encore entrain de manger des oranges ?! Je peux emporter le bac ?
36km Ă 44km:
La fameux « replat » de Matthieu… est finalement hyper agrĂ©able. La cystite sur les premiers km ne se fait pas sentir donc …ouais je cours et ej prends mĂȘme beaucoup de plaisir. Nous ne sommes plus dans de grands groupes de coureurs, on court par petite grappe. Le paysage est sympathique, on crois des randonneurs. ArrivĂ©e au Col des Montets, il y a Ă nouveau une ambiance de folie. On longe doucement la route: klaxon, encouragement. J’adore !
Les bĂ©nĂ©voles nous rappellent de faire TRES attention avec nos dĂ©chets car nous sommes dans une zone protĂ©gĂ©e. Personnellement, je garde tout ET ramasse si j’en vois (on fait tous pareil). Sur les 2 derniers km, la cystite est une vraie catastrophe…pipi trĂšs… sanguin, dĂ©solĂ©e pour les dĂ©tails. J’ai beau boire ENORMEMENT, mais plus que d’envie, Ă partir de maintenant elle ne va plus me laisser tranquille ;(
J’essaie de serrer les dents mais mon casque audio s’Ă©teint. Je le range.
On rejoint doucement ArgentiĂšre…un village trop mignon que l’on traverse par des petites ruelles hyper fleuries (j’adore la montagne en Ă©tĂ© pour ça d’ailleurs). Il est dĂ©jĂ 16h20. Je rĂ©alise que j’ai couru 44km 1h plus vite que le marathon du Mont Blanc. Je suis hyper heureuse, mĂȘme s’il me reste 12km jusqu’Ă l’arrivĂ©e. Bon en vrai ma montre indique dĂ©jĂ 46km, donc je sais que les 56km thĂ©orique vont ĂȘtre dĂ©passĂ©s, que je serai plutĂŽt Ă Chamonix vers les 58km LOL.
Matthieu ou Mathieu, aucun des deux ne sont lĂ . J’envoie un message puis: petit pipi qui ne sert Ă rien Ă part ĂȘtre hyper douloureux, je bois beaucoup d’eau pĂ©tillante (sur trail j’adore ça et je n’ai pas de soucis Ă ce niveau) et surtout, je ne sais pas pourquoi mais je suis prise d’une fulgurante envie de cake. Je me descends la moitiĂ© d’un cake Savannah sous les regards bien amusĂ©s des bĂ©nĂ©voles.
Matthieu me rejoint, me redonne une gĂ©lule (je rĂȘve surtout d’un antibiotique mais bon). J’espĂšre qu’elle aura le temps de me soulager un peu durant la derniĂšre montĂ©e de 5km vers la FlĂ©gĂšre, comme ça, je serai au top pour la derniĂšre descente et l’arrivĂ©e Ă Chamonix. Enfin j’espĂšre. C’est dur de quitter ce dernier ravitaillement, c’est la derniĂšre fois que je les vois, aprĂšs je suis en solo jusqu’Ă la ligne.
Il fait doux, l’ambiance est folle mais zou c’est reparti pour la derniĂšre montĂ©e. YOLO.
44km Ă L’arrivĂ©e:
Je rĂ©alise la montĂ©e avec une traileuse du Costa Rica. On s’est globalement suivies toute la course. Je dois dire que cette derniĂšre montĂ©e passe plutĂŽt bien. On croise des randonneurs qui nous boostent Ă fond. Je suis surprise en fait de me sentir Ă l’aise sur cette derniĂšre portion. Matthieu m’avait avertie qu’elle allait faire mal. Je prends du plaisir, j’essaie de savourer autant que possible par rapport Ă ma fin de course du Marathon du Mont Blanc oĂč j’avais CLAIREMENT subi.
D’ailleurs, je reconnais les 1/2 km derniers kilomĂštres communs avec l’autre course et lĂ je me dis, allez tu es presque au sommet ! J’accĂ©lĂšre.Nous sommes Ă dĂ©couvert, Ă nouveau sur ces fameuses pistes de ski oĂč j’avais CUIT 2 mois auparavant. Je commence Ă avoir froid, il y a du vent, il fait humide, je n’ai pas du tout envie de me prendre la pluie dans la descente. Alors, je me ravitaille avec une soupe brĂ»lante, je fais pipi dans la station de tĂ©lĂ©siĂšge. Le sommet est dĂ©sert et humide. C’est encore pire qu’il y a 2h et j’apprĂ©hende cette descente dont j’avais fait le repĂ©rage. Je crois que c’est LA plus technique de la course (Enfin Ă mon goĂ»t). Sombre, beaucoup …beaucoup de racines.
J’ai mal à ma vessie, il fait froid, ça descend bien bien.. BIEN. Je dĂ©cide de courir uniquement sur les portions sur lesquelles je me sens Ă l’aise mais je lĂąche totalement prise avec ma cystite. Je focalise dessus au lieu de me concentrer sur le chemin. Je m’Ă©nerve car je sais que Chamonix est Ă quelques kilomĂštres, je suis lente, les jambes vont encore bien mais les envies brĂ»lantes de pipi sont durement supportables đ
C’est nul. C’est chiant. Je descends Ă force en marche rapide car la course augmente mes envies de faire pipi et au bout d’un moment, je ne peux pas m’arrĂȘter pour 2 goutes tous les 500m. Au final, j’arrive tant bien que mal au chalet de La Floria, ça me remotive, la vue est un peu dĂ©gagĂ©e, j’aperçois Chamonix. Je decide de reprendre doucement ma course en serrant les dents. Puis lĂ je vois le panneau « Chamonix, 20min » et je me dis NON…NON je ne veux pas ENCORE courir pendant 20min.
Et lĂ , j’ai dĂ©cidĂ© de littĂ©ralement sprinter sans m’arrĂȘter jusqu’Ă la ligne d’arrivĂ©e. Je re passe d’autres coureurs que j’avais laissĂ© passer (ils ont du me prendre pour une folle). Petite surprise de l’organisation, il faut traverser 2 passerelles mĂ©talliques = 4 escaliers. SUPER. M’en fiche, je veux me doucher, je veux faire pipi dans des toilettes.
L’arrivĂ©e au centre de Chamonix est juste…j’ai pas de mots, juste beaucoup de larmes. L’ambiance est folle. Je crois qu’il faut le vivre. Je ralentis pas, je regrette un peu maintenant, j’aurais dĂ» un peu plus savourer cette arrivĂ©e mais la ligne est lĂ !!

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Et je la passe en 10h49 ! Matthieu m’attendait sur la ligne d’arrivĂ©e. Je reprends mon souffle car j’ai tout donnĂ© sur les 2 derniers kilomĂštres, tout ce que je retenais et la frustration de la cystite. Je savoure car l’organisation nous laisse rester autant de temps que l’on veut sur cette ligne. Alors, je kiffe,je kiffe et je RE kiffe. Je vais ensuite rĂ©cupĂ©rer ma veste de finisher (trop fiĂšre hihi) et mon fameux Orangina. J’ai aussi kiffĂ© ma pizza le soir et les 3-4 jours de courbatures Ă ne plus pouvoir m’assoir sur les toilettes malgrĂ© ma cystite LOL. En vrai, ce fĂ»t un enfer sur la fin, j’ai eu beau bien m’hydrater, parfois le corps nous rappelle Ă l’ordre đ
Je savoure ce trail, ces souvenirs magiques. J’Ă©tais hyper Ă©mue Ă l’arrivĂ©e. C’est difficile d’imaginer 10h de course Ă gĂ©rer, Ă vivre et surtout Ă boucler, mais YES đ !
Je tenais Ă remercier TOUTES les personnes qui m’ont encouragĂ©e durant le parcours, Mathieu, Matthieu, Manu, l’Ă©quipe d’Irun, de Salomon pour m’avoir accompagnĂ© cette annĂ©e dans mes projets trails (enfin l’annĂ©e n’est pas finie d’ailleurs lol). Mais aussi MERCI Ă vous pour votre soutien sur mes rĂ©seaux, vous ĂȘtes gĂ©niaux !
J’espĂšre que ce compte-rendu vous plaira ET vous donnera envie de vous lancer sur du trail OU sur du trail plus long. Moi, ce que j’en dis ? Plus c’est long, plus c’est bon j’ai l’impression ;). Si vous avez des suggestions d’article autour du trail, partagez-les commentaire đ
N’hĂ©sitez pas Ă relire ces autres articles :
- Mon compte-rendu du Marathon du Mont-Blanc
- Mes conseils pour débuter le trail
- Mes conseils pour bien vous Ă©quiper lorsque…vous dĂ©butez le trailÂ
@ trĂšs vite
Je portais:Â
Short Salomon –Â Chaussettes de compression BV sport – casque audio Urban Ears
Baskets Slab – Sac d’hydratation Salomon – T-shirt Salomon – Montre Fenix 5S
Merci Anne pour ce beau compte-rendu, quel courage tu as eu de finir ta course avec une cystite !
Mais qu’est-ce que tu as du kiffer de courir dans des paysages pareils … đ
J’ai des amis qui habitent et qui courent en haute-savoie, ils ont rĂ©alisĂ© il y a quelques annĂ©es le marathon du Mont Blanc et d’autres trails dans la rĂ©gion mais c’est un peu la course mythique cet UTMB (et toutes les autres courses qui vont autour).
Cette annĂ©e avec mon copain on a dĂ©cidĂ© de s’inscrire dans un club d’athlĂ© pour progresser et ĂȘtre plus rĂ©gulier dans nos entrainement (et courir Ă plusieurs c’est quand mĂȘme hyper motivant). Pour le moment le max que j’ai pu courir en trail c’est 16 km et je sens que sans pour autant avoir des barriĂšres physiques (bon ok faut s’entrainer hein), c’est surtout des barriĂšres mentales qui m’empĂȘchent de me projeter sur des courses plus longues, j’ai toujours peur de pas rĂ©ussir Ă finir et alors en plus en trail quand tu rajoutes le paramĂštre de t’es perdu au milieu de la pampa…
Peut-ĂȘtre que des articles sur les maniĂšres de progresser en trail sur des distances de plus en plus longues ça pourrait ĂȘtre sympa ?
Merci en tout cas pour cet article đ
Sarah
Coucou Sarah
Merci beaucoup pour ton commentaire đ !
C’est une super idĂ©e pour vous deux. AprĂšs oui c’est vrai qu’allonger les sorties en trail peut vite ĂȘtre stressant, je vais Ă©crire un article dans ce sens !
des bises
Juste un grand bravo !!!!! Une trĂšs belle course que tu nous as fait lĂ !! Quand je pense que certains osent encore dire que tu n’es pas une « vraie » sportive
HĂąte de te suivre sur ton Ironman !
Merci mille fois Margaux !!
Ah cette course c’est mon but dans 3-4ans, sachant que pour le moment je suis dans les 10km-20km !merci pour ce cr!
Merci pour ce beau compte rendu trĂšs complet ! et surtout bravo pour ta course ! Je rĂȘve de faire cette course, jâespĂšre ĂȘtre tirĂ©e au sort lâannĂ©e prochaine (ça nâa pas Ă©tĂ© le cas pour cette annĂ©e).
Concernant ton matériel, quel est ton avis sur le caque audio que tu portais ?
Merci ! Et encore fĂ©licitations pour avoir Ă©tĂ© finisher de lâOCC ! ^^
Coucou et merci Emy
Ecoute, top, discret, pratique mais il n’a tenu que « 7h » sur les 10h de course đ !
Merci pour ce compte-rendu
Bonjour Anne ! Quel enfer, cette cystite … La hantise de toutes les nanas… Tu sais comment c’est arrivĂ©? Le stress avant la course? Il parait que ça joue beaucoup. Et dĂšs que tu focalises dessus, c’est mort, ça empire et ça devient de plus en plus douloureux… J’ai vĂ©cu ça pendant une sĂ©rie de randos en suisse cet Ă©tĂ©, parce que je n’aime pas trop faire pipi dans la nature …
Encore une chose Ă ajouter au plan d’entrainement : apprendre Ă faire pipi dĂ©tendue, cul nu en montagne ;))) A trĂšs vite pour la suite de tes aventures!!
Je pense que c’est un mĂ©lange du stress et des soucis gastriques la veille
AprĂšs je suis comme toi, j’ai dĂ» mal Ă faire en nature loool đ
des bises !
BRAVO Anne ! J’ai vraiment vĂ©cu ta course en lisant ton article ^^
Hate de lire le prochain CR đ
Et merci pour ces superbes photos <3
Merci pour ce compte-rendu.
Salut Anne
Tout d’abord bravo pour tout ce que tu accompli! Vraiment ! Tu es trĂšs impressionnante !
J’ai une petite question Ă te poser mais je ne sais pas oĂč la poser ^^’ alors je la pose ici ^^
Je dois m’entraĂźner pour des tests sportifs qui ont lieux fin novembre je m’entraĂźne donc Ă la course Ă pied (j’ai peu de cardio alors c’est difficile pour moi mais j’essaye đ ) le problĂšme c’est que j’ai des douleurs dans les tibias (une periostite ?) As tu des solutions pour lutter contre celles ci ? Sachant que le temps m’est comptĂ© et que par consĂ©quent je ne peux pas trop me permettre de rester au « repos » je te remercie par avance pour ta rĂ©ponse
Julie
COucou Julie
Malheureusement je n’en ai jamais souffert, il vaut mieux que tu ailles avoir un medecin du sport, il pourra te dire s’il s’agit de periostite đ